Un budget qui tient compte de l’urgence sociale et climatique mais un PFQ qui fait passer les fonctionnaires à la caisse

Après des mois de négociations difficiles et le souvenir encore douloureux des derniers votes budgétaires, les Socialistes se réjouissent de l’aboutissement d’un projet de budget qui tient compte, au moins partiellement, de la situation exceptionnelle dans laquelle nous nous trouvons. En revanche, ils et elles déplorent le maintien du projet de révision des ratios de cotisation employeurs/employé-es au sein de la CPEG et le combattront fermement. D’autres mesures contenues dans le Plan financier quadriennal (PFQ) inquiètent également.

C’est avec un certain soulagement que les Socialistes ont accueilli le projet de budget 2022 présenté ce matin par le Conseil d’Etat. Avec plus de 150 millions supplémentaires investis dans la formation, le social et la santé, le Conseil d’Etat démontre clairement sa volonté de renforcer la réponse à la crise sanitaire et sociale que nous traversons.

Le PS salue en particulier le renforcement tant attendu de services chroniquement sous-dotés, tels que l’Hospice général (HG), le Service de protection de l’adulte (SPAd) ou le Service des bourses et prêts d’études (SBPE). Au-delà d’une bouffée d’oxygène pour les collaborateurs et collaboratrices épuisé-es des structures concernées, un tel renforcement est indispensable à la délivrance rapide de prestations de qualité. Il est en outre heureux que les moyens nécessaires à la réalisation de plusieurs projets centraux (réforme du cycle d’orientation, renforcement du soutien pluridisciplinaire à l’école primaire, augmentation du nombre de places en EPH, etc.) soient enfin débloqués.

Les Socialistes se réjouissent également des montants conséquents proposés dans le budget d’investissements, lesquels apparaissent nécessaires tant pour accompagner et soutenir la relance de l’économie genevoise que pour financer la transition écologique, dont l’urgence n’est plus à rappeler.

En revanche, les HUG et l’IMAD, deux institutions qui ont été mises sous très forte pression, devraient bénéficier d’un soutien financier plus important. De même, des moyens supplémentaires devraient être alloués à l’accompagnement des personnes en recherche d’emploi, l’insertion et la reconversion professionnelle. Il s’agit en effet de leviers essentiels pour répondre à la hausse du chômage et aux changements structurels sur le marché de l’emploi amenés notamment par la numérisation. 

La crise COVID a renforcé les inégalités et accéléré la précarisation d’une part grandissante de la population – en témoigne l’augmentation des charges dans les domaines de l’aide sociale (+35,4 mio), des subsides d’assurance maladie et primes impayées (+28 mio) ou encore des prestations complémentaires (+7 mio). Dans ce contexte, les Socialistes restent inquiet-es, en particulier au vu de plusieurs mesures du PFQ jugées inacceptables.

En font notamment partie la reconduction du gel des annuités 1 année sur 2, la privatisation du système d’assurance perte de gain maladie pour les employé-es de l’Etat ainsi que la modification des taux de cotisation au sein de la CPEG – une réforme qui aurait pour conséquence de fragiliser la caisse mais aussi, de fait, de réduire les salaires du personnel.

Alors qu’elle n’a jamais été aussi sollicitée, il n’est pas acceptable que la fonction publique soit ainsi mise au pilori et continue d’être tenue pour seule responsable du déficit (fût-il largement moindre qu’annoncé un temps). Le PS, convaincu que le coût d’une crise d’une telle ampleur « s’amortit » sur plusieurs années, voire décennies, attend au contraire du Canton qu’il utilise toute la marge de manœuvre dont il dispose pour augmenter les efforts de lutte contre la précarité et les inégalités. 

Pour plus d’informations :

•    Caroline Marti, commissaire aux finances et cheffe du groupe socialiste au Grand Conseil, 079 796 36 23
•    Alberto Velasco, commissaire aux finances, 079 373 82 29
•    Thomas Wenger, commissaire aux finances, 079 476 69 45
•    Lydia Schneider Hausser, présidente du PS genevois, 079 382 82 89