L’Etat doit immédiatement prendre ses responsabilités dans le dossier Swissport – il y a urgence.

Plusieurs mois après le non-renouvellement de la Convention collective de travail, la situation des employé-es de l’entreprise Swissport ne cesse de se détériorer. Soucieux-ses de trouver une issue à ce conflit, les salarié-es ont même proposé des baisses de salaire importantes – jusqu’à 6% de diminution – pour maintenir leur poste. Mais Swissport n’est pas entré en matière. L’entreprise a imposé de nouvelles conditions de travail, largement sabotées. La majorité des partis du Grand Conseil s’unit pour exiger du Conseil d’Etat qu’il agisse rapidement dans ce dossier et qu’il mette en œuvre la motion adoptée par une majorité de député-es le 27 janvier dernier. Ils ont adressé une lettre à l’exécutif afin qu’il prenne enfin ses responsabilités.

Travailler plus pour gagner moins
Lors de nos rencontres avec les salarié-es de Swissport, nous avons été autant émus que choqués de découvrir les nouvelles conditions honteuses que l’employeur a imposées. « Avec ces nouvelles conditions de travail, mon salaire a baissé de 17%. Je suis contrainte d’étendre mes disponibilités, ce qui m’empêche de trouver un autre temps partiel pour combler les pertes financières. », nous a expliqué une employée. En exigeant des employé-es qu’ils augmentent leurs disponibilités tout en réduisant leur salaire, Swissport leur impose de travailler plus pour gagner moins. Et pour les 43 employé-es qui ont refusé de se soumettre à ce chantage, Swissport a tout simplement procédé à leur licenciement.

L’Etat ne saurait accepter qu’une entreprise impose une telle sous-enchère et de telles conditions de travail, au mépris des engagements de la collectivité et de la volonté de la majorité de la population. Encore récemment, celle-ci a manifesté son engagement pour défendre des conditions de travail dignes, en adoptant le salaire minimum et choisi d’accepter l’initiative pour un pilotage démocratique de l’Aéroport.

Récompense pour 35 ans d’ancienneté : 20% de salaire en moins !
Une réalité encore plus difficile à admettre lorsque les salarié-es ont consacré une partie importante de leur vie à accomplir leur travail avec loyauté : « Je travaille pour Swissport depuis 1985, j’ai donné trois week-ends par mois à mon travail depuis plus de 35 ans et je vais perdre 20% de mon salaire. A 57 ans, je ne vais pas trouver un autre travail. Je ne vois pas le bout du tunnel. » Des témoignages similaires, nous en avons malheureusement recueilli des dizaines.

Les partis signataires de la motion 2727 appellent le Conseil d’Etat et l’Aéroport de Genève à inviter l’employeur à se soumettre à l’arbitrage de la Chambre des relations collectives de travail. Les salarié-es et les syndicats qui les soutiennent y sont favorables, et cette démarche pourrait avoir pour conséquence une réouverture des négociations.

Oser faire pression
Nous appelons encore une fois le Conseil d’Etat à oser faire pression sur Swissport, en menaçant l’entreprise qu’en cas de refus d’arbitrage, le gouvernement s’emploiera à faire en sorte que la concession de Swissport soit dénoncée avant terme ou, à tout le moins, ne soit pas reconduite à sa plus proche échéance. Nous nous permettons aussi de rappeler que le Grand Conseil va prochainement débattre d’un projet de crédit en faveur de l’Aéroport. La position de nos groupes parlementaires, vu ce qui précède, est réservée.

L’Aéroport est une infrastructure publique et ne saurait tolérer de pareilles attaques sur les conditions de travail de centaines de salarié-es. Le Conseil d’Etat doit y veiller.


Lien vers la lettre au Conseil d’Etat

Lien vers la motion 2727

  • Christian Dandrès, conseiller national PS, 079 738 23 66
  • Marjorie de Chastonay, députée Les Vert.e.s, 077 415 33 50
  • Jocelyne Haller, députée Ensemble à Gauche, 076 382 01 82
  • Daniel Sormanni, député MCG, 076 379 64 07
  • Xhevrie Osmani, députée PS, 076 224 09 92
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