Extrémiste ?
Les « partis extrémistes - PS et UDC » – se sont « opposés toutes ces dernières années au à la loi sur l’intégration proposée, en 2006 déjà, par les radicaux » a cru bon d’indiquer le PLR la semaine dernière dans un communiqué. Son principal objectif n’était pas forcément de saluer les récents progrès enregistrés dans l’élaboration d’une loi sur l’intégration, mais bien d‘alimenter ses thèses électorales en thématisant une fois de plus une prétendue alliance contre-nature qui ferait systématiquement échouer les tentatives constructives d’un centre éclairé. Une thèse à priori séduisante, mais qui – à l’analyse – se révèle complètement fausse.
En effet, elle ne résiste pas à un examen objectif. Si le Conseil national s’est bien prononcé l’an dernier sur les propositions libérales-radicales en matière d’intégration, le PS – comme le PLR – s’est prononcé en leur faveur tandis que le PDC et l’UDC les ont rejetées. Cet exemple est donc non seulement particulièrement mal choisi, il est aussi révélateur des efforts désespérés du PLR pour mettre en scène cette hypothétique « alliance des extrêmes », quitte à prendre des libertés avec la réalité des faits. A sa décharge, le PDC n’est pas plus habile lorsqu’il entonne le même couplet pour – dans la foulée – se flatter des victoires qu’il aurait remporté à l’issue de 9 votations des Chambres fédérales qu’il considère comme les plus importantes des trois dernières sessions. Premièrement, tous ces dossiers ont effectivement passé la rampe (où est le blocage ?). Deuxièmement, le PS – à une exception près – les a tous accepté (qui bloque ?). Troisièmement, le PS – là encore, à une exception près – a voté différemment de l’UDC (où est l’alliance contre-nature ?).
Ce bilan dégagé par le du PDC est d’ailleurs représentatif de toutes les votations de la législature. L’année dernière, le politologue alémanique Michael Hermann a ainsi calculé que l’UDC et le PS s’étaient retrouvés du même côté dans 3.7% de toutes les décisions prises par le Parlement. Et que la progression de tels cas de figure depuis les années 90 était tout sauf exponentielle : de 2,2 à 3,7%. Dans tous les autres cas, soit largement plus de 90% des votations, le centre fait partie intégrante des alliances nouées aux Chambres fédérales. Une réalité qu’il qui relève de l’évidence, n’en déplaise au PDC qui se félicite bruyamment de remporter plus de 80% des scrutins parlementaires. Dans la mesure où les alliances contre-nature sont des plus rares, il est assez logique que le centre fasse régulièrement partie des gagnants. Soit avec la droite, soit avec la gauche.
A l’avenir également, les partis du centre feront pratiquement toujours partie des majorités qui se dégagent. Que ce soit avec le PS ou avec l’UDC. Et c’est bien là que réside la question décisive: avec laquelle de ces deux formations les partis du centre souhaitent-ils construire des majorités. Y répondre franchement serait autrement plus intéressant que de se lamenter à longueur de communiqués et de conférence de presse sur des blocages inexistants et des alliances contre nature imaginaires. Du « tapage électoral » pur et simple comme la NZZ elle-même s’en est rendu compte.







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