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Ségolène présidente !

L’espoir d’un changement vers une société où il fait bon vivre ensemble.

Par la volonté des militantes et militants du PS français, Ségolène Royal est devenue la première Française à avoir une chance réelle d’accéder à la présidence de la République. Les femmes socialistes sont heureuses et fières de constater qu’une femme représentera désormais les espoirs et les chances de la gauche lors des prochaines élections présidentielles françaises. En rassemblant plus de 60% de suffrages lors des élections primaires internes au PS, Ségolène remporte une brillante victoire qui lui permet d’aborder, en position de force, la campagne à venir.

Plusieurs aspects expliquent cette victoire : tout d’abord, le Parti socialiste étant le parti de l’égalité, il ne pouvait laisser passer cette occasion de porter une femme aux commandes d’un pays encore fortement marqué par le machisme. Ainsi, en France, seules 12% de femmes se trouvent au parlement national. Le fait qu’une femme se lance dans ce combat agit comme exemple et modèle pour toutes les femmes qui s’engagent depuis longtemps. Mais également pour celles, notamment jeunes, qui débutent leur carrière professionnelle ou politique. Or, les réactions misogynes sorties avant et après sa désignation ne trompent pas : elle aurait été choisie parce qu’elle est femme et non pas parce qu’elle est compétente, refrain que nous avons toutes déjà entendu plusieurs fois. Si tous les hommes au pouvoir étaient très compétents et dirigeaient ce monde de la meilleure manière possible, on le saurait !!! Les militants et militantes du PS français ont réagi sainement en renvoyant les vieux machos à leurs fourneaux. Bravo ! De plus, Ségolène est de gauche. Elle assure donc l’alternance qui est de tradition en France. Mais elle est une femme de gauche atypique, ce qui lui vaut également des critiques de cette même gauche. On lui reproche d’être fille de militaire (comme si on choisissait ses parents), d’être trop droite, trop imprégnée de son éducation catholique et traditionaliste. Elle ne ressemble pas à l’image que l’on se fait d’une socialiste. Et pourtant, elle nous ressemble, aux femmes de ma génération, de la sienne. Elle s’est révoltée contre ce père dur et strict, elle a refusé le mariage et a fait quatre enfants tout en continuant son bonhomme de chemin politique. "Elle mélange la modernité d’un couple non marié et la tradition d’un ménage qui tient enfant, connivence et continuité" (B. Guetta dans le Temps du 18 novembre 2006). Ce que nous essayons également de faire.

Pas de discours grandiloquents

Ségolène est pragmatique tout en étant guidée par l’idéal socialiste. Ainsi, on lui reproche de ne pas avoir d’idées, ou alors d’avancer des idées de droite. De même, on lui reproche de mieux parler des choses quotidiennes que des thèmes politiques internationaux. Or, les dirigeants de l’Hexagone ont souvent tenu des discours grandiloquents en oubliant la réalité concrète des gens sur le terrain. Les révoltes des banlieues sont là pour nous le rappeler.

Ségolène avance avec des petits pas pragmatiques plutôt qu’avec des grandes idées qui ne peuvent être mises en oeuvre. Elle l’a dit elle-même dans son discours après le vote : être socialiste, c’est garder au coeur une révolte intacte. Le socialisme, c’est mettre le progrès social au coeur de toutes les décisions politiques, apporter des solutions pour diminuer les inégalités et les injustices, la précarité et l’insécurité. Dans ce domaine, l’éducation et la formation des jeunes doivent être des priorités. Et là encore, ses paroles vont droit au coeur, quand elle parle de sa propre expérience : "j’ai toujours été convaincue des vertus émancipatrices de l’école, en particulier pour les filles. C’est la raison pour laquelle je n’accepte pas que les inégalités scolaires reproduisent les inégalités sociales, comme si tout était joué à la naissance." En partant de la réalité de la vie des gens, de sa vie, Ségolène adhère très clairement aux positions du Parti socialiste.

A compétences égales, les femmes apportent une autre façon de voir la vie, une autre écoute, un autre langage. C’est de cette complémentarité que le monde d’aujourd’hui a besoin pour être bien gouverné. Vouloir des femmes aux postes de pouvoir n’est pas seulement un désir de femme, mais également un désir de diversité et de différenciation. Ségolène représente l’espoir d’un changement vers une société où il fait à nouveau bon vivre ensemble. Où l’on applique les règles du respect mutuel, respect qu’il faut aussi rappeler à l’interne de la gauche.

Ségolène est venue sur le terrain de jeu favori des hommes, celui de la conquête du pouvoir. Et elle ira jusqu’au bout, j’en suis convaincue !

Maria Roth-Bernasconi
Conseillère nationale
Co-présidente des femmes socialistes