Protégeons le financement des services publics

Par Caroline Marti,
Vice-présidente du PS genevois
Députée au Grand Conseil

L’initiative Zéro pertes a été lancée par les syndicats et les partis de l’Alternative pour contrer les conséquences négatives de la réforme de l’imposition des entreprises sur les finances, prestations et services publics.

Outre l’affirmation de principes généraux tels que la progressivité de l’impôt et la lutte contre la concurrence fiscale intercantonale, cette initiative prévoit que toute réforme fiscale se fasse sans perte de recette pour l’État, de manière à assurer le maintien des prestations et services publics.

Si ces revendications ont toujours fait partie de l’ADN politique du PS, elles prennent aujourd’hui une résonnance particulière.

La crise sanitaire et les mesures de semi-confinement auront un impact considérable sur les finances publiques. On s’attend non seulement à des augmentations massives des charges mécaniques (aide sociale, subsides…) et des charges liées à l’épidémie (prise en charge des patient-e-s, soutien aux travailleur-euse-s et aux entreprises) mais également à des baisses importantes des recettes fiscales. A cela s’ajoute l’impérieuse nécessité d’augmenter les moyens de lutte contre la hausse des inégalités occasionnée par la crise (p. ex. lutte contre le décrochage scolaire) et d’augmenter les investissements publics pour relancer l’économie.

Or, la droite majoritaire, après avoir obtenu les aides financières de soutien à l’économie, s’empresse de refermer les robinets lorsqu’il s’agit de soutenir les travailleur-euse-s précaires. Opposée à toute hausse d’impôts, elle dégaine au contraire toute la panoplie d’exonérations fiscales sous couvert de COVID. Arc-boutée sur le principe illusoire et inutile d’une maîtrise de la dette, elle s’apprête à mener une politique d’austérité budgétaire dévastatrice pour les prestations, les services et la fonction publics.

La crise sanitaire a créé un effet d’aubaine pour une droite qui n’attendait que cette occasion pour passer la vitesse supérieure du démantèlement des services publics. J’en veux pour preuve le projet de loi du PLR qui, après avoir refusé d’augmenter les postes au SPAd, souhaite aujourd’hui externaliser une partie des activités de ce service auprès de fiduciaires privées, sous prétexte qu’il n’arrive pas à traiter les dossiers dans les temps (ça alors !). Il s’agit d’un cas d’école illustrant parfaitement le projet politique du PLR et qui risque, vu le contexte, de se reproduire ces prochaines années. Pour l’éviter, nous devons assurer le maintien des recettes fiscales, objectif de l’initiative Zéro pertes. Mais nous devons également proposer de nouvelles recettes, ce sur quoi travaille actuellement la commission fiscalité du PS genevois. Nous devons finalement militer pour un plan de relance économique par l’augmentation des investissements publics dans la transition écologique et accepter un important déficit pour assurer le financement des prestations et des services publics.