Comptes 2019 : derrière les chiffres, une réalité sociale critique

Les comptes 2019 de l’État de Genève affichent un excédent de 188 millions, contre 28 initialement prévus au budget. Cet excédent masque une réalité sociale critique, voire dramatique, à l’image des milliers de personnes qui dépendent aujourd’hui de la charité pour assurer leurs besoins les plus élémentaires : se nourrir, se loger, se soigner. En refusant le rapport de gestion 2019 du Conseil d’État, les Socialistes ont tenu à rappeler cette réalité et à dénoncer, une nouvelle fois, les manquements d’un Etat sous-doté, rendu incapable de remplir les missions qui sont les siennes.

En refusant le rapport de gestion de l’Etat, les Socialistes ont exprimé leur opposition à la politique menée par le Conseil d’État, sous influence directe de la majorité de droite au Grand Conseil. Par la voix de ses député-e-s, le Parti socialiste genevois a souhaité par-là rappeler la situation extrêmement tendue dans laquelle se trouvent un nombre croissant de services publics et qui affecte directement la capacité de l’Etat à répondre aux besoins de la population.

Depuis plusieurs années déjà, les Socialistes dénoncent les conditions indignes qui prévalent, tant pour le personnel que pour les bénéficiaires, dans des entités comme le Service de protection de l’adulte (SPAd), le Service de protection des mineurs (SPMi), les Etablissements publics pour l’intégration (EPI), le Service des prestations complémentaires (SPC) ou encore les EMS et même l’hôpital public. Les auditions réalisées dans le cadre de l’examen des comptes et de la gestion de l’Etat ont confirmé hélas ce que nous savions déjà : tous ces services, sommés de réaliser année après année des économies supplémentaires, travaillent aujourd’hui à flux-tendu et ne disposent d’aucune marge pour répondre à l’augmentation des besoins, a fortiori lorsque celle-ci se fait soudaine et rapide.

Bien que les député-e-s aient eu à traiter de la gestion de l’année 2019, la crise sanitaire, sociale et économique actuelle agit en effet comme un révélateur féroce des conséquences du refus d’allouer les ressources nécessaires pour répondre aux besoins de la population. La logique exclusivement comptable qui sert de boussole au navire étatique depuis trop longtemps a montré ses limites : comment se fait-il que tant de travailleurs et travailleuses ne soient au bénéfice d’aucun contrat de travail, ni protection sociale ? Comment se fait-il que, l’année dernière encore, plusieurs milliers de demandes de logement n’aient pu être satisfaites et que les loyers continuent de s’envoler (et ce malgré des taux hypothécaires à la baisse) ? Comment se fait-il, enfin, que l’accès aux soins ne puisse être garanti à toutes et tous, y compris et surtout en période d’épidémie ?

Alors que la direction de l’Office cantonal de l’emploi (OCE) s’entête dans une logique de sanctions et contrôle des assuré-e-s, que le pouvoir judiciaire poursuit une politique surannée du tout carcéral au détriment des conditions de détention, que les manquements graves révélés dans certains services tels que l’Office des poursuites (OCP) n’ont toujours pas trouvé de suite, qu’enfin des allègements fiscaux continuent d’être accordés aux contribuables les plus aisé-e-s, les Socialistes ont tenu à remettre au centre les questions de l’accès à l’éducation, à la santé, au logement et à un travail digne pour toutes et tous. Ils et elles refusent que ces besoins fondamentaux soient sacrifiés sur l’autel de la rentabilité et continueront de se battre pour une meilleure répartition des richesses et contre la précarité et l’exclusion.

Lire le rapport de la commission des finances

Pour plus d’informations :

  • Alberto Velasco, commissaire aux finances et rapporteur de majorité sur le rapport de gestion du Conseil d’État (079 373 82 29)
  • Caroline Marti, commissaire aux finances et vice-présidente du PS genevois (079 796 36 23)
  • Léna Strasser, députée et cheffe de groupe (076 615 75 49)
  • Thomas Wenger,commissaire aux finances (079 476 69 45)
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