Bientôt des protections hygiéniques à disposition dans les écoles genevoises ?

Après de longues tergiversations et un amendement général, une majorité du Grand Conseil a finalement consenti à voter le renvoi à l’exécutif d’une motion socialiste visant la mise à disposition de protections hygiéniques gratuites et en libre accès dans un certain nombre de bâtiments publics. La demande ne concerne toutefois plus que les établissements scolaires. Si l’adoption de cette motion est évidemment une bonne nouvelle et un premier pas important, le parcours sinueux d’une demande pourtant élémentaire démontre que le tabou des règles est encore vivace.

En septembre 2019, faisant le constat de la précarité menstruelle vécue par de nombreuses femmes et d’un tabou autour des règles encore bien ancré (avec ce que cela implique de stigmatisation et de charge mentale pour les concernées), le groupe socialiste au Grand Conseil a déposé une motion invitant le Conseil d’Etat à assurer la mise à disposition de protections périodiques gratuites et librement accessibles dans toutes les toilettes des bâtiments de l’Etat et des établissements publics autonomes. Une demande somme toute raisonnable considérant que papier toilette et savon équipent d’ores et déjà la plupart des lieux d’aisance de la République, sans que personne n’ait jamais trouvé à y redire.

Las, il n’en fallait pas plus pour choquer une certaine droite pudibonde pour qui, en matière d’égalité, il est urgent d’attendre. Ne pouvant admettre que de tels produits puissent être offerts gratuitement et jugeant la demande ainsi formulée « infantilisant[e] et paternaliste » (sic !), la droite majoritaire s’est empressée de balayer la motion en commission, en refusant, en bloc, l’entrée en matière.

Mais en plénière, une fraction de cette majorité s’est finalement résolue à présenter et soutenir un amendement de dernière minute, s’offrant ainsi, avec l’acceptation de la motion dans sa nouvelle teneur, une porte de sortie honorable. Car à vrai dire, et l’on peut s’en réjouir, persister dans un refus aussi sec que celui opposé il y a deux ans n’était pas une option crédible.

En effet, depuis 2019, de l’eau a coulé sous les ponts. La Grève des femmes* / Grève féministe a poursuivi sans relâche, de 8 mars en 14 juin, son indispensable travail de lutte contre les inégalités de genre. Et surtout, les initiatives visant à garantir un accès sans entrave aux produits menstruels ont fleuri. De New-York à Tavannes, de l’Ecosse aux Bains des Pâquis, de la France à Delémont, en passant par le Canton du Jura, le Canton de Vaud ou encore les communes de Meyrin et du Grand-Saconnex, l’idée s’est peu à peu imposée dans nombre d’arènes législatives. Ne pas soutenir la comparaison aurait été un bien triste signal envoyé à toutes celles et ceux qui luttent à Genève pour l’égalité.

Les Socialistes se réjouissent dès lors que le Conseil d’Etat genevois soit à son tour formellement saisi d’une demande de mise à disposition de protections gratuites et en libre accès au sein de tous les établissements scolaires publics du canton.

Ils et elles regrettent cependant que le périmètre de la motion ait dû être si fortement restreint pour que certain-es à droite acceptent de soutenir la démarche. Cela démontre, une fois encore, que faire évoluer les mentalités en matière d’égalité de genre est un travail de longue haleine. Le PS ne se décourage pas pour autant et poursuivra ses efforts dans cette voie, notamment grâce aux nombreux textes similaires d’ores et déjà déposés par le parti dans différents conseils municipaux.

Lire le rapport de la commission des affaires sociales

Pour plus d’informations :

  • Helena Verissimo de Freitas, députée et auteure de la motion (079 686 79 37)
  • Caroline Marti, députée et cheffe du groupe socialiste (079 796 36 23)
  • Romain de Sainte Marie, député et coprésident du PS genevois (079 395 23 85)
  • Lydia Schneider Hausser, coprésidente du PS genevois (079 382 82 89)