Ma Micheline
Micheline Calmy-Rey s’en va de Berne et s’en revient à Lancy -qu’elle n’a d’ailleurs jamais quitté-. Quand je suis entrée au PS en 1985, ma voisine lancéenne m’a un peu prise sous ses ailes. Elle m’a intégrée à son équipe, moi, la petite nouvelle, quand elle est devenue présidente du parti socialiste genevois (PSG).
En 1989, elle a dû m’appeler plusieurs fois pour que j’accepte d’être candidate sur la liste du Grand Conseil. Je ne voulais pas y aller : j’étais terrifiée à l’idée de m’exprimer en public dans une langue non maternelle. Et, surtout, j’avais encore de petits enfants à charge. J’ai fini par accepter, parce qu’elle m’avait assuré qu’une première candidature avait peu de chances d’aboutir à une élection. Mais comme j’étais la plus jeune candidate du PSG à l’époque, j’ai eu droit à un article dans feu La Suisse , j’ai été élue … et j’ai été ravie.
En 1991, les Genevois-e-s étaient représenté-e-s au Conseil national uniquement par des hommes. Là encore, c’est Micheline et Christiane Brunner qui m’ont encouragée à me porter candidate. Ce que j’ai bien sûr fait.
L’exigence de Micheline a fait d’elle une cheffe efficace, qui obtenait ce qu’elle voulait, tout en aimant qu’on lui tienne tête. J’ai pu l’expérimenter dans le domaine politique comme dans le champ professionnel : elle dirigeait le département qui chapeautait le bureau de l’égalité, au sein duquel je travaillais.
L’héritage de Micheline, mes enfants l’ont aussi touché : ils ont reçu tous les Picsou de ses enfants. Une fille et un fils, comme les miens…
A l’origine de mon parcours politique, Micheline a été un vrai modèle pour les femmes comme moi, légèrement plus jeunes. Sans compter qu’au plan politique, elle s’est fortement engagée en faveur de l’égalité.
Pour se lancer en politique, les femmes ont besoin de modèles comme elle. De locomotives qui leur ouvrent un chemin, les mettent sur les rails et leur donnent l’élan. Chacune cherche sa micheline. La mienne, ce fut Micheline.







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