Une politique sociale pour l’avenir - La liberté pour tous ou les privilèges pour quelques-uns ?

Nous croyons en une société où la liberté individuelle ne se limite pas à quelques privilèges, au laissez-faire, à la défense de rentes de situation. Le parti socialiste dès sa fondation s’est engagé pour la libération de chaque individu des contraintes économiques, politiques ou sociétales auquel il était soumis. Nous sommes convaincus que l’action collective permet de vivre dans la dignité, à partir des fruits de son travail. Nous sommes déterminés à mettre la politique sociale au service de cette volonté d’émancipation. Et entendons utiliser l’année électorale pour ce faire.

Le parti socialiste et les syndicats ont contribué de manière déterminante à la création de l’AVS, de l’AI, de l’assurance maladie universelle. En un mot, nos prédécesseurs ont construit dans la seconde moitié du XXème siècle l’entier de notre système d’assurance sociale.

Nous sommes les héritiers d’un dispositif social qu’il convient non seulement de défendre contre les assauts des néolibéraux, mais également de développer pour répondre aux nouvelles exigences du temps. Et qui   dit héritage, dit également responsabilité. Parti de Hans Peter Tschudi, de Willi Ritschard et de Ruth Dreyfuss, le PSS faillirait à sa mission historique si par conformisme, par paresse ou par manque de courage, il renonçait à réformer nos assurances sociales.

Nous vous présentons aujourd’hui trois documents déterminants, dont nous avons l’ambition qu’ils contribuent à projeter la politique sociale suisse dans le XXIème siècle :

  1. Une analyse fouillée  de la situation actuelle réalisée durant 2010 sur mandat du PS Suisse par Heidi Stutz, Anna Sax und Carlo Knöpfel.
  2. Le concept de politique sociale  du PSS. Fondé sur les 5 étapes principales de la vie, celui-ci conçoit deux piliers indissociables : une politique sociale préventive et corrective, ou en d’autres termes l’intégration dans la société et la sécurité matérielle.
  3. Une liste des réformes prioritaires  à notre sens. Cinq projets sont ici mis en évidence, auxquels nous allons nous atteler avec toute l’énergie nécessaire : l’introduction d’horaires blocs comme standard à l’école obligatoire, un renforcement massif des moyens mis à disposition de la formation continue, la création d’une assurance perte de gain en cas de maladie sur le modèle de la SUVA, l’adoption sur le plan national d’une loi-cadre sur le minimum d’existence, ainsi qu’un modèle pour l’AVS qui tienne compte du nombre d’année de cotisations, donc de la pénibilité du travail et du revenu des futurs rentiers.

La présentation de ce concept directeur en matière de politique sociale et de quelques projets prioritaires constitue une étape importante dans le développement de la politique sociale en Suisse. A mon sens, il représente une rupture avec le discours habituel sur les assurances sociales. Il s’agit de remettre au centre de notre travail l’individu, citoyens ou assurés, et non pas les mécanismes techniques qui prévalent dans telle ou telle domaine d’assurance.

Rupture également pour le PSS qui complète le filet social traditionnel par une approche plus dynamique, visant à donner à chacun-e les moyens d’assurer son existence, à répondre au souhait d’autonomie que tous expriment. La politique sociale doit être l’instrument privilégié de l’égalité des chances. D’où notre insistance à mettre en avant la politique scolaire, celle de la formation – continue - , l’accompagnement et l’intégration des malades dans notre société, un appui moderne et dynamique pour l’aide sociale, ainsi qu’un modèle AVS qui tienne juste compte de la diversité des parcours professionnels.

Commentaires

Politique sociale et dépassement du capitalisme

Bien sûr, le fait de pointer le doigt sur les privilèges indus de certains dans notre société et de parler du dépassement du capitalisme ne plaît pas à tous ceux qui pensent que la société a été juste pour eux et que par conséquent elle est juste aussi pour les autres. Lorsque le PS, par souci de transparence, ose indiquer qu'il continue de trouver que le monde pourrait être plus juste et qu'il faut continuer de travailler dans cette direction, il 'attire des commentaires étonnés qui ne cachent pas une certaine inquiétude, à savoir: où me trouverais-je, moi, nanti, dans un monde plus juste ?
Ce n'est pas parce que nous vivons mieux en Suisse que dans beaucoup de pays du monde que la société y est juste pour autant. Ne pas s'engager avec courage et conviction en Suisse pour un monde plus juste revient à se désolidariser des Tunisiens, des Egyptiens, de tous ceux qui paient de leur vie leur volonté d'émancipation et de liberté.
Denise Plattner

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