« Personne ne sera laissé au bord du chemin » : passons de la parole aux actes, maintenant !

L’Alternative (Socialistes, Vert.e.s, Ensemble à Gauche) dépose ce jour un nouveau projet de loi pour permettre d’indemniser tou-tes les travailleurs-euses du canton ayant subi une perte de revenus pour cause de pandémie au vu de la deuxième vague.

Le 13 mars dernier, les membres du Conseil Fédéral s’exprimaient à propos de la crise sans précédent qui s’annonçait et assuraient, d’un ton grave mais rassurant, que personne ne serait laissé au bord du chemin. Huit mois plus tard, force est de constater que le compte n’y est pas. Les dispositifs d’aide présentent des lacunes importantes qui sont autant de trous dans un filet de sécurité que certain-es s’obstinent – œillères bien en place – à juger suffisant. Or, suffisantes, nos assurances sociales ne le sont pas lorsqu’il s’agit de protéger les milliers de travailleurs-euses dont l’emploi à la forme «atypique» est mis à mal par la crise et les mesures sanitaires (fermetures, interdiction de certaines activités, limitation de jauges, annulation d’événements, etc.).

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«Faux indépendant-es», travailleuses du sexe, étudiant-es pratiquant de petits jobs ponctuels, et plus largement toutes celles et ceux qui vivent habituellement de missions temporaires successives et/ou qui sont au bénéfice d’un CDD dans des domaines aussi divers que la restauration, la culture, les loisirs, le sport, la coiffure, ou encore le bâtiment; toutes ces personnes errent dans une sorte de «no man’s land» en termes de soutien. Leurs revenus ont drastiquement baissé et pourtant elles n’ont droit à aucune indemnisation. Pas assez stable, pas assez «classique», pas assez «dans les clous», leur situation par nature précaire leur vaut en temps de crise une double peine aussi injuste que dramatique.

Rappelons que le seul dispositif d’indemnisation les incluant (loi 12723) est aujourd’hui en sursis du fait d’un référendum lancé honteusement et mené en usant de méthodes scandaleuses par l’UDC et le MCG. Depuis, bien que les projets de loi se succèdent pour soutenir les secteurs économiques les plus touchés, un grand nombre de travailleurs-euses précarisé-es reste désespérément dans l’angle mort des politiques fédérale et cantonale.

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Pour contrer ce qui n’est pas une fatalité mais bien la résultante de choix politiques opérés en parfaite connaissance de cause, l’Alternative dépose un nouveau projet de loi d’indemnisation des personnes en situation de travail précarisée par le COVID-19. Celui-ci prévoit que, pour la période du 1er septembre 2020 jusqu’à la fin de l’état de nécessité, les personnes qui ont subi une perte de revenu en raison de la crise sans pouvoir bénéficier d’aucune aide soient indemnisé-es mensuellement à hauteur de 100% des pertes subies (mais jusqu’à 4’000 CHF/mois), et ce quelles que soient la nature ou la forme de leur emploi.

Cette aide ne relève pas uniquement d’un principe élémentaire de justice sociale et d’égalité de traitement, mais également d’une nécessité pour l’économie du Canton. Car la paupérisation massive de larges pans de la population est une véritable bombe sociale à retardement, dont les files pour obtenir des colis alimentaires ne sont qu’une des facettes visibles et dont les conséquences économiques pour le Canton seraient ô combien plus importantes que le coût de l’indemnisation proposée aujourd’hui.

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Les forces progressistes alertent depuis plusieurs mois déjà sur cette situation critique. Nous devons de toute urgence stabiliser la situation de toutes les personnes précarisées par la crise pour leur éviter, tant que faire se peut, de sortir du marché du travail et de tomber dans une spirale de surendettement. Un certain nombre d’entre elles a encore la capacité de rebondir, mais pour combien de temps ? Sans soutien rapide de l’Etat, gageons que cette capacité sera bientôt réduite à néant. Pour ne pas en arriver là, le vote de ce nouveau projet de loi d’indemnisation par le Grand Conseil, comme le vote par le peuple de la loi soumise à référendum le 7 mars 2021, sont absolument nécessaires.

Lire le projet de loi


Pour plus d’informations :

  • Léna Strasser, députée Socialiste et cheffe de groupe (076 615 75 49)
  • Jocelyne Haller, députée Ensemble à Gauche (076 382 01 82)
  • Marjorie de Chastonay, députée Verte et vice-cheffe de groupe (077 415 33 50)