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Urgence climatique : responsabilité et actions des villes suisses

Sami Kanaan
Conseiller administratif de la Ville de Genève, Vice-président de l’Union des villes suisses

Courant 2019, l’urgence climatique a été déclarée en Suisse notamment dans les villes de Berne, Thoune, Lucerne, Yverdon, Delémont ou Bâle. Ces déclarations symboliques doivent aboutir à la définition d’objectifs précis ainsi qu’à la mise en œuvre immédiate de catalogues de mesures concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique.

À Genève, j’avais convaincu mes collègues de l’exécutif de déclarer avec le Conseil municipal cette urgence en mai 2019. La ville va désormais traiter de manière prioritaire les objets qui atténuent le changement climatique et ses effets. Le Conseil administratif travaille intensément à un plan environnement, réunissant climat et biodiversité, qu’il présentera d’ici la fin de l’année, ainsi qu’à un rapport détaillant les actions déjà entreprises et les mesures à prendre pour les intensifier et les renforcer.

Viser une stratégie globale
Ces défis sont les mêmes pour les autres villes. C’est pourquoi, sur le plan fédéral, avec mes homologues de Zurich et Lausanne, nous avons proposé au Comité de l’Union des villes suisses (UVS) de développer des démarches coordonnées. Il se positionnera prochainement sur la définition d’une politique climatique commune à l’ensemble des villes suisses.

Ce travail collectif se base sur l’existant, par exemple les 22 mesures de la Ville de Berne ou le plan climat de Lausanne qui prévoit des actions à court terme, ainsi que, d’ici à fin 2021, une analyse et un recensement de ce qu’il faudra entreprendre pour atteindre un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2030. De plus, un renforcement de l’Alliance pour le climat suisse est envisagé et des discussions sur la création d’un observatoire et le développement de politiques transversales sont en cours.

Expérience et exemplarité des villes
Bien sûr, ces engagements ne doivent pas se substituer aux révisions législatives fédérales, notamment celle sur le CO2. Il est néanmoins primordial de s’appuyer sur l’expérience et l’exemplarité de nos villes. Non seulement parce qu’elles rassemblent la plus grande part de la population suisse, mais aussi parce que face à une majorité de droite au parlement jusqu’à aujourd’hui, elles sont les bastions de l’opposition et les laboratoires de politiques innovantes et progressistes. Il est temps d’agir face à cette crise et d’évaluer lors de chaque décision politique son impact sur notre environnement.

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