Refus du budget 2022 au Grand Conseil : un déni de réalité de la majorité

Lors de la séance plénière dédiée au vote du budget 2022, une majorité UDC-PLR-PDC-MCG a purement et simplement refusé l’entrée en matière. Ce sont ainsi des avancées significatives pour le climat, le social, la formation ou encore l’économie genevoise qui ont été balayées d’un revers de main, et ce alors que les besoins ne cessent d’augmenter ! En pleine 5ème vague de Covid-19, le refus de doter l’Etat d’un budget est totalement irresponsable.

En refusant d’entrer en matière sur la proposition de budget du Conseil d’Etat, l’UDC, le PLR, le PDC et le MCG ont fait la preuve d’une opposition dogmatique et électoraliste à la nouvelle majorité de gauche du Conseil d’Etat. Les propositions faites pour renforcer et réorienter la reprise économique sont balayées. L’accélération souhaitée pour la rénovation énergétique du parc immobilier: rejetée. L’accroissement des besoins de la population, notamment dans l’éducation et les soins: ignoré. En tout, ce sont plus de 180 millions de francs de prestations qui ne pourront pas être délivrées à la population. Ce refus est d’autant plus incompréhensible que le déficit budgétaire est moins important que prévu (295 millions au lieu de 460).

Historiquement majoritaire au Grand Conseil et au Conseil d’Etat, la droite dénonce aujourd’hui, non sans ironie, une mauvaise gestion des deniers publics. Face à cette hypocrisie, il paraît essentiel de rappeler que ce sont bien les nombreux cadeaux fiscaux votés par la droite, années après années, en faveur d’une minorité de privilégié-es qui ont progressivement mis à mal la capacité financière de l’État à répondre aux besoins de la majorité de la population.

Avec ce refus, le budget d’investissement pour la transition écologique se voit menacé, alors même qu’il était encore insuffisant pour concrétiser la mise en œuvre du Plan Climat Cantonal et les mesures de protection de la biodiversité. Alors que de nombreux secteurs économiques continuent d’être ébranlés par la crise sanitaire, les 10 millions prévus pour les accompagner vers une reprise durable de leurs activités ne pourront pas leur être attribués. De nombreuses petites et moyennes entreprises auraient pu en bénéficier sont ainsi directement pénalisées.

Le refus de voter des postes supplémentaires dans les domaines de la santé, de l’éducation et du social est un affront à toutes celles et ceux qui se sont mobilisé-es depuis le début de la crise pour y faire face avec solidarité et résilience. Le Département de l’Instruction Publique ne sera même pas en mesure de répondre aux besoins « naturels » liés à l’accroissement de la population. Ce refus de voter un budget est un coup porté en premier lieu aux plus jeunes et aux plus précaires.

Depuis bientôt deux ans que nous subissons les effets de la crise sanitaire, l’importance de doter l’Etat d’une capacité d’action n’a jamais été aussi forte. Le projet de budget du Conseil d’Etat n’était pas parfait, loin s’en faut, et les député-es socialistes et vert-e-s avaient du reste préparé un certain nombre d’amendements afin de combler diverses lacunes identifiées, par exemple en faveur de de l’action sociale (SAM, SPAd, SBPE), de la protection de l’environnement, de la formation pour limiter le nombre d’élèves par classe ou de la solidarité internationale. Las, ils et elles n’auront même pas eu la possibilité de les soumettre au vote de la plénière.

Dans le contexte actuel, il est choquant qu’une majorité parlementaire refuse d’entrer en matière sur le projet de budget, pour ce qui s’apparente à un froid calcul politique. On ne peut y voir qu’un grave déni de réalité face aux crises sanitaire, écologique, sociale et économique dans lesquelles nous sommes plongé-es.

Pour plus d’informations :

  • Caroline Marti, députée et cheffe du groupe socialiste, 079 796 36 23
  • Marjorie de Chastonay, députée et cheffe du groupe Les Vert-e-s, 077 415 33 50
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