Des rues piétonnes oui, mais sans contrepartie archaïque !

Par Joëlle Bertossa,
Coprésidente du PS Ville de Genève et Conseillère municipale en Ville de Genève

En marge des problèmes et des drames provoqués par la pandémie de COVID-19, une conséquence du semi-confinement a donné un peu de baume au cœur des Genevois-es : le calme et le silence qui régnaient au centre-ville. En effet, pendant quelques semaines, plus de bouchons, plus de klaxons, moins de pollution et au final de nouvelles voies pour les vélos et une nature qui reprend, un peu, ses droits.

Cette parenthèse fut comme un avant-goût, une possibilité concrète d’une mobilité différente et douce pour notre ville et il faut s’en souvenir.

Pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, le plan climat du canton de Genève indique qu’il faudrait une réduction d’environ 90% de nos émissions de gaz à effet de serre. Les transports individuels motorisés sont un des premiers émetteurs directs de ces fameux gaz responsables du réchauffement climatique.

Déjà en 2016, la population votait largement pour une mobilité cohérente et équilibrée (LMCE). Le Grand Conseil ainsi que le Conseil municipal leur emboîtaient le pas et votaient l’urgence climatique comme priorité en 2019. Il est temps d’en prendre acte !

Construire un nouveau parking dans l’hyper-centre est totalement contradictoire avec ces décisions et ne prend pas en compte les sept parkings alentour qui totalisent plus de 4 000 places, jamais pleines. Selon la Fondation des Parkings, une baisse de fréquentation générale est constatée depuis quelques années et la population a voté cette année pour la suppression de 4 000 places de stationnement.

Le projet vante des rues piétonnes et arborées et des panneaux d’affichage de cette ville fantasmée ont fait leur apparition ce printemps à Rive. En réalité, si le projet prévoit bien la seule piétonnisation de la rue Pierre Fatio, toutes les autres rues du projet resteront utilisées par de nombreux véhicules (TPG, ayants-droit ).

Si nous ne remettons pas en question le besoin de zones piétonnes, il est possible de réaménager la zone sans avoir à construire un parking en dessous de 500 places sur 6 niveaux !

Nous devons dès aujourd’hui trouver d’autres moyens de circuler au centre des villes et cesser d’attirer les voitures individuelles en proposant des alternatives accessibles performantes et non polluantes.

Pour toutes ces raisons, nous vous appelons à voter non au projet de parking Clé de Rive !