La droite sacrifie la population au nom de la croissance du trafic aérien

L’initiative populaire « Pour un pilotage démocratique de l’aéroport » exige un développement maîtrisé de l’aéroport prenant en compte la protection de la santé et de l’environnement. La majorité de droite au Grand Conseil a décidé de lui opposer un contreprojet qui ne met aucun frein à l’explosion des nuisances et du nombre de passagers. Le Parti socialiste dénonce une fuite en avant qui fait fi de la lutte contre le changement climatique, la pollution, le bruit et la crise du logement.

En dix ans, le nombre de passagers de l’aéroport de Genève a doublé pour atteindre 17,7 millions en 2018. Les prévisions officielles tablent sur 25 millions de passagers par année en 2030. Cette explosion accentuera les externalités négatives de l’aéroport alors que la moitié des vols sont de courte distance et pourraient être transférés sur d’autres moyens de transport. La consommation de kérosène a augmenté de 75% entre 2002 et 2012 et les émissions de gaz à effet de serre de l’aéroport de 63% ! Tous les efforts déployés ces dix dernières années par le canton en matière de mobilité ou d’isolation pour diminuer les émissions ont ainsi été annulés par le développement du trafic aérien.

Depuis 2015, une quarantaine de communes françaises, vaudoises et genevoises se sont unies pour faire part de leurs inquiétudes quant aux objectifs de développement de l’aéroport. 60’000 riverains sont directement exposés à une pollution de l’air accrue (oxydes d’azote, particules fines et ultrafines, ozone, suie) et à des nuisances sonores qui cessent moins de six heures par nuit à cause des vols en retard. Ces nuisances ont des conséquences prouvées sur la santé qui coûtent de plus très cher : maladies cardio-vasculaires, troubles du sommeil, stress, troubles de l’apprentissage chez les enfants, etc.

Alors que la population genevoise a de la peine à trouver un logement à prix raisonnable, l’impact du développement de l’aéroport sur l’aménagement du territoire est énorme et provoque d’importantes pertes foncières. Le plan directeur cantonal 2030 a restreint les possibilités de densifications dans toute la zone soumise aux nuisances sonores du trafic aérien. A Versoix par exemple, 46% du territoire ne peut pas être densifié. Ce chiffre grimpe à 52% à Bellevue et à 90% à Genthod. Le 23 février dernier, la Tribune de Genève annonçait le gel de plusieurs plans localisés de quartier à Avully en raison des nuisances sonores de l’aéroport.

Pour limiter ces externalités négatives négligées, un collectif d’associations a fait aboutir l’initiative 163 « Pour un pilotage démocratique de l’aéroport » exigeant un développement maîtrisé prenant en compte les nuisances sonores, la pollution atmosphérique ainsi que la protection de la santé et de l’environnement. La majorité PDC-PLR-MCG-UDC du Grand Conseil a décidé aujourd’hui de lui opposer un contreprojet dans le seul but de la faire échouer. Ce texte ne reprend pas la substance de l’initiative ; alors qu’elle promeut un équilibre entre les besoins économiques, sociaux et culturels et la limitation des nuisances pour la population et l’environnement, le contreprojet vise uniquement la qualité de la desserte aérienne pour la population, les entreprises et la Genève internationale.

Le Parti socialiste réaffirme d’une part que l’aéroport est un outil important pour le canton de Genève en termes d’emploi et d’activité économique, et d’autre part que son développement doit être maîtrisé dans l’intérêt de la population genevoise. Il souligne que l’augmentation du nombre de vols et de passagers n’est pas compatible avec l’accord de Paris sur le climat entré en vigueur pour la Suisse en novembre 2017 et s’engage d’ores et déjà en faveur de l’acceptation par la population de l’initiative 163 et contre le contreprojet adopté.  


Pour plus d’informations :

  • Caroline Marti, Vice-présidente du PS Genevois (079 796 36 23)
  • Thomas Wenger, Chef de groupe (079 476 69 45)