25 NOV-2

Votation du 25 novembre 2018

VOTATION FÉDÉRALE

POUR DES CONDITIONS D'ELEVAGE RESPECTUEUSES DES ANIMAUX

Votation fédérale n°1 : Acceptez-vous l'initiative populaire du 23 mars 2016 « Pour la dignité des animaux de rente agricoles ( Initiative pour les vaches à cornes ) » ?

Les Socialistes vous appellent à voter OUI, car ce projet vise à favoriser des conditions d’élevage respectueuses des animaux. L’initiative prévoit d’inscrire dans la Constitution fédérale le principe d’une aide financière aux agriculteurs et agricultrices qui maintiennent les cornes de leurs vaches ou de leurs chèvres.

L’image classique des montagnes suisses montre systématiquement de belles vaches portant fièrement leurs cornes. Pourtant la réalité est tout autre : 90 % des vaches laitières suisses n’ont plus de cornes. Les exploitations agricoles retirent les cornes des jeunes veaux afin de pouvoir détenir plus de bétail sur une même surface. Cette logique d’hyper-productivité ne se fait pas sans douleur pour les animaux, qui subissent l’écornage sous une simple anesthésie locale.

Pendant des millénaires, les vaches ont été élevées avec leurs cornes. Depuis le 20ème siècle, la logique veut que l’animal s’adapte aux conditions d’élevage, alors que ce serait aux exploitations agricoles de s’adapter aux animaux, afin de respecter leur bien-être. Sans cornes, les vaches sont déstabilisées et ne peuvent plus régler leurs conflits de hiérarchie.

L’initiative n’interdit pas l’écornage mais permet de récompenser financièrement les agriculteurs et agricultrices qui feront le choix de maintenir les cornes de leurs vaches ou de leurs chèvres. Ce choix nécessitera des aménagements de la part des exploitant-e-s, qui verront leurs efforts récompensés. Les Socia-listes vous encouragent à accepter ce projet qui aura de faibles incidences financières et permettra de favoriser le bien-être des vaches, animaux emblématiques de notre pays.

NON A L'ABOLITION DES DROITS HUMAINS EN SUISSE

Votation fédérale n°2 : Acceptez-vous l’initiative populaire du 12 août 2016 « Le droit suisse au lieu de juges étrangers ( Initiative pour l’autodétermination ) » ?

Les Socialistes vous appellent à voter NON, car cette initiative est une attaque contre nos droits fondamentaux. L’acceptation de cette initiative obligerait la Suisse à résilier, à plus ou moins long terme, la Convention européenne des droits de l’Homme ainsi que bon nombre d’accords internationaux tels que la Convention contre la torture ou la Convention relative aux droits de l’enfant. La population suisse serait ainsi privée du principal instrument international garantissant le respect des droits humains.

La Cour européenne des droits de l’Homme protège les individus contre les abus des Etats. Si cette initiative était acceptée, les Suisses et les Suissesses ne pourraient plus y recourir. La Cour est pourtant un organe essentiel puisqu’elle a par exemple permis, en Suisse, l’introduction du droit de vote des femmes ou encore du droit d’être représenté par un-e avocat-e.

Selon les initiant-e-s, l’initiative permettrait de redonner à la population un contrôle sur les politiques internationales menées par la Suisse. C’est faux ; le système suisse permet déjà aux citoyen-ne-s de s’exprimer sur chaque décision du parlement concernant les accords internationaux via le référendum. Toutes les règles internationales peuvent donc être adoptées ou refusées selon un processus démocratique.

De plus, sur le plan économique, cette initiative remettrait en cause les traités internationaux permettant de réguler les échanges entre les pays. En tant qu’Etat de petite taille fortement exportateur, la Suisse tire un énorme avantage des accords qui favorisent les échanges internationaux.

Pour toutes ces raisons, le 25 novembre, votons NON à cette initiative mensongère qui isolerait la Suisse du reste de la communauté internationale, mettrait en péril la recette du succès de notre pays et menacerait les droits humains en Suisse.

NON A L'INTRUSION DES ASSUREURS DANS NOS VIES PRIVEES

Votation fédérale n°3 : Acceptez-vous la modification du 16 mars 2018 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales ( Base légale pour la surveillance des assurés ) ?

Les Socialistes vous appellent à voter NON, car cette modification renforcera massivement le pouvoir des assurances et le risque d’abus de leur part, aux dépens du versement des prestations dues aux assuré-e-s. Les Socialistes condamnent les fraudes, aussi bien sociales que fiscales, mais combattre la fraude doit se faire dans un cadre défini et respectueux des droits des individus.

Jusqu’ici, la surveillance d’un-e assuré-e dépend d’une autorisation judiciaire et est donc soumise à des limites strictes. Si cette modification de la loi est acceptée, les assurances invalidité, chômage et accident, ainsi que l’AVS et les caisses maladie, pourront engager des détectives privé-e-s, sans en référer à la justice, afin de surveiller n’importe quel-le assuré-e. Juger de l’état de santé d’une personne nécessite l’expertise de médecins strictement indépendant-e-s, pas de détectives qui manqueront d’impartialité, de par leur dépendance financière aux mandats des assureurs.

Outre les enregistrements visuels et sonores, la loi permet, sur autorisation d’un-e juge, d’utiliser des techniques pour localiser l’assuré-e avec des drônes et des traceurs GPS fixés sur les voitures. La surveillance ne sera pas limitée à l’espace public puisqu’elle pourra être effectuée dans l’espace privé visible depuis un endroit librement accessible. Les compagnies d'assurances auront un pouvoir supérieur à celui de la police. Il sera plus facile de surveiller un-e supposé-e fraudeur-euse aux assurances sociales qu’un-e potentiel-le terroriste.

Cette loi constitue une atteinte grave et disproportionnée au respect de la vie privée. N’étant pas systématiquement ordonnée par un-e juge, elle aura lieu dans la plus grande opacité et les assuré-e-s n’auront aucun pouvoir de contestation. Pendant la période d’observation, les personnes injustement soupçonnées se trouveront privées des prestations dues, ce qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour ces personnes, souvent les plus faibles de notre société.