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OUI à l’initiative pour un pilotage démocratique de l’aéroport!

Lisa Mazzone
Conseillère aux États élue, présidente de la CARPE

Près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre de notre canton : c’est ce que représente le trafic aérien de notre aéroport. Alors que l’urgence climatique fait toujours plus de dégâts, les prévisions de développement de l’aéroport explosent.

À l’horizon 2030, on parle de 7 millions de passagères et passagers annuels supplémentaires, pour atteindre les 25 millions, et de 20% de vols supplémentaires. Pourtant, l’aéroport a déjà connu une croissance effrénée. Au tournant du siècle, il n’accueillait encore que 7 millions de personnes par année. Depuis, les nuisances pèsent toujours davantage sur le quotidien. Si les avions font moins de bruit qu’il y a vingt ans, l’augmentation des pics de bruit induite par la fréquence des vols a des effets néfastes avérés sur la santé. La qualité de l’air se dégrade également aux abords de l’aéroport, pendant qu’elle s’améliore au centre-ville. En résumé, les efforts réalisés en matière de mobilité et de bâtiments sont gâchés par le développement de l’aéroport – en matière de pollution, comme en matière de climat. Le seuil d’intolérance est atteint, en tout cas pour les milliers d’habitantes et habitants touché-e-s par les nuisances.

Reprenons la main
Née d’une collaboration entre les riveraines et riverains et les associations environnementales, l’initiative de la CARPE vise à donner une mission claire à l’aéroport. En tant que propriété du canton de Genève, il doit veiller à assurer l’équilibre entre la limitation des nuisances et son rôle pour la vie économique et sociale, notamment pour la Genève internationale. L’État doit ainsi prendre des mesures pour limiter les nuisances et assurer que l’aéroport reste compatible avec nos objectifs en matière de santé, d’environnement, de climat et d’aménagement du territoire, alors que le bruit rend toujours plus de terrains inconstructibles. Boîte noire aux multiples scandales, notamment en raison de mauvaises conditions de travail, l’aéroport doit enfin devenir transparent sur son orientation et son action, non seulement vis-à-vis du parlement, mais aussi des communes.

Quant à lui, le contre-projet adopté par la majorité de droite du Grand Conseil n’a rien d’un compromis. En trompe-l’œil, il s’applique en réalité à décrire la situation actuelle, insatisfaisante. Bénéficiant d’un large soutien, l’initiative remettra un pilote démocratique dans l’avion.

 

  • 52 millions: Ce sont les coûts pour la santé engendrés par l’activité de l’aéroport aujourd’hui (étude de Noé21). Ces coûts passeront à 72 millions en 2030 si l’aéroport continue sa croissance effrénée.
  • 26 millions: C’est le nombre de passagers annuels qui prendront l’avion à Genève en 2030, selon les prévisions du Plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique (PSIA)
  • 650 : C’est le nombre de vols quotidiens prévus en 2030, selon le PSIA, soit un atterrissage ou un décollage toutes les 90 secondes, 18 heures sur 24.

 

 

L’IN 163 vue du sommet de l’aéroport

 

Interview de Michel Fabre,
Représentant du PS genevois au CA de l’Aéroport de Genève
Propos recueillis par Frédérique Bouchet

 

Comme les autres grandes régies publiques, le Conseil d’administration (CA) de l’aéroport est notamment composé de représentants des forces politiques présentes au Grand Conseil. Les conseils administratifs des communes riveraines, des membres du personnel ainsi que des délégués du Conseil d’État y sont également représentés. C’est Michel Fabre qui représente le Parti socialiste depuis le début de l’année 2019. Il a donc eu l’occasion d’assister aux discussions en lien avec l’initiative pour un pilotage démocratique et de suivre les débats « de l’intérieur ».

Comment l’initiative est perçue au sein de l’aéroport ?
L’initiative est perçue comme dangereuse. Ce que l’Aéroport craint le plus, c’est la perte d’autonomie et le contrôle par le Grand Conseil.

Concrètement, qu’est-ce que ça va changer pour l’aéroport ?
L’initiative est née du PSIA, qui prévoit des projections de trafic alarmantes pour 2030. Depuis deux ans, les mouvements semblent stagner et les prédictions du PSIA ne se concrétiseront vraisemblablement pas. C’est toutefois une initiative qui fait craindre à l’aéroport que le politique prenne le pas sur l’opérationnel et que l’aéroport fasse les frais des dissensions politiques qui peuvent exister dans un parlement.

Est-ce que l’aéroport va faire campagne contre l’initiative ?
En tant que régie publique, l’aéroport n’a pas le droit de faire de communication politique. Il ne peut donc pas mener de campagne de communication qui indique directement la façon de voter. Les membres du Conseil d’administration restent libres de leurs prises de positions publiques.

Quelles sont les relations de l’Aéroport de Genève avec les communes riveraines ?
Les communes riveraines sont représentées dans le Conseil d’administration de l’aéroport. Elles sont pratiquement toutes favorables à l’initiative, avec l’espoir qu’elle permettra de faire diminuer les nuisances liées à l’exploitation de l’aéroport.

Quelle est l’ambiance au sein du Conseil d’administration de l’aéroport de Genève ?
La gauche est très minoritaire ! Mais les discussions sont nourries, l’ambiance est bonne et nous avançons de façon constructive.

Que vas-tu voter le 24 novembre ?
Je reconnais que l’aéroport a fait des efforts pour réduire les nuisances liées à son exploitation, notamment au niveau du bruit, avec par exemple avec un contrôle plus strict des vols nocturnes. Mais en tant que socialiste, c’est naturellement OUI que je vais voter, ne serait-ce que pour se prémunir d’une éventuelle évolution vers plus de nuisances. Un meilleur contrôle démocratique ne peut qu’apporter du positif dans le pilotage d’une régie publique.

 

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