De la petite enfance aux grandes réformes

Entretien avec Fayrouz Kashef,
Présidente de la commission de la petite enfance, de l’éducation et de la formation du PS genevois

Fayrouz Kashef est professionnelle de la petite enfance depuis plus de 15 ans. Elle vient de succéder à Gabrielle Falquet à la tête de la commission de la petite enfance, de l’éducation et de la formation du PS genevois, quelques semaines à peine après son adhésion au parti !

Quels constats tires-tu de la politique en matière de petite enfance ?

Je travaille actuellement dans une structure d’accueil subventionnée par la Ville de Genève, commune où la petite enfance n’est pas (encore) municipalisée. En effet, la gouvernance des structures d’accueil est assurée par des comités bénévoles et non professionnels, à l’inverse d’autres communes genevoises, telles que Vernier ou Meyrin. Aujourd’hui, même si la Ville de Genève a officiellement un rôle de subventionneuse, elle agit presque davantage comme une employeuse que les comités employeurs bénévoles. Un système qui, selon moi, a atteint sa limite.

Comment as-tu décidé d’adhérer au Parti Socialiste ?

C’est en rejoignant le comité de l’Association des Cadres des Institutions de la Petite Enfance Genevoise que j’ai découvert divers enjeux. Je me suis intéressée aux discussions sur la gouvernance de la petite enfance, et ces réflexions m’ont donné envie de renforcer l’impact de mon engagement en rejoignant un parti. Le PS me correspondant le plus, j’ai franchi le pas et demandé l’adhésion l’été dernier. Mon intérêt pour la petite enfance rejoint notamment la lutte contre les inégalités, que nous constatons sur le terrain.

Que t’inspire ton passage rapide de nouvelle membre à Présidente de commission ?

C’est un truc de dingue ! Je voulais pouvoir utiliser mon engagement politique pour relayer la voix des gens que je côtoie, visibiliser les enjeux de la gestion des structures d’éducation préscolaires, et j’aurai désormais les moyens pour le faire. Je suis très contente et honorée d’avoir été nommée, et j’espère être à la hauteur.

Selon toi, que doit défendre le PS en matière de petite enfance ?

Une réforme de la gouvernance, pour viser à terme la cantonalisation de la petite enfance, au même titre que l’école obligatoire. Les parents devraient avoir le choix de placer leurs enfants en crèche, ce qui présuppose qu’un nombre suffisant de places soient disponibles. La cantonalisation doit aussi permettre d’uniformiser les conditions de travail et de mettre fin aux différences de traitement dans les communes.