C02

Votation du 15 mai 2022

Plus de mixité pour plus d’égalité

 

Votation cantonale n°1 : Loi modifiant la loi sur l’instruction publique (LIP)

Le Cycle d’orientation (CO) a grand besoin d’une réforme. Depuis la dernière en date, il y a déjà dix ans de cela, les élèves de 9e les plus en difficulté se retrouvent regroupé-es entre eux, isolé-es des autres. Si dans l’idée cela permet de leur accorder une attention particulière, ces élèves sont dans les faits dévalorisé-es et atteignent rarement les objectifs fixés.

 

Aujourd’hui, la recherche en éducation est claire sur le fait que le mélange des élèves est profitable à celles et ceux qui ont le plus de difficultés, sans pour autant désavantager leurs camarades. C’est pourquoi la réforme du Cycle d’orientation, sur laquelle cette votation porte, organise la première année du CO selon le principe de la mixité. Les élèves sont regroupé-es au sein d’une même classe, mais avec des niveaux différents en français et en maths. Dès l’année suivante, ce système de niveaux est appliqué à d’autres matières et des options sont introduites. En dernière année, deux « voies » sont possibles : la voie « Certificat » vise à préparer aux CFC ou aux certificats de l’ECG, alors que la voie « Maturité » oriente vers la maturité gymnasiale ou professionnelle.

Les études qui ont été réalisées montrent que la séparation des élèves par niveaux a tendance à renforcer les inégalités. Dès le début du CO, les élèves sont stigmatisé-es et savent déjà que les études ne leur seront pas accessibles. Les mauvais-es élèves restent ensemble et peinent à atteindre les objectifs attendus. La réforme permettra une plus grande mixité, ce qui favorisera l’égalité des chances.

Cette réforme du Cycle d’orientation s’inscrit dans la tendance actuelle de l’évolution de l’école en Suisse comme ailleurs. Le projet est issu d’un travail collaboratif avec les partenaires du CO, notamment les associations de parents et d’enseignant-es, et a été accompagné par un groupe politique composé d’un-e député-e par parti.

Voter OUI c’est permettre au CO de se mettre à jour face aux évolutions de la société et participer à un système scolaire mieux adapté aux besoins de toutes et tous.

 

 

Investir dans le cinéma profite à tou-tes

 

Votation fédérale n°1 : Loi fédérale sur la culture et la production cinématographiques

Pour faire face à l’explosion des plateformes de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) et protéger la production cinématographique suisse, le Parlement a accepté une modification de la loi sur le cinéma (LCin). Le peuple doit maintenant se prononcer sur cette modification, appelée « Lex Netflix », en raison d’un référendum lancé par les jeunesses des partis de droite.

La « Lex Netflix » prévoit que les plateformes de streaming (Netflix, Amazon Prime, Disney+, etc.) ainsi que les diffuseurs étrangers (comme TF1 ou M6) réinvestissent 4 % de leurs recettes réalisées en Suisse dans la création cinématographique suisse indépendante. Elles devront également garantir qu’au moins 30 % des films de leur catalogue soient des films européens.

Cette loi génèrera 18 millions par an pour la création audiovisuelle suisse. Ces moyens supplémentaires signifieraient plus de films et séries suisses mais aussi une meilleure rémunération pour les travailleurs et travailleuses de l’audiovisuel, en grande majorité intermittent-es ou précaires.

La loi vise à s’assurer que les recettes suisses des plateformes de SVOD soient au moins partiellement réinvesties en Suisse et non pas ailleurs. L’argument principal avancé contre cette loi est le risque qu’elle entraîne une augmentation des coûts de l’abonnement sur les consom-mateur-trices. Or ce type d’obligation existe déjà dans d’autres pays, comme la France ou l’Italie, et à un taux bien plus élevé que 4 %. Non seulement les abonnements aux plateformes ne sont pas plus coûteux dans ces pays qu’ailleurs, mais ils le sont beaucoup moins qu’en Suisse !

Investir dans le cinéma helvétique ne profite pas qu’au secteur culturel, mais aussi par ruissellement à toute l’industrie suisse. Selon une étude effectuée par Ernst&Young en 2019, 1 CHF investi par la Fondation romande pour le cinéma ( Cinéforom ) dans la production audiovisuelle génère 3 CHF au niveau local. Plus de productions suisses signifie plus de moyens pour les emplois du secteur, mais aussi plus de recettes pour les nombreuses entreprises qui bénéficieront de l’augmentation des tournages.

Voter OUI c’est augmenter l’offre cinématographique, protéger la production culturelle locale, et favoriser l’économie suisse.

Votez OUI pour sauver des vies !

 

Votation fédérale n°2 : Loi fédérale sur la transplantation d’organes, de tissus et de cellules

La modification de la loi sur la transplantation introduit le concept de consentement présumé en matière de don d’organes. Jusqu’à présent, il fallait signifier clairement sa volonté de donner ses organes pour être considéré-e comme donneur ou donneuse. Si cette modification de loi est acceptée, la logique est inversée : toute personne est considérée comme donneuse, à moins de le signaler explicitement. Cependant, il sera toujours possible pour les proches, en l’absence d’une déclaration de volonté du défunt, de s’opposer à un don d’organes.

Le but de cette modification est clair : sauver des vies. Avec le consentement présumé, les personnes en attente d’un don auront plus de chances de recevoir un organe.

 

3 raisons de voter OUI

Aujourd’hui la Suisse compte environ 1500 personnes en attente d’un don d’organe. La solution proposée par l’initiative donnera plus de chances de sauver ces vies en réduisant le temps d’attente par l’augmentation du nombre de donneur-euses.

 

Cette initiative correspond à la volonté de la majorité de la population. Selon un récent sondage, plus de 80 % des Suisse-sses sont favorables au don d’organe.

 

En adoptant cette modification, la Suisse se ralliera à la pratique présente dans la majorité des pays européens. Il s’agit d’une solution simple et efficace pour sauver des vies.

 

 

NON au financement de Frontex 

 

Votation fédérale n°3 : Arrêté de développement de l’acquis de Schengen

Le Parlement Suisse a décidé de renforcer l’agence européenne de protection des frontières Frontex avec un financement de 61 millions de francs suisses par an. Avec cet argent, Frontex va renforcer la fermeture des frontières extérieures de l’Europe et accélérer les vols spéciaux pour les retours forcés à une échelle européenne. La Suisse ne doit pas cautionner la politique restrictive et criminelle de Frontex, qui vise à empêcher la liberté de mouvement par tous les moyens.

 

Frontex est l’Agence de garde-frontières et de garde-côtes de l’Union européenne. Elle a été fondée en 2005. Depuis lors, son budget a augmenté de 7000 %, passant de 6 millions à 11 milliards d’euros pour la période 2021-2027. En tant que membre de l’espace Schengen, la Suisse soutient Frontex financièrement à hauteur de 14 millions de francs par année. Le texte soumis au vote prévoit d’augmenter cette contribution à 61 millions de francs par année.

Frontex fait l’objet de critiques depuis des années en raison de refoulements illégaux et de violations des droits humains. Les personnes qui fuient leur pays sont repoussées en pleine mer par Frontex ou sont expulsées de l’espace Schengen à la frontière.

Au lieu de mieux protéger les personnes ou de contribuer à la sécurité des voies d’évacuation, le texte soumis au vote propose de renforcer Frontex et d’isoler encore plus l’Europe. En augmentant sa participation financière à Frontex, la Suisse participe à la criminalisation de la migration vers l’Europe et à la militarisation des frontières. Le 15 mai, votons non à Frontex !

 

 

« La stratégie et les tactiques de refoulement violentes et de refus du droit d’asile menées par Frontex à l’encontre des réfugié-es non européen-nes constituent des crimes contre l’humanité. Elles sont la honte de l’Europe et de la Suisse. Refusons la contribution suisse de CHF 61 millions à Frontex et rétablissons le droit d’asile. »

Jean Ziegler, auteur de Lesbos, la honte de l’Europe