Non à l’Accord de libre-échange avec l’Indonésie !

Par Michel Zimmermann,
Représentant du PS genevois au sein du comité référendaire

À une confortable majorité, et en opposition au préavis du Comité directeur, l’Assemblée générale du PS genevois s’est prononcée contre l’Accord de libre-échange avec l’Indonésie.

Celui-ci, voulu par le Conseil fédéral, a été attaqué par un référendum – « Stop huile de palme » – soutenu par plusieurs partis, dont les « Verts », diverses ONG et de nombreuses associations ou personnalités se réclamant du combat pour le climat. Le PS genevois a également compté parmi la cinquantaine d’organisations qui ont soutenu la campagne référendaire.

Pour les opposant-es à l’Accord de libre-échange avec l’Indonésie, celui-ci constitue, au compte des intérêts de multinationales de l’agroalimentaire et de l’agroindustrie, un encouragement irresponsable au gouvernement indonésien pour poursuivre sa politique de déforestation massive. Il faut dire que les palmeraies à huile occupent déjà une superficie de plus de 17 millions d’hectares (plus de quatre fois la superficie de la Suisse) arrachés à la forêt primaire.

Pour celle et ceux qui en défendent l’adoption, cet accord de libre-échange avec l’Indonésie serait acceptable car, disent-ils, c’est la première fois qu’un tel accord comprend des chapitres sur la durabilité des normes environnementales et sociales. Selon eux, l’huile de palme concernée par la conclusion de cet accord serait produite en conformité avec un certain nombre de critères et de conditions de production définis pour l’obtention du label RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil). Problème : la vérification des conditions d’obtention de ce label n’est ni contraignante ni soumise à l’appréciation d’une quelconque instance indépendante. C’est du moins ce qu’affirme la Fédération romande des consommateurs qui dénonce la supercherie.

Enfin, outre qu’il implique la destruction irrémédiable d’une biodiversité unique au monde (pensons aux orangs-outans) ; que son contenu ultralibéral favorise les plus forts dans le marché mondialisé et, partant, pénalise la production d’oléagineux européens, il y a un problème de fond : celui des parties contractantes. Lorsque l’on s’apprête à conclure un contrat avec quelqu’un, une entité ou un gouvernement, on y regarde à deux fois. L’Indonésie, gouvernée d’une main de fer par un autocrate, le président Joko Widodo, est sur la liste rouge de la Confédération syndicale internationale (CSI) pour la brutalité de la répression antisyndicale qui s’y pratique. Cela ne constitue pas, loin s’en faut, un gage de durabilité crédible.

C’est pourquoi, le 7 mars prochain, ce sera un grand NON à l’Accord de libre-échange avec l’Indonésie !