Loi COVID : préservons les acquis

Christian Dandrès,
Conseiller national

« Nous ne voulons pas d’une société à deux vitesses ». Ce slogan ne concerne pas l’abysse existant entre les 37 milliardaires de Suisse (123 milliards de fortune) et les presque 800 000 pauvres mais le certificat sanitaire. Après avoir refusé de soutenir sérieusement les salarié-es, les petit-es indépendant-es et les familles frappé-es par la crise du Covid-19, l’UDC continue sur sa lancée pour casser les quelques avancées obtenues par la gauche aux Chambres fédérales.

Officiellement, l’UDC et les référendaires ne combattent pas ces avancées, mais le traçage-contact et le certificat Covid. En cas de refus de la loi Covid-19 cependant, ce sont elles qui tomberont soit celles prévues jusqu’au 31 décembre 2021 :
→ suppression du préavis pour la RHT,
→ soutien aux entreprises culturelles,
→ mesures dans le domaine du sport ;

celles prévues jusqu’au 30 avril 2022 :
→ soutien aux manifestations publiques ;celles prévues jusqu’au 31 décembre 2022 :
→ allongement possible de la durée maximale d’indemnisation du chômage,
→ soutien aux institutions d’accueil extra-familial gérées par les cantons et les communes,
→ possibilité pour le Conseil fédéral d’acheter ou de faire produire des médicaments ;

celles prévues jusqu’au 31 décembre 2023 :
→ prolongation de 66 jours les délais-cadres d’indemisation et de cotisation du chômage.

Le Parlement ne pourrait pas rétablir ces mesures en cas de refus par le peuple, ou ne pourrait le faire à temps, pour autant qu’une majorité parlementaire le veuille.

Après la votation de juin dernier, un OUI à la loi Covid-19 est donc à nouveau nécessaire le 28 novembre 2021.

La campagne sera difficile, alors que l’extrême droite mobilise autour de slogans libertariens.

La gauche doit mener la bataille avec ses revendications en faveur du service public et de la liberté. La crise sanitaire a rappelé que la santé et les soins sont des droits fondamentaux. Or, sous prétexte de réduire les coûts, les hôpitaux de service public sont mis en coupes réglées et soumis à la concurrence déloyale des cliniques privées, qui paient moins les salarié-es et sélectionnent les prestations et les cas. L’initiative sur les soins infirmiers propose d’améliorer les conditions de travail. La gauche doit saisir cette occasion pour desserrer l’étau qui étouffe les soins, en profitant de la sympathie de la population pour les travailleur-euses de la santé.

La préservation des libertés publiques est tout aussi fondamentale, même s’il faut dans ce domaine lutter à contre-courant. Le certificat sanitaire pèse peu par rapport aux pouvoirs extraordinaires donnés à la police et à l’administration avec la loi sur le renseignement et les mesures anti-terroristes acceptées récemment.