Chômage : le Conseil d’Etat doit d’urgence intervenir à l’Office cantonal de l’emploi

Les Socialistes montent au créneau pour défendre les droits des chômeuses et chômeurs qui sont toujours plus nombreux à faire les frais d’une politique inhumaine qui préfère contrôler et punir plutôt qu’aider et soutenir. Au vu de la crise économique, sociale et sanitaire, il est absurde d’exiger de nombreuses recherches d’emploi et injuste de sanctionner les personnes au chômage. Deux motions ont été déposées au Grand Conseil pour que le Conseil d’Etat change la politique de l’OCE en la matière.

La règle est claire et l’OCE intraitable : les chômeurs et chômeuses qui ne sont pas en mesure de présenter à temps le nombre de preuves de recherche d’emploi requis chaque mois seront sanctionné-es via une retenue sur les indemnités qui devraient leur être versées. En pleine pandémie, alors que des secteurs économiques entiers sont sinistrés, que l’ensemble des commerces dits « non-essentiels » sont fermés et que, plus globalement, l’économie genevoise est quasi à l’arrêt, une telle exigence est un non-sens total et fait perdre temps et énergie à tou-tes les acteurs-trices de la chaîne : du ou de la demandeuse d’emploi aux employeurs-euses, en passant par les conseillers et conseillères en personnel de l’OCE.

Surtout, cette pratique illustre la perfidie d’un office qui a cessé d’être au service de ses assuré-es pour se soumettre aux seuls impératifs d’une politique du chiffre. Le nombre de personnes inscrites au chômage doit diminuer coûte que coûte, et tant pis si cela implique que certaines s’en trouvent précipitées à l’aide sociale ou que d’autres soient contraintes d’accepter des emplois qui ne correspondent ni à leur niveau de qualification, ni à leur domaine de compétences, ni non plus à leurs besoins économiques.

Cette politique, qui ne voit que des chiffres à gommer là où se trouvent des hommes et des femmes inquiet-es pour leur avenir, doit cesser.

A court terme, considérant la période de crise actuelle, les Socialistes demandent au Conseil d’Etat d’intervenir pour que les obligations en matière de production de recherches d’emploi soient suspendues. Le groupe demande également d’annuler avec effet rétroactif et remboursement, le cas échéant, les sanctions et pénalités infligées par l’OCE depuis le début de la crise sanitaire. Enfin, le Conseil d’Etat devrait plaider à Berne pour allonger la durée des indemnités et des délai-cadres pour toutes les personnes au chômage, comme cela avait du reste été fait dans le contexte du premier confinement en mars 2020.

A plus long terme et dans la perspective d’une réforme structurelle de l’OCE, le Conseil d’Etat est invité à revoir sa feuille de route en matière d’emploi afin que la logique répressive qui prédomine aujourd’hui soit abandonnée. La valorisation des compétences des personnes au chômage et l’évaluation qualitative des démarches entreprises dans le cadre d’un retour à l’emploi doivent être replacées au centre de l’action de l’OCE. Une attention particulière et des moyens suffisants doivent par ailleurs être donnés aux personnes qui étaient actives dans une branche durablement affectée par la crise afin que leur reconversion professionnelle ne soit pas juste une chimère.

Le Parti socialiste genevois entend ainsi rappeler que le chômage est un droit et non une faveur, et qu’il n’est pas tolérable que celui-ci soit foulé aux pieds sans égard pour les personnes concernées, a fortiori dans le contexte économique et social critique actuel.

Lire la première et la seconde motion

Pour plus d’informations :

  • Grégoire Carasso, député et coauteur des motions, 079 796 91 37
  • Léna Strasser, députée et coauteure des motions, 076 615 75 49
  • Caroline Marti, députée et cheffe du groupe socialiste, 079 796 36 23
  • Lydia Schneider Hausser, coprésidente du PS genevois, 079 382 82 89
  • Romain de Sainte Marie, coprésident du PS genevois, 079 395 23 85
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