Assurance-chômage et aide sociale: la collaboration est possible
Il existe un monde de précarité en Suisse. On compte 900'000 pauvres, 800'000 personnes concernées par l’illettrisme, 1 travailleur sur 22 est un woorking poor. 2 facteurs expliquent principalement la précarité : la situation familiale (famille monoparentale ou couple dès le 3ème enfant) et le chômage. Il est temps de développer une vision moderne des assurances sociales en Suisse qui corresponde aux réalités de notre société.
Dans la politique familiale il s’agit d’instaurer des prestations complémentaires pour les familles qui travaillent et qui sont pauvres, de sorte à ce qu’elles ne tombent pas à l’aide sociale. C’est un procédé qui existe déjà au Tessin et qui est en train d’être introduit à Genève et dans le canton de Vaud. L’idée qui sous-tend cette assurance, c’est que des familles qui travaillent n’ont rien à faire à l’aide sociale.
Il en est de même pour les chômeurs. Il faut savoir qu’environ 50'000 d’entre eux ne sont pas en possession d’un cfc. Avec la nouvelle loi sur la l’assurance-chômage, ils tomberont plus rapidement à l’aide sociale. Or, les personnes sans qualification ne doivent pas être dirigées dans une voie « d’assistance » mais bien de formation. La loi actuelle prévoit déjà la possibilité de former un chômeur sur trois ans. Mais le moins que l’on puisse dire c’est que cet article n’est absolument pas utilisé car la Confédération ne souhaite pas, d’une part réellement financer ces formations et, d’autre part, elle ne veut pas que les personnes « s’installent » dans la LAci. Mon idée est dès lors la suivante : trouver un système qui fasse intervenir les deux assurances (chômage, du ressort de la Confédération et aide sociale, du ressort cantonal). Une sorte de co-financement dont les modalités seraient à discuter. Il faudrait inciter à la création de places d’apprentissage, coacher ces personnes et les suivre durant leur formation (on ne fait plus aussi facilement un apprentissage à 40 ans qu’à 16).
La mise sur pied de projets pilotes avec des cantons volontaires vaut la peine d’être tentée. Si c’est un système qui fonctionne, on pourrait alors l’étendre. Cette formule conviendrait à toute les parties. A la Confédération qui est responsable du sort des chômeurs, aux cantons qui au lieu de financer « pour rien » l’aide sociale à des personnes à qui il sera difficile d’en sortir, investiront dans des futurs travailleurs. Et, bien sûr, aux chômeurs sans formation qui se verront qualifiés et sortiront du cercle infernal. Car le rapport entre formation et chômage n’est plus à démontrer.
Ma motion en ce sens déposée en mars a obtenu la signature de député-e-s de l’UDC à l’extrême-gauche en passant par le centre. Preuve que le Parlement est prêt à tenter l’expérience. Le Conseil fédéral doit se prononcer sur cette proposition. Espérons qu’il se préoccupera du sort des chômeurs longue durée. La réponse ne peut pas être simplement de s’en laver les mains en les faisant sortir de l’assurance chômage en les transférant à l’aide sociale, de compétence cantonale.







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