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Programme politique 2005-2009 : égalité entre femmes et hommes

La situation actuelle

On pourrait penser que l’égalité entre femmes et hommes est une réalité. Avec les avancées en matière d’arsenal législatif et de prise de conscience collective, le mouvement d’émancipation des femmes aurait atteint ses buts. Si l’égalité entre femmes et hommes est comprise par la majorité de la population comme le principe fondamental de fonctionnement d’une société équilibrée, sa mise en œuvre reste, elle, problématique.

Vie de famille et travail

Le marché du travail est largement discriminatoire. Si 72% des femmes travaillent, elles n’accèdent pas facilement aux postes de cadres supérieures (3%) et restent cantonnées à des secteurs où les salaires sont moins élevés (vente, commerce, soins, etc.). Aujourd’hui encore, les femmes gagnent, à travail égal, 20% de moins que les hommes. De plus, la Suisse est l’un des pays de l’OCDE où le travail à temps partiel des femmes s’est le plus développé ces dernières décennies : une femme sur deux travaille moins de trente heures hebdomadaires et sur une période de vie particulièrement longue. Pour les femmes ayant des enfants à charge, ce taux de travail à temps partiel monte à près de 75%.

Dans les institutions politiques cantonales, les femmes représentent 26% des élu-e-s au Grand Conseil et elles sont 2 sur 7 à siéger au Conseil d’Etat, alors que les femmes représentent 53% de l’électorat. Remarquons toutefois qu’elles sont nettement mieux représentées dans les partis de gauche, tandis que les partis de la droite dure, comme l’UDC, ne s’embarrassent pas de questions de parité.

On ne saurait passer sous silence la violence exercée contre les femmes. A Genève, une femme sur cinq subit des violences physiques ou psychologiques au sein de son couple.

Pour les Socialistes, l’égalité entre les femmes et les hommes est donc tout d’abord une question de justice : une société qui discrimine la moitié de sa population ne peut être tenue pour juste et démocratique.

Le Parti socialiste, en tant que force de gauche inventive et combative, propose différentes stratégies et des pistes d’action concrètes qui permettent de sortir de la situation actuelle.

2. Pour une politique familiale de gauche !

La lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes ne concerne pas que les droits politiques et sociaux. L’absence de politique familiale volontariste en Suisse (1,3% du PIB est engagé pour les familles) impose aux femmes, et notamment aux mères, de faire un choix entre une vie active et une vie de famille. Ces discriminations ont un effet négatif non seulement sur la société, mais aussi sur l’économie. Cette impossibilité de concilier sereinement ces deux objectifs de vie importants péjore l’emploi et la natalité dans notre pays.

Le déclin de la natalité est dû à différents facteurs comme le chômage, la pénurie de logements et la difficulté de concilier vie familiale et professionnelle. Cette diminution de la natalité entraîne une progression du nombre de personnes actives âgées de plus de 50 ans et une régression parallèle des personnes actives de moins de 30 ans, phénomènes qui ont une influence négative non seulement sur la productivité et la compétitivité économiques, mais aussi sur le financement des retraites.

L’arrivée d’un enfant n’influence que très marginalement le comportement professionnel des hommes, tandis qu’elle devient un élément déterminant dans celui des femmes. L’investissement public dans les services d’accueil des enfants ne dépasse pas le 0,2% du PIB en Suisse, ce qui contribue à empêcher les femmes de travailler hors de leur foyer.

Pour faire face au financement des prestations sociales, la droite mise sur l’augmentation de l’âge de la retraite et les coupes budgétaires. Les Socialistes préfèrent donner une chance aux jeunes générations de Suisse en favorisant des initiatives visant à concilier famille et travail et à encourager plus de femmes à entrer dans le monde professionnel sans sacrifier leur idéal familial.

Nos propositions

- instaurer un mécanisme d’imposition calculé sur une base individuelle, afin d’encourager financièrement les femmes à entrer dans le monde du travail et de ne pas pénaliser les ménages ayant deux revenus dans l’obtention d’aides financières aux familles

- accroître l’investissement public en faveur des services de garde d’enfants et d’accueil parascolaire adaptés aux besoins des parents et permettre l’accès aux structures scolaires couvrant l’ensemble de la journée

- mettre en place des horaires-blocs dans les écoles, permettant de conjuguer horaires de travail des parents et horaires de classe des enfants

- mettre en place un congé parental rémunéré (proportionnellement à la réduction effective du temps de travail), ainsi que la possibilité pour les parents d’écourter leur journée de travail de deux heures par jour jusqu’aux huit ans de leur enfant

Les Socialistes se prononcent pour un nouveau contrat social, basé sur l’égalité de la femme et de l’homme, qui considère les enfants comme un bien social et non comme un consommateur ou une consommatrice en devenir, ni comme une entrave à l’épanouissement personnel.

3. A travail égal salaire égal ! En chemin vers l’égalité professionnelle

La politique pour l’égalité dans le monde du travail doit œuvrer à la suppression des obstacles qui poussent bien des femmes à devoir choisir entre une vie professionnelle et une vie de famille. Elle doit aussi garantir l’égalité des chances et l’égalité de traitement entre femmes et hommes.

Encore aujourd’hui, les femmes sont trop souvent cantonnées dans des emplois faiblement rémunérés, voire précaires, sans réelle responsabilité, ni possibilité d’avancement.

Lutter contre l’inégalité dans le monde du travail est l’affaire de tous les acteurs sociaux et de toutes les actrices sociales, ce qui nécessite également une prise de responsabilité plus grande de la part des entreprises en faveur de leurs employé-e-s, en développant une véritable culture d’entreprise intégrant la dimension du genre.

Nos propositions

Les Socialistes vont fortement encourager une politique volontariste visant à :

- réduire au maximum les écarts salariaux, avec un rapprochement des classifications et la défense du principe « à travail égal salaire égal »

- viser la transparence du système salarial connu de l’ensemble du personnel tel qu’il est prévu par la Constitution fédérale et par la Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes

- promouvoir des femmes à des positions de cadres

- harmoniser la problématique du genre dans la description des postes et des cahiers des charges, trop souvent sujets à des discriminations indirectes

- garantir une formation continue par l’apprentissage tout au long de la vie, ainsi que par l’aide au retour sur le marché de l’emploi après une période de pause

- créer des délégué-e-s aux questions d’égalité - au sein même de l’entreprise - qui assumeraient la responsabilité de l’égalité dans l’entreprise et procèderaient régulièrement à des évaluations de l’application des principes d’égalité entre femmes et hommes

- mettre en place systématiquement des procédures et des sanctions en cas de harcèlement sexuel ou de mobbing et en informer les salarié-e-s

- promouvoir, avec les syndicats, une diminution généralisée du temps de travail - ce qui favorise l’égalité hommes/femmes

- encourager le travail à temps partiel, aussi pour les hommes

Un consensus social et politique, garant de la paix sociale, ne peut se faire qu’en accord avec les principes d’égalité entre femmes et hommes. Il importe que chaque adulte puisse assurer son indépendance économique par l’emploi.

4. L’égalité de la représentation politique : l’enjeu d’une « démocratie inachevée »

La part des femmes dans les gouvernements et les parlements fédéraux et cantonaux est de moins de 25%, alors que les femmes représentent 53% de l’électorat.

Cette sous-représentation persistante des femmes dans tous les domaines de prise de décision constitue un déficit démocratique considérable et inacceptable. Une société équilibrée a besoin d’être gérée tant par des femmes que par des hommes, apportant leurs expériences, leur vécu, leurs sensibilités et leurs idéaux.

Nos propositions

- promouvoir la place des femmes en politique

- viser systématiquement la parité sur les listes électorales

- rembourser les frais de garde d’enfants pour les député-e-s

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