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FAISONS RENAITRE LE THEATRE DE VOLTAIRE A CHÂTELAINECOMMUNE DE VERNIER POSTULAT Ce postulat a été accepté par 17 oui (11 Soc, 5 Lib, 1 Vert), 10 NON (3 AGT, 3 PDC, 4 UDC) et 4 ABS (2 Verts, 2 MCG) Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux, A l’époque du Consistoire vers 1740, la comédie à Genève n’était pas en odeur de sainteté des ecclésiastiques protestants qui s’afféraient à maintenir la rigueur des coutumes du XVI ème. Pourtant, les Genevois aimaient rire et avaient pris l’habitude « clandestine » d’aller assister à des représentations de comédiens. Voltaire qui était à ce moment-là à Genève, suite à la fermeture de différentes scènes à la Place Neuve notamment, a dû s’exiler avec ses représentations aux Délices. Voici ce qu’a écrit M. J. Gabarel dans un livre intitulé « Voltaire et Genève » : D’Alembert qui se trouvait alors aux Délices composa, sous la dictée et les inspirations de Voltaire, l’article GENÈVE, qu’il inséra dans l’Encyclopédie. Voici le passage qu’il y consacre au théâtre : « On ne souffre point de comédie à Genève : ce n’est pas qu’on y désapprouve les spectacles en eux-mêmes, mais on craint le goût de la parure, la dissipation, le libertinage que les troupes de comédiens apportent avec elles. Cependant ne serait-il pas possible de remédier à cet inconvénient par des lois sévères et bien exécutées sur la conduite des comédiens. Par ce moyen Genève aurait des spectacles et conserverait ses mœurs : les représentations théâtrales formeraient le goût des citoyens, leur donneraient une finesse de tact, une délicatesse de sentiments qu’il est bien difficile d’acquérir sans ce secours ». Rousseau écrivit alors un traité de 200 pages sur l’usage et l’abus des spectacles ; il montra tous les dangers de cette institution pour Genève au point de vue patriotique. Le Consistoire se joignit à Rousseau, et le mandement qu’il publia à ce sujet (17 novembre 1760) reflète, au point de vue religieux, les idées et les principes défendus avec tant de chaleur par notre illustre concitoyen. L’opposition que Voltaire rencontrait ne fit que le fortifier dans ses résolutions : Ne pouvant introduire officiellement la comédie dans les murs de Genève, il annonça à grand bruit l’ouverture du théâtre de Châtelaine (ndlr :à l’angle de l’avenue de Châtelaine et de l’avenue Henri-Golay de nos jours). Les Genevois, amis des anciennes coutumes de la République, les citoyens, partisans des principes de Rousseau, s’employèrent à l’envi pour entraver ce projet. Mais le théâtre est achevé et le jour de l’ouverture fixé ; un témoin oculaire de l’époque écrivait : « (...) Le soir de ce premier jour, tout le monde va à Châtelaine... c’était comme une procession ! ». Voltaire ne négligeait rien pour produire de l’effet sur les Genevois et les attirer à lui ; il employait des acteurs de grand talent et faisait jouer à Châtelaine ses meilleures pièces ; les habitués montraient leur gratitude pour ces procédés en applaudissant à outrance les œuvres du poète. Le théâtre de Châtelaine resta ouvert jusqu’en 1766 ; cette année-là, des troubles survenus à Genève nécessitèrent une nouvelle intervention diplomatique de la France, de Berne et de Zurich. L’envoyé français, M. de Hauteville, fortement sollicité par Voltaire, demanda que les acteurs de Châtelaine vinssent jouer à Genève. Le Conseil, soutenu par un grand nombre de chefs de famille, refusa d’abord ; mais il n’était pas en position de faire cette fois une résistance sérieuse ; bientôt il dut céder à l’action de la diplomatie française, et le théâtre s’établit à Genève (avril 1766). Le 5 février 1768, vers six heures du soir, une lueur épouvantable rougissait le ciel du côté de la place Neuve : chacun d’accourir, portant, selon l’usage, sa seille ou son seillot pleins d’eau. Mais lorsque, du haut de la Treille, les hommes et les femmes découvraient le foyer de l’incendie, ils versaient brusquement leurs seaux le long de la rampe en disant : « Ah ! c’est le théâtre qui brûle ! Eh bien ! mes beaux messieurs, que ceux qui l’ont voulu l’éteignent ! » Ces paroles excitèrent l’indignation de Voltaire, qui s’écria : « Ah ! cette Genève ! quand on croit la tenir, tout vous échappe ! Perruques et tignasses, c’est tout un ! » Voulant parer aux inconvénients qui, selon son opinion résultaient pour la ville de la destruction de son théâtre, il fit rouvrir celui de Châtelaine pour quelques années encore. Comme on peut le constater, par ce théâtre, Châtelaine était devenue en quelques années l’endroit où le tout Genève venait rire et se divertir, un haut-lieu culturel. Aujourd’hui, le théâtre a disparu, mais les témoignages sont restés. Il est temps aujourd’hui de redonner vie à ce pan de notre Histoire et faire renaitre ce théâtre de quartier par une salle de spectacle en sa mémoire. Cette idée s’inscrit parfaitement dans la volonté des habitants qui souhaitent retrouver le caractère villageois de Châtelaine. Il faut saisir l’opportunité des travaux de redimensionnement de son avenue et du développement de la place pour redonner une âme à Châtelaine. Par ces motifs, le Conseil Municipal de Vernier :Charge le Conseil Administratif
Pour les Socialistes : |
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