Feu rouge pour les droits populaires : 41% de la population genevoise toujours privée de droits politiques

Par Xhevrie Osmani,
Députée au Grand Conseil

Genève aurait pu être pionnière et aurait pu exceller en faisant de notre canton une démocratie plus représentative. Le peuple genevois ne pourra saisir l’opportunité de se prononcer sur l’octroi des droits politiques cantonaux aux personnes résidantes qui font quotidiennement de Genève ce qu’elle est.

En effet, suite au refus d’entrée en matière par 49 contre 48, le feu est désormais passé au rouge. Ce soir-là, en plénière, quelle ne fut pas notre déception de n’avoir pu compter que sur une faible frange du centre, quelques voix à peine parmi les plus progressistes et de n’avoir pu compter sur une gauche au complet ! Indéniablement, cela n’a pas suffi pour que ce projet de société plus inclusif et à l’image de la riche hétérogénéité de ce canton se mette en marche.

Rappelons-le, les débats ont beaucoup tourné autour de cette « conception dominante de l’intégration » qui induit une absence totale des droits politiques jusqu’à ce que les personnes obtiennent la nationalité. Comme si bien expliqué et documenté tout au long de ces années, la citoyenneté complète l’intégration des personnes résidentes et les lacunes d’intégration que nous pouvons constater sont aussi le résultat du non exercice de ces droits politiques. Face à un système de naturalisation devenant de plus en plus restrictif mettant en exergue principalement des facteurs économiques à l’intégration, les résident-es de ce canton ne peuvent attendre la naturalisation pour porter leur voix. La citoyenneté, elle, telle que voulue par le PL 12441, en ne dissociant plus le droit de vote et d’éligibilité, est le reflet de l’implication et l’intégration de toutes et tous. Cette avancée démocratique ne doit être abandonnée et pourrait le cas échéant, être l’objet de discussions au sujet du lancement d’une initiative.