NON aux cadeaux fiscaux pour les familles aisées

Par Romain de Sainte Marie
Député au Grand Conseil

Augmenter la déduction fiscale pour les enfants est un cadeau empoisonné « offert » par les partis de droite. La barque est bien trop pleine et elle risque de couler lors de prochaines votations. En plus de l’augmentation de la déduction fiscale liée aux frais de garde d’enfant, PDC, PLR et UDC, aux chambres fédérales, ont alourdi la facture en rehaussant la déduction générale pour les enfants de 6’500 CHF à 10’000 CHF. Résultat, le projet ne coûtera pas 10 millions de francs, comme initialement prévu, mais 350 millions de francs. De quoi s’attirer l’opposition, au-delà de la gauche, du Conseil fédéral.

Alors, à qui bénéficieront ces déductions ? Certainement pas aux 45 % des familles en Suisse qui ne peuvent pas payer d’impôt fédéral direct par manque de moyens. Mais davantage aux familles les plus aisées. Cette mesure profitera surtout aux familles dont le revenu est supérieur ou égal à 150’000 CHF. Les déductions seront encore plus importantes pour les revenus à partir de 300’000 CHF ou plus. Sur les 350 millions de francs de pertes fiscales, 250 millions seront versés aux 22 % des familles les plus fortunées. Cette réforme est socialement injuste !

Aujourd’hui, pour aider les familles, il est bien plus utile de créer et de mettre à disposition davantage de places de crèches ou d’augmenter l’accueil parascolaire pour toutes et tous, plutôt que d’effectuer des déductions fiscales pour les plus fortuné-e-s. Avec cette nouvelle déduction, c’est le pire des scénarios ! Les rentrées fiscales baisseront, y compris pour les cantons (70 millions de francs), les moyens investis pour la petite enfance ou la formation diminueront. Il n’y a pas de miracle, quand on coupe dans les impôts, on coupe inévitablement dans les prestations publiques.

Dès lors, cette mesure ressemble davantage à un cadeau fiscal pour les plus aisé-e-s qu’à une aide pour les familles. Pire : une grande partie de celles-ci subiront les coupes liées aux pertes fiscales.

C’est également un coup dur en matière d’égalité car ce ne sont pas des déductions fiscales qui aideront à pouvoir conjuguer vie professionnelle et vie familiale. Les premières victimes seront donc une fois de plus les femmes qui s’occupent encore majoritairement des enfants et font souvent une croix sur leur activité professionnelle. Investir dans des structures d’accueil serait bien plus efficace en matière d’égalité !

Pour une politique familiale digne de ce nom et pour éviter d’offrir un cadeau fiscal aux plus favorisé-e-s, votez NON le 27 septembre prochain à la déduction fiscale des frais de garde des enfants par des tiers.