Plafonner les primes d’assurance maladie est indispensable

Le Grand Conseil devrait, lors de sa session de ce jour, renvoyer en commission l’initiative « Pour des primes-maladie plafonnées à 10% du revenu du ménage » déposée par le Parti socialiste, les Verts et Ensemble à gauche avec près de 7’000 signatures.  Les Socialistes et les Verts estiment que la mise en œuvre de l’initiative est urgente afin de soulager le budget des ménages à revenus modestes et de la classe moyenne. C’est pourquoi elle doit être traitée rapidement en commission puis soumise au peuple dans les plus brefs délais.

Le système des subsides individuels aux primes d’assurance-maladie a été introduit en 1996, avec l’entrée en vigueur de la LAMal. L’objectif était d’atténuer la charge financière que représentent les primes déterminées indépendamment du niveau de revenu. Aujourd’hui, les primes ont pris l’ascenseur à tel point que certaines familles doivent y consacrer plus de 20% de leurs revenus alors que l’objectif initial du Conseil fédéral était de ne pas dépasser 8%. En 2018, plus de 110’000 ménages reçoivent un subside d’aide au paiement des primes d’assurance maladie pour un montant de plus de 300 millions de francs inscrit dans le budget de l’Etat.

Depuis 2011, le budget des cantons consacrés à la réduction des primes ne suit absolument plus la courbe de l’explosion du coût des primes. Cela a conduit à un recul de près de 20% des subsides par rapport au coût réel des primes. Une part toujours plus importante des assuré-e-s est mise aux poursuites parce qu’elle n’arrive plus à régler ses factures de primes et 20% de la population est amenée à renoncer à des soins pour des raisons financières.

Dans l’attente d’une réforme fédérale en profondeur du système d’assurance-maladie, l’initiative des partis de l’Alternative pour limiter la charge des primes à 10% des revenus est fondamentale. « Cela exige des moyens ; les recettes de l’Etat doivent augmenter pour y faire face et il est temps que le Conseil d’Etat en prenne la mesure », souligne la députée socialiste Jennifer Conti.

« Les primes ont augmenté de 159% depuis 1996. Dans les faits, de nombreuses personnes peinant à acquitter leurs primes, préfèrent tout simplement renoncer à des soins de base en raison de la franchise élevée. Ceci est inacceptable à Genève » souligne la députée des Verts Marjorie de Chastonay.

Les Socialistes et les Verts regrettent que la majorité du Conseil d’Etat s’oppose à cette initiative et prennent acte de sa volonté de lui opposer un contre-projet. Ils étudieront les impacts de l’initiative et les propositions de contre-projet en commission comme la loi le prévoit et se battront pour que la votation populaire ait lieu le plus rapidement possible.

Pour plus d’informations :

  • Pour les Socialistes : Caroline Marti, Vice-présidente (079 796 36 23), Thomas Wenger, Chef de groupe (079 476 69 45), Jennifer Conti, Députée, (079 396 87 73)
  • Pour les Verts : Nicolas Walder, Président des Verts genevois (079 550 05 13), Mathias Buschbeck, Chef de groupe (076 341 41 02), Marjorie de Chastonay, Députée (077 415 33 50)
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