Un chantage scandaleux sur le dos des travailleurs et travailleuses de l’Aéroport

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Les salarié.e.s de l’entreprise Swissport SA travaillant à l’aéroport de Genève font, actuellement, face à un chantage inacceptable de la part de leur employeur. En effet, celui-ci les menace de licenciement, si ceux.lles-ci n’acceptent pas un démantèlement complet et systématique de leurs conditions de travail.

L’entreprise, par ailleurs leader mondial dans les services au sol pour les compagnies aériennes, profite du fait qu’elle a récemment refusé de prolonger la Convention Collective de Travail et a dénoncé un plan social protégeant le personnel en cas de licenciement collectif, pour agir de manière éhontée avec ses employé.e.s.

Des conditions de travail déjà difficiles

Alors que les salaires de la CCT étaient déjà en-dessous du salaire médian genevois, Swissport SA demande à ses employé.e.s d’accepter une baisse massive de leur salaire (jusqu’à 1’200 CHF/mois !). Elle souhaite également leur imposer une augmentation de leur temps de travail et de sa flexibilité, péjorant et précarisant encore des travailleur.euse.s qui effectuent un travail pénible, sept jours sur sept, 365 jours par an. De plus, et en dépit de tout dialogue social, l’entreprise menace de licenciement quiconque n’accepterait pas ces nouvelles conditions d’ici au 28 janvier.

L’entreprise justifie ces mesures par la crise que traverse le secteur aérien. Or, si la crise est bien réelle et demandera une réflexion à plus long terme sur l’avenir de ce secteur, ce n’est certainement pas au salarié.e.s d’en faire les frais aujourd’hui ! Il est important de rappeler que, depuis le printemps dernier, une grande majorité de ces mêmes salarié.e.s supportent les coûts de cette crise, en ayant vu leur revenu amputé de 20% avec la mise en place des RHT. Cette mesure de maintien en emploi (!) et de soutien aux entreprises a permis à Swissport SA d’économiser une grande partie des salaires.

Une proposition de la Chambre des Relations Collectives de Travail est sur la table

La manière de faire est d’autant plus inacceptable qu’une solution existe. Les syndicats et représentant.e.s des salarié.e.s, conscient.e.s de la grave crise que traverse leur secteur, ont accepté de reprendre une proposition faite par la Chambre des relations collectives de travail (CRCT). Celle-ci suggère de conclure un « accord de crise » temporaire et de renouer le dialogue pour le renouvellement de la CCT.

Swissport SA doit abandonner ses menaces d’ultimatum et retourner à la table des négociations, à travers la CRCT, afin de trouver une solution de sortie de crise acceptable pour les salarié.e.s. L’entreprise bénéficiant d’une concession de la part de Genève Aéroport, établissement public autonome, se doit de respecter les valeurs sociales promulguées dans la Convention d’objectifs signées entre la République et canton de Genève et Genève Aéroport.

Le Conseil d’Etat doit faire respecter la Convention d’objectifs de Genève Aéroport.

En tant que signataire de cette Convention d’objectifs, le Conseil d’Etat doit également intervenir. Il doit tout mettre en œuvre pour que des CCT de secteur soient conclues entre les entreprises de l’aéroport et les partenaires sociaux, sous peine d’exclusion de concession, de mandat ou toute autre activité au sein de l’AIG.

  • Marjorie de Chastonay, Les Vert.e.s, députée, 077 415 33 50
  • Christian Dandrès, Parti Socialiste, conseiller national, 079 738 23 66
  • Jocelyne Haller, solidaritéS-Ensemble à Gauche, députée, 076 382 01 82
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