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À la Une

14.09.2021

Les enjeux de l'initiative 99%

Christian Dandrès, Conseiller national

L’initiative 99% propose une meilleure redistribution des richesses, en augmentant l’imposition du revenu du capital, lorsque celui-ci dépasse un certain seuil, et avec un taux d’imposition 50% plus élevé que celui qui s’applique pour les revenus du travail salarié. Les montants ainsi obtenus doivent servir à baisser l’impôt des travailleur-euses et à augmenter les prestations à la population, comme par exemple l’accueil extra-familial, le soutien aux aîné-es, la politique sociale du logement.

Cette initiative s’inspire[1] des propositions d’économistes qui ont été thématisées durant la dernière campagne pour la présidence des USA par Bernie Sanders et Elizabeth Warren. Si elle ne règle pas la question des rapports de production fondés sur l’exploitation de millions de travailleur-euses dans le monde et qui menacent les conditions de la vie sur la planète[2], elle met cependant en lumière les conséquences de trois décennies de néo-libéralisme, à commencer par la gigantesque concentration des richesses. Une poignée de multimilliardaires amassent des fortunes jamais atteintes dans l’histoire alors que plus de 800 millions d’hommes, femmes et enfants sont sous-alimentés[3] dans le monde.

La Suisse compte 735 000 personnes pauvres, qui ne parviennent pas à couvrir leurs besoins fondamentaux, tandis que 1,32 millions de personnes sont menacées de pauvreté[4]. Un rappel pour apprécier ces chiffres : le seuil de pauvreté est de 2219 francs par mois pour une personne seule, de 4031 pour une famille de quatre. A l’autre bout de la chaîne, la Suisse voit le nombre de milliardaires augmenter et, surtout, leur fortune exploser. Leurs richesses accumulées étaient[5] de 123,5 milliards de francs en 2020.

Depuis des années, la droite impose des sacrifices à la population, surtout dans le domaine des assurances sociales, mais aussi en réduisant ou en n’adaptant pas le service public au besoin des usager-ères. C’est le cas dans des domaines aussi essentiels que le logement, l’accueil extrafamilial des enfants, les soins, etc.

Ces sacrifices ont permis des baisses d’impôts en faveur des plus riches. Ce mouvement n’en finit pas. En juin, la majorité de droite au Parlement fédéral a supprimé le droit de timbre d’émission. C’est environ 250 millions de francs de cadeaux en faveur des actionnaires. Et ce n’était que la première tranche d’un projet plus vaste que le Parlement s’apprête à concrétiser, avec la suppression complète du droit de timbre (2,2 milliards de francs), celle de l’impôt anticipé (170 millions au moins) et la suppression des droits de douanes sur les produits industriels (500 millions de francs).

A terme, c’est 2,2 milliards de francs qui manqueront pour financer les politiques publiques. La majorité de droite à la Commission de l’économie et des redevances, qui débat ou a débattu de ces projets, est parfaitement consciente des effets sociaux de cette politique. Elle y répond avec la sempiternelle rengaine de l’emploi et appelle religieusement à croire aux mécanismes du marché : « Enfin, si la réforme engendrera des pertes financières temporaires, la majorité est toutefois persuadée qu’elle sera autofinancée à moyen terme en raison de la création d’emplois dans notre pays qui en résultera. »[6]

Une étude[7] vient à point nommé pour rappeler que la foi n’est pas toujours performatrice, que le bonheur des actionnaires ne fait que rarement celui des salarié-es et de la majorité de la population. Cette étude montre que depuis la deuxième réforme de la fiscalité des entreprises (2011), 10 milliards de francs nets d’impôt ont été versés chaque année aux actionnaires et que cet argent n’a pas été réinvesti dans l’appareil productif. A noter que depuis la même période, des capitaux ont afflué massivement dans l’achat d’immeubles, créant une bulle spéculative dans certaines agglomérations comme Genève, qui se reporte sur les locataires. Ces baisses d’impôts peuvent nuire deux fois à la population, en induisant des coupes dans le service public et des contre-réformes des assurances sociales (AVS 21 notamment[8]), et en participant à la hausse des loyers et des prix des logements.

Le 26 septembre, votons OUI à l’initiative 99%.

 

[2] Pour une approche critique, cf. A. Bihr, M. Husson, Thomas Piketty, une critique illusoire du capital, éditions Page 2 et Syllepse, 2020.
[8] Une des raisons invoquées par le Conseil fédéral pour justifier cette contre-réforme est la volonté de réduire la part de la Confédération dans le financement de l’AVS.

07.09.2021


Enfin une réponse concrète à l'urgence climatique

Grégoire Carasso, député au Grand Conseil

La Constitution genevoise se prépare à accueillir un nouveau monopole cantonal en son sein (art. 168). En effet, à une très large majorité (opposition PLR), le Grand Conseil a voté vendredi 3 septembre 2021 deux lois prévoyant d’octroyer aux Services Industriels de Genève (SIG) la responsabilité de déployer une vaste infrastructure sur notre territoire. Le peuple se prononcera à l’horizon 2022.

Ce dispositif est une pièce maîtresse pour répondre à l’urgence climatique grâce à la transition énergétique. De quoi parle-t-on ? Avec un colossal investissement public de quelque quatre milliards, à la charge des SIG, l’objectif est de construire un réseau de 250 km d’autoroutes énergétiques. Ces artères vont distribuer du chaud et du froid sur l’ensemble des grands axes du Canton, pour se connecter ensuite aux réseaux capillaires (dits secondaires) qui, eux, restent en situation de pleine concurrence et s’appuient sur les entreprises privées locales.

La carte en lien ci-dessous permet de prendre la mesure du défi. Grâce à ce déploiement, Genève vise 80% d’énergies renouvelables en 2030. Le groupe socialiste a voté avec d’autant plus de conviction ce dispositif que nous avons pu l’améliorer sous deux angles : la gouvernance (transparence et cadrage) d’une part, et le prix d’autre part, afin d’assurer que cette réalisation ne se fasse pas sur le dos des locataires.
Ainsi, ce projet incarne assez idéalement, à mes yeux, notre capacité collective à relever des défis environnementaux avec la recette suivante : investissements publics, tissu économique local et protection des droits sociaux.

http://ge.ch/grandconseil/data/texte/PL12895A.pdf
https://www.ge.ch/document/22488/annexe/21

31.08.2021

Répondre à l'appel de la jeunesse

Caroline Marti, cheffe de groupe socialiste au Grand Conseil

Depuis des mois, des milliers de jeunes ont pris la rue pour défendre le climat, lutter contre l’extinction de masse des espèces, revendiquer une égalité de fait entre femmes et hommes, lutter contre le racisme, et parfois, crier leur frustration, leur colère, leur incompréhension face à l’inertie de décisions politiques qui n’arrivent pas assez vite face à des menaces qui les concernent au premier chef. La crise du COVID a laissé entrevoir l’espoir d’une prise de conscience globale constituant le déclic pour construire une société plus résiliente, plus sociale et plus durable, espoirs exprimés à travers le slogan « pas de retour à l’anormal ». Mais cette crise du COVID n’a toutefois pas épargné les jeunes, accroissant les inégalités, bouchant leurs perspectives, dénouant leurs liens sociaux, les affectant dans leur santé physique et psychique.

Les aspirations, les revendications mais aussi les besoins des jeunes sont innombrables. Pour y répondre, le Parti socialiste genevois a élaboré un papier de position sur la politique de la jeunesse qui sera débattu lors du Congrès du 4 septembre. À travers ce document, le PS genevois tient à faire valoir une perception résolument optimiste de la jeunesse et à mettre en lumière toutes les facettes de l’engagement des jeunes qu’il convient de valoriser.
Les propositions contenues dans ce papier de position visent à réduire les inégalités et à assurer l’autonomie (financière, intellectuelle, familiale) des jeunes pour leur offrir les possibilités d’émancipation, d’autodétermination et de liberté de choix dans une période de transition cruciale de leur parcours de vie.
Mais il ne faut néanmoins pas occulter les diverses difficultés que certain-es d’entre elles et eux peuvent rencontrer ponctuellement ou structurellement qu’il convient aujourd’hui d’identifier afin d’y répondre. En définitive, le but de la politique de la jeunesse du Parti socialiste genevois est d’assurer à tou-tes les jeunes, de traverser cette phase de vie de manière sereine et épanouissante.

24.08.2021


Prêt-es pour la rentrée après la 1ère inspirante et fédératrice Université socialiste d’été !

Eloisa Gonzalez Toro, pour le groupe d'organisation, membre du Comité directeur 

 

70 camarades genevois-es se sont réuni-es au Grand-Saconnex, accueilli-es par son Maire Michel Pomatto, pour travailler sur plusieurs enjeux d’avenir. Actuel-les et ancien-nes élu-es, nouveaux camarades ou jubilaires de longue date, nous avons travaillé avec plaisir et motivation dans une ambiance constructive et chaleureuse.

4 ateliers, modérés par Lydia, Sylvain, Christian, François et Gilles, ont permis d’aborder les domaines suivants : 1. Social avec Emilie Rosenstein, 2. Économie et emploi avec Giovanni Ferro Luzzi, 3. Aménagement du territoire / construction de logements avec Luca Pattaroni et 4. Santé avec Simon Zurich.

Dans le premier atelier, Emilie Rosenstein est partie des conséquences sociales de la crise sanitaire pour aborder les inégalités souvent cumulées. L’arrêt du marché du travail durant cette crise a fait ré-émerger la notion de démarchandisation fondatrice des politiques sociales. Celles-ci sont là pour octroyer un soutien décent, une aspiration à changer à chacun-e et pas uniquement pour les insérer dans l’emploi.

L'atelier économie et l’emploi a abordé les questions relatives au marché du travail genevois, aux secteurs d’emploi, répartition des actifs sur le territoire et au chômage et ses causes. Les questions d'inégalités que génèrent le marché du travail ont également été discutées.

Dans le 3e atelier, nous avons discuté de la fin des consensus sur les grands projets d’aménagement, la manière dont il faut repenser la production du logement et le développement de la ville tout en luttant contre la spéculation. La réflexion s’est articulée notamment autour de la nécessité de répondre aux besoins sociaux, en particulier se loger à des loyers abordables, tout en respectant les aspirations des habitant-es, les contraintes environnementales et l’impact sur la mobilité, y compris en termes genrés.

Enfin, dans l’atelier sur la santé 4 axes ont été discutés: l’intérêt des patient-es, les coûts de la santé, son financement et sa qualité. Les coûts payés par les citoyen-nes sont trop élevés. Les enjeux liés aux moyens d’action publiques, à la transparence et surveillance des caisses, mais aussi à la qualité des soins, à la prévention, au renoncement aux soins ou encore au dossier électronique ont été abordés.

Après réalisation d’un bilan de cette journée, les réflexions et le travail se poursuivront dans les commissions thématiques du parti dans ces domaines ainsi que sur les questions d’éducation afin, notamment, d’alimenter nos réflexions pour l’élaboration du prochain programme de législature cantonale.

18.08.2021

Campagne : Mettre fin à la discrimination des primes – assurance automobile

Helena Verissimo de Freitas, députée et Vice-présidente du PS Migrant-es

« Le jour où j’ai été naturalisé, j’ai vu ma prime soudain réduite de 800 francs. C’est comme si mon passeport suisse faisait de moi une autre personne ». Arber Bullakaj, membre du comité directeur du PS Migrant-es.

Cela peut paraître surprenant mais selon une étude comparis les personnes de nationalité étrangère payent plus cher leur assurance automobile. Les ressortissant-es des Balkans et de la Turquie sont les plus fortement touché-es. En effet, une surprime de 60% en moyenne leur est facturée.

Cette pratique est discriminatoire, arbitraire et scandaleuse. En quoi notre passeport influence-t-il notre conduite? Est-ce que bientôt notre couleur de peau influencera également nos primes d’assurance ? Camarades, restons vigilant-es.

Des interventions parlementaires à Berne sur cette question ont été rejetées par le Conseil fédéral, en faisant appel à la sacro-sainte liberté économique.

Voilà encore une discrimination crasse qu’il faut combattre. C’est pourquoi le PS Migrant-es a lancé une campagne pour y mettre fin.

Participe toi aussi à la campagne https://stop-discrimination-primes.ch en adressant un courriel aux compagnies d’assurance.

 

13.07.2021

Fiscalité immobilière: pour un minimum de justice!

Christian Dandrès, Conseiller national

Depuis 3 ans, la droite se démène pour maintenir une niche fiscale de 220 millions de francs en faveur de certains propriétaires. Elle s’apprêtait à gagner la partie grâce à une habile manœuvre de Mme Fontanet. La démission de Pierre Maudet et l’élection complémentaire pourraient changer la donne.

Bref rappel des faits. La Confédération exige que la fortune immobilière soit imposée à sa valeur vénale, qui a augmenté ces dernières années : + 19,3% pour les villas et + 25,9% pour les PPE entre 2008 et 2017. Les milieux immobiliers ont réussi à faire bloquer cette valeur à son niveau de 1964, avec quelques ajustements. En 2018, ils ont tenté leur va-tout lorsque le Conseil d’État a proposé de revoir forfaitairement ces valeurs, en creusant la niche fiscale et en la bloquant sur 10 ans (1). La justice a été saisie. Elle a constaté que la loi votée par cette majorité (LEFI) était illégale et a invité les autorités politiques à agir (ACST/42/2019 (2)). Mme Fontanet a alors fait preuve d’habileté tactique en préparant un paquet ficelé mêlant réévaluation fiscale des immeubles et en particulier une réduction linéaire de l’impôt sur la fortune (15% soit 94,8 millions de francs par an (3)). Elle n’a pas fait mystère de son objectif politique : « Cela nous permettra de gagner en attractivité pour les gros contribuables »(4). On ne saurait mieux dire puisque cette nouvelle baisse d’impôt profiterait au 1% des plus riches. Pour rappel, 85% des personnes qui ne sont pas propriétaires d’un bien immobilier ne paient pas d’impôt sur la fortune, tandis que les 14% restant obtiendraient avec le projet de Mme Fontanet une réduction d’impôt de 200 francs seulement par an en moyenne.

En utilisant l’instrument du paquet ficelé, la droite s’assure de sortir gagnante quoi qu’il arrive : si le projet était refusé par le Grand Conseil, la niche fiscale pourrait subsister, s’il était accepté, il s’agirait d’un puissant coup de rabot sur les mécanismes de redistribution par l’impôt. Pour l’instant, la majorité de droite au Grand Conseil joue la montre. Chaque année fiscale qui passe est au bénéfice de sa clientèle politique.

La nouvelle majorité Rose-Verte au Conseil d’Etat doit siffler la fin de la partie pour la droite en détricotant le paquet ficelé de Mme Fontanet et en rétablissant sans délai une imposition conforme au droit fédéral et à la Constitution, dans l’attente d’une loi cantonale. La Cour de justice a évoqué cette possibilité : « Le Grand Conseil devra rapidement modifier cette disposition afin de rendre l'art. 2 LEFI compatible avec le principe de l'égalité de traitement et de l'imposition selon la capacité contributive. Dans l'intervalle, il reste la possibilité de remédier à une situation contraire à la Constitution par la voie du contrôle concret de la norme ». Ceci permettrait de ne pas être le jouet de manœuvres politicardes de la droite et de disposer de recettes fiscales pour soutenir la population en cette période de crise, avec des aides et le renforcement du service public.

07.07.2021

Logement: La droite nie la précarité sociale pour protéger ses intérêts financiers

Caroline Marti, Cheffe de groupe socialiste au Grand Conseil

Aujourd’hui, plus de 7'000 personnes sont inscrites auprès des Fondations immobilières de droit public (FIDP) en attente d’un logement subventionné. Et le temps d’attente moyen est de près de 2 ans. En raison des conséquences socio-économique de la crise COVID, il est par ailleurs à craindre que cette liste et le temps d’attente pour un logement d’utilité publique s’allonge encore.

Dans ce contexte, la seule réponse crédible à apporter aux ménages des classes moyenne et populaire pour qu’elles puissent se loger dans des logements abordables, c’est incontestablement d’augmenter le nombre de logements d’utilité publique (LUP).

Or, vendredi dernier, en plénière du Grand Conseil, c’est une toute autre direction qu’une majorité de droite du Grand Conseil a choisi de suivre. En effet, toute la droite s’est ralliée autour d’un projet de loi MCG qui demande de rallonger le temps (de 2 à 5 ans) durant lequel une personne doit résider à Genève avant de pouvoir s’inscrire pour obtenir un logement d’utilité publique.

Très concrètement, ce que tente de faire la droite c’est de réduire le nombre d’ayant-droit à un logement social pour masquer les besoins de LUP et justifier ainsi leur projet politique d’en réduire le nombre au profit des logements en PPE, beaucoup plus lucratifs pour les milieux immobiliers. Évidemment, ce n’est pas en réduisant le périmètre des personnes éligibles à un logement d’utilité publique qu’on règle le problème. On ne fait que masquer la précarité sociale de notre canton et monter les personnes précaires les unes contre les autres. De plus, prolonger le délai d’attente avant de pouvoir obtenir un logement LUP aura pour conséquence un engorgement des structures d’accueil qui se trouvent en amont, soit, les foyers de l’Hospice général et les hébergements à l’hôtel. Mais la bonne droite bourgeoise PLR-PDR n’en a cure et ferme les yeux sur les relents clairement xénophobes de ce projet de loi, car tout est bon pour justifier une réduction du nombre de logements sociaux, en particulier au PAV.

Et c’est peu dire que le devenir du PAV joue un rôle central dans cette sale affaire. De façon très claire, les bruits de couloirs du parlement indiquent que le PDC, initialement défavorable à ce projet de loi, a « dealé » son soutien en échange de l’appui du MCG au projet de loi de la droite pour réduire massivement le nombre de LUP au PAV (de 62% aujourd’hui à 33%). De trop nombreux exemples historiques nous montrent que lorsque ses intérêts financiers sont en jeu, la droite bourgeoise n’a aucun scrupule à s’allier avec l’extrême droite pour protéger ses intérêts. Le vote de cette loi au Grand Conseil n’en est qu’une nouvelle et malheureuse illustration. Pour combattre ce front libéral-populiste, la question du lancement d’un référendum se pose.

29.06.2021

Non au Centre de renvoi du Grand-Saconnex!

Emmanuel Deonna, Député au Grand Conseil

La coalition « Non au centre de renvoi du Grand-Saconnex » a lancé une pétition ayant récolté pour l'instant près de 3000 signatures. Cette pétition est soutenue notamment par les organisations 3ChêneAccueil, Agora, Centre Social Protestant Genève, CUAE, Elisa-asile, Droit de rester Neuchâtel, Les Vert·e·s genevois·e·s, LSDH-Genève, le syndicat SIT, Solidarité Tattes, solidaritéS, SSP Genève et Stopexclusion.

Ce centre fédéral, coincé entre une bretelle d’autoroute et le tarmac de l’aéroport, est prévu pour être une véritable usine à renvoi. Concrètement, les requérant-es d'asile et les réfugié-es seront soumis-es à des nuisances sonores et à une pollution de l’air dont les valeurs limites sont largement dépassées dans cette zone, avant d’être embarqué-es de force dans des avions dans des conditions absolument inhumaines.

Comme le rappelle Solidarité Tattes dans un récent communiqué, les principaux médias suisses ont récemment communiqué au sujet des graves violations des droits humains qui ont lieu dans les centres fédéraux d’asile : sanctions arbitraires, obstacles inadmissibles à l’accès aux soins médicaux, violences, insultes et comportements racistes de la part des agents de sécurité. Amnesty International évoque, dans son rapport de mai 2021, des actes assimilables à de la torture. Ces faits ne sont pas des actes isolés. Les témoignages malheureusement affluent.

Les membres et sympathisants du PS genevois se mobilisent pour dénoncer les violations massives de droits humains ainsi que les appels à la haine contre les migrant-es et les minorités que l'on observe partout dans le monde : Tibet, Xinjiang, Syrie, Palestine, Birmanie, Colombie, Pérou, Hongrie, etc. Vivant dans des conditions de maltraitance et de semi-détention indignes, les requérant-es d'asile finissent très souvent chez nous par sortir du système. Des familles entières sont poussées dans la clandestinité et condamnées à l'extrême précarité.

La pétition contre le centre de renvoi du Grand-Saconnex sera bientôt examinée par le Conseil d'Etat et le Grand-Conseil. Merci d'avance de la faire circuler très largement au sein de vos réseaux.
Genève doit cesser ces pratiques indignes et faire enfin respecter sa tradition humaniste.

Signer la pétition

 

22.06.2021

L’espace urbain est un bien précieux

Matthieu Jotterand, Vice-président de l'ATE Genève

En ville, le trafic motorisé individuel est omniprésent. Il génère un bruit important et un certain danger pour les autres modes de transport, à commencer par les piéton-nes. De plus, nombre de ces véhicules fort encombrants et utilisés une petite fraction du temps seulement envahissent notre espace. Une vraie pollution spatiale !

En parallèle, l’urgence climatique est devenue une évidence et nous devons agir maintenant. L’espace urbain est particulièrement concerné en raison des îlots de chaleur qui peuvent facilement se développer.

La réponse genevoise actuelle est insuffisante. Sous prétexte d’un libre choix illusoire du mode de transport, une place démesurée est laissée à la voiture. La vitesse commerciale des transports publics, le confort des piéton-nes ou encore la sécurité des cyclistes en subissent les conséquences.

L’initiative « Climat urbain » propose d’agir de manière directe et sur de multiples aspects. Tout d’abord, elle donne des objectifs chiffrés très clairs. Alors oui, le défi de la mise en œuvre restera entier. Toutefois, il est clairement écrit qu’un fonds doit être créé à cet effet. Mais surtout, l’argent n’est peut-être, une fois n’est pas coutume, pas le nerf de la guerre. En effet, la fameuse « compensation du stationnement » est un blocage bien plus fort de la mobilité à Genève et l’initiative prévoit sa suspension dans le cadre de sa mise en œuvre.

Ainsi, tout au long de sa décennie d’effet, l’initiative permettrait de reprendre 10% de l’espace aujourd’hui dévolu à un mode de transport peu compatible avec la ville du XXIe siècle et d’y développer des aménagements de qualité. La moitié de cette place considérable serait utilisée pour de la végétalisation tandis que l’autre servirait à améliorer différents modes de mobilité climatiquement viables.

10%... il s’agit de l’espace occupé par une bande cyclable dans une rue de largeur moyenne. Ou, toutes les quelques rues, de celui que prend une piste réservée aux transports publics. Pourquoi pas se montrer ambitieux et imaginer recréer un début de ceinture de tramway, par exemple entre Plainpalais et Rive ? Quant à l’espace réservé à la végétalisation, il signifie aussi de beaux espaces pour les piéton-nes. Les quelques places genevoises qui servaient de parkings pour quelques voitures et qui ont été rendues aux citoyen-nes en sont de bons exemples.

« Climat urbain » est un texte qui permet d’envisager la ville différemment, tout en ne bloquant pas son développement : il permet à ce dernier d’être compatible avec son environnement et son siècle, voilà pourquoi nous le soutenons !

Pour celles et ceux qui n’ont pas encore signé, il reste encore l’été pour le faire et, bien entendu, pour convaincre votre entourage de vous imiter !

15.06.2021

AVS 21 : Non à une réforme sur le dos des femmes

Laurence Fehlmann Rielle, conseillère nationale

Le débat au Conseil national a confirmé le funeste projet de stabilisation de l’AVS qui prévoit l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans avec de maigres compensations.

Pendant 6 ans seulement, les femmes nées entre 1959 et 1964 toucheront une rente augmentée de 50.- à 150 francs selon les salaires. Dans leur aveuglement idéologique ultralibéral, les parlementaires de droite ont été sourds aux protestations des femmes, notamment à l’appel des 300'000 personnes qui se sont manifestées contre la réforme. 

Certes, on peut concéder le fait qu’il faut renflouer le fonds de compensation AVS pour tenir compte de l’arrivée à la retraite de la génération du babyboom. Par la suite, la situation se normalisera. Néanmoins, il y a d’autres moyens de renflouer l’AVS sans faire passer à la caisse les femmes qui sont moins payées que les hommes et dont un tiers ne dispose pas d’un 2e pilier. Le fait de porter les cotisations salariales à 0,9% suffirait à passer le cap difficile. Ce serait une manière plus sociale de répartir les cotisations et serait aisément supportable.

L’argument de l’augmentation de l’espérance de vie, notamment chez les femmes (qui reste à démontrer sur la durée) n’est pas recevable. D’abord parce les progrès technologiques doivent servir à améliorer la qualité de vie et non seulement la productivité économique. Un projet de société qui prévoit d’allonger la durée du travail est dépassé. Ensuite, parce que les femmes prennent déjà en charge gratuitement ou de manière faiblement rémunérée la plus grande partie du travail éducatif, des tâches de soins et de soutien aux proches.

Le seul point positif qui a été adopté par le Conseil national est la contribution d’abord de 12 milliards issus des taux d’intérêt négatifs depuis 2015, puis de 1 à 2 milliards par année sur ces mêmes rendements. Mais ce point ne résistera pas au prochain passage du projet au Conseil des États.

Dans ce contexte, le référendum est inévitable et il est essentiel de faire couler ce mauvais projet dans les urnes afin de pouvoir remettre sur le métier une réforme véritablement sociale.

08.06.2021

https://mcusercontent.com/1f47e26e3a6f364d6103b02e9/images/0fac3489-5378-dec7-948d-77c5fa1aaf3e.pngForces progressistes de Genève, unissons-nous !

Helena de Freitas, députée au Grand Conseil

« Toutes les sociétés antérieures, nous l’avons vu, ont reposé sur l’antagonisme de classes oppressives et de classes opprimées. Mais pour opprimer une classe, il faut pouvoir lui garantir des conditions d’existence qui permettent, au moins, de vivre dans la servitude. » Manifeste du Parti communiste, K. Marx et F. Engels, Editions du Progrès, Moscou 1973

Au lendemain de la dernière séance plénière du Grand Conseil, cette citation est d’une actualité fulgurante. Le pauvre est maintenu dans sa pauvreté, le fragile dans sa fragilité. De toute façon, c’est bien la faute du pauvre de l’être, il n’a qu’à y rester, jusqu’à la fin de sa vie.

Le parlement a, en une seule session, refusé une rente-pont pour les personnes proches de l’âge de la retraite[1], refusé une allocation cantonale de rentrée scolaire[2] et accepté la chasse aux fraudeurs à l’aide sociale[3]. Voilà la tendance parlementaire dans laquelle la députation travaille

Le parlement refuse tout ce qui peut apporter une bouffée d’oxygène comme une rente-pont qui éviterait des fins de carrières désastreuses tant sur le plan de la santé et du moral que financier ou une allocation qui aurait soulagé le budget des familles, mis à mal par la crise sanitaire.

Le parlement accepte tout ce qui peut apporter des obstacles supplémentaires dans le parcours du combattant du pauvre. En votant le projet de loi 12635, le parlement entérine le fait que le pauvre est un fraudeur. L’argent public va donc servir à traquer les pauvres pour un retour sur investissement infime.

On le sait, la fraude aux prestations sociales est un phénomène de très faible importance contrairement au phénomène du non-recours aux prestations sociales.  Par méconnaissance d’un système complexe, par peur d’être stigmatisé et disqualifié socialement[4] comme il apparait dans le rapport sur le non-recours de Barbara Lucas.

Ce dernier phénomène a un coût social et sanitaire bien plus élevé pour la société que le coût de la fraude. La prise en charge se faisant trop tardivement, les situations sont trop dégradées et les personnes fragiles. C’est bien de ce côté-là qu’il faut se pencher et investir car oui, l’aide sociale doit maintenant être considérée comme un investissement. Ne doit-on pas se diriger vers une automaticité des prestations ?

Il est, dans tous les cas, temps de changer le regard vis-à-vis de l’aide sociale et de faire en sorte qu’elle soit un tremplin pour sortir de la pauvreté plutôt qu’un marteau qui enfonce encore plus des personnes en situation de précarité et de fragilité.

Forces progressistes de Genève, unissons-nous !

[1] https://ge.ch/grandconseil/data/texte/PL12567A.pdf

[2] https://ge.ch/grandconseil/data/texte/PL12760A.pdf

[3] https://ge.ch/grandconseil/data/texte/PL12635A.pdf

[4] https://www.hesge.ch/hets/recherche-developpement/projets-recherche/en-cours/non-recours-aux-prestations-sociales-geneve

01.06.2021

https://www.ps-ge.ch/wp-content/uploads/2019/12/antille.pngLe 13 juin, c’est un grand OUI pour des infrastructures publiques essentielles

Guylaine Antille, Conseillère administrative à Bernex

La modification de zone de la Goutte St-Mathieu s’intègre dans le plan directeur de quartier Bernex-Est, adopté en avril 2017 par le Conseil d’Etat. Ce projet global prévoit, outre 1600 logements, la création d’infrastructures cantonales et communales, au lieu-dit la Goutte St-Mathieu.

La Goutte St Matthieu, parcelle enclavée entre la bretelle d’autoroute, la route de Chancy et le nouveau quartier de St-Matthieu est destinée à accueillir de l’équipement public indispensable :

  • Un centre de formation professionnel
  • Un cycle d’orientation
  • Des salles de sport mutualisées pour les associations communales
  • Un équipement socio – culturel accueillant une maison de quartier et une école de musique.

Cette zone constitue un élément essentiel du quartier de Bernex – Est et jouit d’une excellente desserte en transports publics.

A l’heure où l’importance des métiers de la santé n’est plus à démontrer, où le manque de place dans les cycles d’orientation est criant, où toutes les infrastructures permettant de renforcer le lien social s’avèrent essentielles, je vous invite à voter OUI à ce déclassement, raisonnable et raisonné. Pour la commune de Bernex,  la création de places de travail sur son territoire est aussi nécessaire : ainsi ces nouveaux revenus fiscaux nous permettront d’accompagner au mieux un développement urbanistique important.

25.05.2021

Une année pour la jeunesse

Diego Esteban, président du Grand Conseil genevois

Jeudi dernier, le Grand Conseil a pour la première fois confié sa présidence à une personne de moins de 30 ans. Une marque de confiance qui me touche tout particulièrement, étant le premier de ma famille à naître à Genève, et naturalisé il y a moins de six ans. J’accède donc à la fonction de « premier citoyen » du canton prêt à en affronter les défis, et remercie chaleureusement les camarades qui m’ont soutenu ces derniers mois.

La démocratie genevoise, si elle est certes perfectible, reste un modèle de proximité et d’ouverture. Elle constitue une solide base permettant de construire des solutions pour la renforcer, raison pour laquelle je veux faire de l’encouragement à la participation civique une priorité de ma présidence. Une démocratie n’est rien sans le peuple, qu’il exprime sa voix dans l’urne, dans la rue ou à travers ses représentant·es dans les institutions. Sa participation doit donc être encouragée et entretenue, et les liens entre le peuple et les élu·es renforcés.

Si cette année de présidence sera marquée une fois de plus par la crise sanitaire, elle devrait surtout franchir une étape historique : le retour à l’Hôtel-de-Ville. Nous disposions auparavant d’un parlement « à l’anglaise », rectangulaire, propice aux affrontements gauche-droite. L’architecture de la salle rénovée est pensée pour favoriser des débats plus sereins, avec un hémicycle dans lequel règneront la lumière, le bois et une pierre bleutée. Je me réjouis de pouvoir vous y accueillir dès décembre !

18.05.2021

Non à une loi d’exception arbitraire, dangereuse et inutile

Camilla Natali, avocate

Le 13 juin 2021, le peuple suisse se prononcera sur la Loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme (« LMPT »).
Sous couvert de lutte contre le terrorisme, la loi donne la compétence à la Police fédérale (« FedPol ») de prononcer diverses mesures préventives liberticides (surveillance électronique, interdiction de contact, interdiction de périmètre, assignation à une propriété, etc.) afin d’empêcher le passage à l’acte d’un futur « potentiel terroriste ».

Cette loi est critiquable pour les raisons suivantes :

  • Absence de définition concrète du terme « potentiel terroriste » laissant place à une application arbitraire de la loi.
  • Compétence de FedPol de prononcer des mesures liberticides à l’encontre de personnes n’ayant commis aucun acte répréhensible, faisant fi des garanties fondamentales inhérentes à tout État de droit et prévues par la Constitution fédérale et la CEDH, notamment la présomption d’innocence.
  • Possibilité de prononcer des mesures inappropriées visant des enfants dès l’âge de 12 ans sans que ces mesures ne soient revues par un Tribunal des mineurs, en violation de la Convention relative aux droits de l’enfant.

Contrairement à ce qu’affirment les partisans de la loi, celle-ci n’apparaît pas appropriée dès lors qu’il existe déjà en Suisse des instruments pour lutter efficacement contre une éventuelle menace terroriste :

Sur le plan pénal : il existe des dispositions réprimant les actes préparatoires délictueux en vue de commettre un meurtre, un assassinat ou une prise d’otage, ainsi que des dispositions réprimant le financement du terrorisme.
Par ailleurs, la participation à une organisation criminelle, telle qu’Al-Qaïda, l’État islamique ou autre est interdite et peut conduire à de lourdes peines.
Cet arsenal sera du reste renforcé dès le 1er juillet 2021 avec l’adoption de l’art. 260sexies CP visant à réprimer le recrutement, les voyages et les entraînements à des fins terroristes.
Toute personne contrevenant à ces interdictions peut être arrêtée et détenue, y compris en cas de menace de passage à l’acte.

Sur le plan du renseignement et sur le plan social : le Service de renseignement de la Confédération dispose de moyens importants pour déceler et prévenir efficacement les menaces terroristes, tandis que le Plan d’action national de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent prévoit des mesures préventives sociales utiles et adéquates.

Pour toutes ces raisons, le Parti socialiste recommande de voter NON à la LMPT !

11.05.2021

Un double OUI contre les pesticides !

Pierre-Louis Schmitt, Président de la Commission de l’environnement et de l’énergie

Le 13 juin prochain, nous voterons sur les initiatives « Pour une eau potable propre et une alimentation saine » et « Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse ». Ces deux initiatives visent un même but, celui d’aller vers une agriculture moins intensive et plus respectueuse de l’environnement.

Pour cela, l’initiative pour une eau potable propre propose de conditionner les subventions de la Confédération dans le domaine agricole au respect d’un cahier des charges strict, similaire à celui du Bio, et à la limitation de la taille des cheptels. L’initiative pour une Suisse libre de pesticide de synthèse vise quant à elle une interdiction pure et simple de l’utilisation des pesticides de synthèse et de l’importation de produits susceptibles d’en contenir.

Les méfaits des pesticides sont nombreux et clairement établis : pollution des nappes phréatiques, problèmes de santé chez les agriculteurs et agricultrices ainsi que dans la population, destruction de l’environnement et de la biodiversité.

Côté sanitaire, les scandales se succèdent, du DDT au glyphosate, en passant par l’atrazine ou le chlorothalonil, entraînant à chaque fois la mise en place de mesurettes et d’interdictions ponctuelles, à la portée limitée.

Côté biodiversité, un consensus scientifique large existe depuis plusieurs années sur le fait que nous assistons à la sixième extinction de masse, dont les insectes sont les premières victimes et qui menace l’ensemble des écosystèmes terrestres. L’utilisation massive de pesticides en est une cause certaine. On estime qu’aujourd’hui en Suisse, 60% des espèces d’insectes sont en danger d’extinction. En 25 ans, les populations d’insectes ont diminué de plus 75%. Les insectes pollinisateurs étant nécessaires à une très large part de la production agricole, leur déclin entraînera, à terme, une perte des rendements agricoles et par conséquent une plus grande dépendance encore à la chimie…

Ces deux initiatives, en s’attaquant de manière frontale et globale au problème, permettent de casser ce cercle vicieux.

L’impact sur les coûts de la nourriture et la dépendance aux importations est difficile à évaluer mais ces deux textes, en fixant à la fois une feuille de route et un calendrier clairs, permettront d’orienter la recherche agronome vers des solutions durables et compatibles à la fois avec les besoins de la population et les impératifs écologiques.

Cela s’est vu dans d’autres domaines, lorsque des lignes rouges sont posées, l’industrie réagit, s’adapte et trouve des alternatives. Lorsque l’on fixe des limites à la pollution automobile, l’industrie invente les pots catalytiques, les filtres à particules et les systèmes « Stop and Start » ; quand on interdit les chlorofluorocarbures (CFC) dans les aérosols pour protéger la couche d’ozone, l’industrie développe des techniques alternatives permettant de s’en passer ; lorsque l’on taxe les rejets de CO2, l’industrie crée des systèmes de captation ; et quand on veut limiter le transport aérien, les trains de nuit reprennent du service.

Pour ce qui est de l’interdiction des pesticides, cela ne sera pas différent. Des techniques agricoles innovantes et moins polluantes verront le jour et permettront le développement d’une production adaptée et durable. Il est grand temps !

04.05.2021

Loi sur les horaires d’ouverture des magasins : NON au passage en force !

Romain de Sainte Marie, député au Grand Conseil, coprésident du PS genevois

Les partis de droite et milieux patronaux, main dans la main, viennent de passer en force au Grand Conseil une nouvelle extension des horaires d’ouverture des magasins (LHOM). Au-delà de l’inefficacité de la mesure pour la vitalité du commerce de détail, il s’agit d’un coup terrible porté au partenariat social déjà bien mal en point dans ce secteur.

Petit historique : en 2016, le peuple avait accepté le contreprojet à l’initiative 155 qui permettait   l’ouverture des commerces le 31 décembre et 3 dimanches par année sous condition de l’existence d’une convention collective de travail (CCT) étendue dans le secteur. Deux ans et demi après et en l’absence d’un accord au sujet d’une CCT étendue, les milieux patronaux et partis de droite passaient au parlement et devant le peuple en élargissant ces horaires d’ouverture, mais cette fois-ci, sans contrepartie en matière de conditions de travail. La durée du projet expérimental de 2 ans passée, les mêmes milieux veulent aujourd’hui pérenniser la mesure et augmenter l’horaire du samedi jusqu’à 19h, le tout au détriment des conditions de travail.

Il est hors de question de laisser encore un peu plus se détériorer les conditions de travail dans le secteur du commerce de détails. Rappelons que cette branche connaît déjà des bas salaires, ainsi que des horaires de travail éprouvants. Etendre l’horaire des ouvertures de ces magasins revient à flexibiliser encore un peu plus les horaires de travail. De plus, la branche (en dehors de la vente des denrées alimentaires) a été particulièrement touchée par la crise ce qui implique que pour beaucoup de salarié-es, les RHT couvrent seulement 80% de leur (bas) salaire, il devient impossible de vivre correctement à Genève ! Enfin, c’est un enjeu d’égalité car encore une fois, c’est aux femmes qu’on demande des sacrifices : travailler davantage, toujours plus tard, pour ne pas gagner plus… Tout ça en devant s’occuper bien souvent d’enfants.

A quoi bon sacrifier les conditions de travail et s’assoir sur le partenariat social ? Les milieux patronaux et les partis de droite brandissent la solution des horaires d’ouverture pour relancer la santé des commerces. Mais quelle erreur ! Toutes les études prouvent que deux facteurs nuisent aux commerces genevois : le tourisme d’achat en France voisine à cause de la différence de prix et le commerce sur internet.

En effet, 1 CHF dépensé la semaine ne sera pas dépensé le dimanche même si celui-ci est ouvert ! L’enjeu premier n’est donc pas celui de l’ouverture des magasins mais du pouvoir d’achat. Etendre les horaires n’améliorera pas le pouvoir d’achat et ainsi la relance économique. En revanche, aider les personnes les plus précaires ou encore revaloriser les plus bas salaires aidera à la consommation locale.

C’est pourquoi, le PS s’engage avec les syndicats et l’Alternative à lancer un référendum contre cette modification de la LHOM.

 

27.04.2021

1er mai - Répondre solidairement et collectivement à l'évolution du travail

Lydia Schneider Hausser et Romain de Sainte Marie, coprésident-e

L’année que nous venons de vivre avec la pandémie de la COVID est particulière ; elle a accentué des mécanismes dans le monde du travail qui étaient déjà en œuvre précédemment.

L’émergence du télétravail a accentué l’individualisation des relations contractuelles, la décollectivisation des conditions de travail. Non seulement les salarié-es se retrouvent devant un écran chez eux, mais ils/elles sont isolé-es socialement. Pour une même profession ou un même domaine d’activité, les statuts sont éclatés et la solitude face aux patrons est flagrante ; il y a moins de discussions et de négociations possibles entre « partenaires sociaux ». Les mouvements syndicaux doivent se réformer et faire valoir le besoin, pour les travailleurs et travailleuses, de se regrouper pour faire partie d’un collectif. Sinon, non seulement la solitude et toutes ses conséquences psychologiques seront de mise, mais la concurrence à outrance et l’exploitation des forces de travail redeviendront l’unique loi. Nous avons le malheureux exemple de Swissport et de l’omnipuissance des multinationales.

La réglementation du droit du travail doit évoluer, l’État doit remettre des limites à l’appât du bénéfice à outrance sur le dos des forces de travail.

L’individu vit en société et donc pour vivre il doit être affilié, faire partie d’une collectivité. Cette affiliation se fait via la valeur travail et son évolution s’est réalisée via les luttes ouvrières. Actuellement, dans un système capitaliste exacerbé, l’individu peut être exclu rapidement du monde du travail. C’est alors qu’intervient l’indispensable affiliation aux droits sociaux (chômage, assurance accident, invalidité, aide sociale) qui doit être vue et perçue au même niveau que le travail. Cette vie en société a pour conséquence qu’il n’y a pas d’individus sans État ! Car l’État doit assurer une place reconnue pour chacun-e ; il en va de notre démocratie !

Aujourd’hui, la droite ne peut plus stigmatiser les 19’500 demandeur-euses d’emploi (fin mars 2021) en disant que cette situation est de leur faute! À défaut de faire la révolution et d’éliminer le capitalisme, nous devons assurer aux individus la sécurité d’un «lendemain moins incertain» : en bref il nous faut changer l’aide sociale et ses objectifs.

Pour terminer, qui dit État dit prestations publiques et donc justice sociale; que cela soit pour l’éducation, les services de soins, la sécurité, etc. Et pour que cette justice sociale collective fonctionne, elle a besoin de moyens financiers, cela implique une justice fiscale. À Genève, les moyens alloués aux soins n’ont pas vraiment diminué dans l’absolu, mais ils n’ont pas augmenté depuis plus de 20 ans et n’ont donc pas suivi l’augmentation de la population et sa composition démographique. Des études, pas seulement de milieux de gauche, le montrent : les dérives que nous avons vues et que nous voyons vis-à-vis de la Covid sont flagrantes – certains pays n’ont pas l’argent pour commander des vaccins alors qu’ils produisent des richesses qui partent en devises financières pour les plus riches de notre planète.

Ces inégalités fiscales, ces cadeaux aux plus riches individus et aux entreprises font que nos prestations publiques diminuent, se détériorent. Nous avons de plus en plus de privatisations. Le dernier exemple à Genève est le «vaccinodrome de Palexpo» tenu par une entreprise privée où les soignant-es sont bénévoles !

Les partis et ici le Parti socialiste en particulier, les syndicats peuvent lutter, travailler à tenter de faire évoluer les choses, mais cela nous le pourrons uniquement si vous vous impliquez en tant qu’individu dans, par exemple, la signature de l’initiative 1000 emplois, l’initiative pour plus de coopératives, ou encore l’initiative pour une justice fiscale qui sortira très bientôt.

 

20.04.2021

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Table ronde sur le consentement: ce qu'il faut retenir

Diego Esteban, Député au Grand Conseil

Jeudi dernier, le groupe égalité du PS Genevois tenait sa première conférence internationale. Le « panel d’expert-es » était formé par Silvia Ingolfsdottir Åkermark, avocate suédoise, notre Conseiller aux Etats Carlo Sommaruga et Me Clara Schneuwly, représentante de l’Association des Juristes Progressistes.

À l’heure où l’Assemblée fédérale examine une réforme du Code pénal concernant les atteintes à l’intégrité sexuelle, il est nécessaire de ne pas manquer la cible. La loi actuelle est insuffisante, car construite autour du mythe de « l’agresseur parfait », un inconnu qui sévirait dans une ruelle sombre. Cela alors que 68% des femmes ayant subi des agressions connaissent leurs agresseurs.

Une ligne de front capitale porte sur la possibilité de condamner dans des situations où il n’y a recours ni à la violence, ni à la contrainte, comme lorsque la victime est placée dans un état de sidération. C’est l’une des exigences de l’Appel pour une révision du droit pénal sexuel[1], soutenu par plus de 50 organisations, et relayé avec succès par le groupe socialiste au Grand Conseil en octobre dernier[2]. C’est enfin la voie suivie par d’autres pays comme la Suède.

Sur ce point déjà, la réforme proposée ignore la réalité des atteintes à l’intégrité sexuelle, en ne modifiant ni l’art. 189 (contrainte sexuelle), ni l’art. 190 (viol), mais en proposant une simple disposition-alibi qui ne concerne par exemple pas la pénétration. Ce qui est grave, car aujourd’hui, les questions de la police dans une enquête pour viol visent à déterminer si l’agresseur a usé de violence ou de contrainte, et la victime doit ainsi prouver qu’elle a fait tout ce qu’elle pouvait pour résister à l’agression. Dans aucun autre cas le Code pénal ne place autant de pression sur les épaules de la victime !

Dans une réforme à la hauteur des enjeux, ce serait de la responsabilité de toute personne participant à un rapport sexuel de s’assurer du consentement du ou de la partenaire ; si cette vérification est négligée, il y aurait infraction au droit pénal. Le but du PS Suisse est d’élargir les définitions légales, afin qu’elles englobent toutes les atteintes à l’intégrité sexuelle, notamment avec l’ajout du viol par négligence, absent de la loi actuelle. Cette réforme sera inacceptable tant qu’elle ne rend pas justice à toutes les victimes.

La table-ronde est à revoir en intégralité en français sur la chaîne Youtube du PSG : https://www.youtube.com/watch?v=jAHGjkiVXug

[1] https://www.amnesty.ch/fr/themes/droits-des-femmes/violence-sexuelle/docs/2020/appel-pour-revision-du-droit-penal-sexuel

[2] https://ge.ch/grandconseil/data/texte/R00933.pdf

 

13.04.2021

Les coopératives d'habitation: des logements moins chers, des constructions écologiques, un habitat de qualité

Mauro Riva, Président du GCHG et membre du PS genevois
Caroline Marti, Secrétaire générale du GCHG et cheffe du groupe socialiste au Grand Conseil

Augmenter de 5 à 10% le parc de logements en coopérative à Genève, c’est l’ambition de l’initiative populaire « pour + de logements en coopérative » lancée par le Groupement des coopératives d’habitation genevoises (GCHG). L’objectif vise à atteindre plus de 11'000 nouveaux logements coopératifs qui devront être construits dans les prochaines années.

Les coopératives poursuivent l’ambition de construire un habitat plus qualitatif tout en offrant des logements jusqu’à 40% moins chers et en les soustrayant durablement à la spéculation immobilière. En effet, elles ont à cœur de concevoir des immeubles qui favorisent la création de liens sociaux entre voisin-es grâce à de vastes espaces communs (salles et terrasses communes, chambres d’amis, larges paliers et coursives, jardins partagés, salles de jeux, de musique ou de sport) qui favorisent les échanges et les rencontres. Par ailleurs, les coopératives font preuve de beaucoup d’inventivité pour limiter l’impact de leurs constructions sur l’environnement, que ce soit en matière de performance énergétique des bâtiments, de choix des matériaux de construction, de gestion des déchets ou d’aménagements extérieurs favorisant la biodiversité ou une agriculture urbaine. Une créativité également mise au service du développement de typologies architecturales innovantes telles que des clusters, des logements avec pièce indépendante multifonction et des parois amovibles afin de répondre aux besoins évolutifs des ménages. Finalement, les coopératives participent activement à la création de quartiers vivants et animés en attribuant leurs surfaces en rez-de-chaussée à des activités à plus-value sociale et environnementale ainsi qu’à des commerces de proximité.

En définitive les coopératives d’habitation s’affirment en regard de l’évolution de l’habitat de demain et répondent aux enjeux de société actuels. D’abord, en construisant des logements abordables et non spéculatifs pérennes, elles offrent une solution adaptée à la crise du logement et aux conséquences résultant de l’importance des loyers pour les locataires. Ensuite, grâce à leurs immeubles et aménagements extérieurs respectueux de l’environnement, les coopératives apportent des réponses convaincantes aux préoccupations grandissantes liées au développement urbain tout en produisant des logements allant au-delà des standards « basiques ». Ainsi, la crise sanitaire et les mesures de confinement que nous traversons ont mis en lumière l’importance de pouvoir bénéficier d’un logement de qualité, spacieux, agréable, adaptable à différents usages et des immeubles permettant de maintenir, malgré les restrictions sanitaires, un minimum de liens sociaux et de réseaux de solidarité.

Dans ce contexte, les immeubles des coopératives d’habitation font office d’exemple en la matière.

Pour mener à bien la récolte des quelque 7000 signatures nécessaires à l’aboutissement de cette initiative, nous avons besoin de votre soutien ! Signez et faites signer cette initiative auprès de votre entourage.

Pour plus d’information, rendez-vous sur le site internet : initiative.gchg.ch

Pour signer l'initiative

 

06.04.2021

Le PS Migrant-es, vous connaissez ?

Helena Verissimo de Freitas, députée et vice-présidente du PS migrant-es
Melete Solomon
, déléguée du PS genevois au PS migrant-es
Dalya Mitri
, Conseillère municipale en Ville de Genève et déléguée du PS genevois au PS migrant-es

Le Parti socialiste Suisse est fort par sa diversité et par la représentation de celle-ci. Pour cela, il donne la parole à divers organes représentés au comité directeur du PSS. Le PS Migrant-es est un organe du parti au même titre que le PS Femmes, le PS60+ ou encore la Jeunesse socialiste.

Cette année, le PS Migrant-es s’est réorganisé et a créé un comité directeur composé de sept personnes. Mustafa Atici, conseiller national bâlois, en est le président et Helena Verissimo de Freitas, députée genevoise, en est la vice-présidente. Emmanuel Deonna est également membre du comité directeur du PS Migrant-es. Toutes les sections cantonales y sont représentées par des délégué-es. Les deux déléguées genevoises sont Melete Solomon et Dalya Mitri. L’assemblée des délégué-es se réunit deux fois par année.

L’objectif du PS Migrant-es est de faire en sorte que les personnes issues de la migration disposent d’une meilleure représentation politique à l’interne comme à l’externe du parti. Pour réaliser cela, le comité directeur du PS Migrant-es s’est fixé comme objectif principal de mieux se faire connaître auprès des sections cantonales ainsi que du tissu associatif ayant trait à la migration. Il poursuivra également la campagne « Droit de vote pour toutes et tous », initiée le 7 février 2021, et s’impliquera activement dans l’Alliance « La pauvreté n’est pas un crime ». La délégation genevoise pourra quant à elle, bien entendu, amener des thématiques qui lui tiennent à cœur au niveau national du Parti.

La section cantonale du PS Migrant-es n’existe pas encore. Si tu es intéressé-e par réfléchir à sa création et à sa gestion, n’hésite pas à écrire à : migrantes@ps-ge.ch. Nous nous réjouissons de vous lire et de porter la thématique de la migration au sein du Parti.

 

30.03.2021

Chômage : le PS met en échec la politique indigne de Mauro Poggia

Grégoire Carasso et Léna Strasser, député-es et auteur-es de la motion 2744

Alors que la crise sanitaire, économique et sociale qui frappe Genève se prolonge, de nombreuses personnes au chômage connaissent une situation préoccupante.

Les relations avec l’Office cantonal de l’emploi à Genève (ci-après l’OCE) sont toujours plus marquées par une dynamique de contrôle et de répression. Pourtant, la mission première de cet office devrait être caractérisée par un soutien et un accompagnement de qualité, a fortiori lors d’une crise aiguë comme celle que nous traversons.
Sur le plan purement administratif, alors que des pans entiers de l’économie sont fermés ou durement touchés par la crise, les personnes au chômage sont obligées de produire des demandes d’emplois en nombre (env. 10 par mois), alors même que les offres et les engagements se font toujours plus rares. Qui peut, dans ce contexte de crise, cautionner une contrainte aussi absurde et démotivante ?

Si la personne au chômage ne parvient pas à faire la preuve d’un nombre de recherches d’emploi suffisamment élevé, une sanction est infligée. Les chiffres de janvier et février 2021 montrent que Genève punit toujours plus sévèrement, sans manifestement tenir compte ni du contexte individuel et sociétal, ni de l’impact terrible que ces sanctions peuvent avoir sur des ménages tournant avec des revenus déjà si serrés en temps normal.

Lors du premier confinement en 2020, l’OCE avait pourtant mis la pédale douce sur le nombre de recherche et sur les sanctions qui avaient alors baissé d’environ 50%. Mais depuis le début de l’année 2021, le nombre de sanctions a de nouveau atteint des sommets, au point de surpasser tous les cantons suisses alémaniques ! Et ce alors même que les autorités fédérales recommandent aux offices de placement régionaux la plus grande prudence en la matière, compte tenu de la situation actuelle du marché du travail.

De plus, les deux tiers des sanctions infligées par l’OCE à Genève concernent l’insuffisance de recherche d’emplois, alors que notre Canton traverse une crise sans précédent. Le nombre de jours de sanctions tend en moyenne vers 10 jours, ce qui signifie que près de la moitié des 21 jours mensuels indemnisés sont retirés. Cette perte de revenu pour les personnes au chômage n’est donc pas anodine. Cumulé au stress d’une situation d’un marché de l’emploi fermé et à un suivi en matière d’insertion effectué en grande partie à distance, il y a de quoi perdre pied.

Cette politique, qui revient à faire les poches aux chômeuses et chômeurs, est indigne. Le Grand Conseil, en votant le 26 mars 2021 la motion 2744 par 49 voix (PS, Verts, EàG et PDC) contre 45 voix (MCG, UDC, PLR), a décidé d’y mettre fin.
Voici les invites formellement votées. Le Grand Conseil invite le Conseil d’Etat à :

  • adapter les exigences de l’OCE en matière d’obligation de production de recherches d’emploi aux réalités économiques et sanitaires ;
  • annuler avec effet rétroactif et remboursement, le cas échéant, les sanctions et pénalités infligées par l’OCE depuis le début de la crise sanitaire qui peuvent être, directement ou indirectement, liées à celle-ci ;
  • tout mettre en œuvre pour changer la politique de l’OCE qui consiste à contrôler et punir avant d’aider et soutenir ;
  • demander au Conseil fédéral de prolonger de 6 mois la durée des indemnités et délais-cadres pour toutes les personnes au chômage.

En liens avec les syndicats et associations de défense des personnes au chômage, le Groupe socialiste a réussi à construire une majorité parlementaire pour mettre en échec la politique indigne portée par le Conseiller d’Etat MCG Mauro Poggia.

 

30.03.2021

Changer de cap, maintenant

Lydia Schneider Hausser et Romain de Sainte Marie, coprésidents du PS genevois

La victoire de Fabienne Fischer ce 28 mars 2021 est la victoire de toute la gauche. Cette élection au Conseil d’État est l’opportunité d’un tournant majeur pour notre canton vers la solidarité et la justice sociale. La majorité de droite à l’Exécutif est enfin renversée ! Aujourd’hui, l’occasion s’offre à nos partis de gauche de montrer de quoi nous sommes capables pour Genève et ses habitant-es.

Alors pourquoi gouverner Genève dans une situation de « coalition » avec une majorité parlementaire de droite ? D’une part, par désir d’un bon fonctionnement des institutions : nous aurons dorénavant 7 Conseiller-ères d’État à part entière. D’autre part, par responsabilité face à la crise sociale et économique que nous traversons ! L’action du Conseil d’Etat représente un réel bras de levier pour ne laisser personne sur le côté du chemin.

Les RHT et aides à fonds perdus accordées aux entreprises doivent continuer et si nécessaire augmenter. Mais aujourd’hui il est également temps d’aider les travailleur-euses! Qu’en est-il des salarié-es qui ne touchent que 80% de leurs salaires ? Le coût de la vie a-t-il diminué de 20% ? Non ! Et nous devons lutter contre ce processus qui pousse un grand nombre de salarié-es dans la précarité.

Au lieu de stigmatiser et sanctionner les personnes en recherche d’emploi, il est urgent d’agir en misant sur la formation, les réorientations professionnelles, le maintien et la création d’emplois.

Enfin, notre société a besoin de trouver une nouvelle solidarité comme moteur de sortie de crise. A l’inverse du COVID qui touche de façon égale le riche du pauvre, la crise sociale et économique qui en découle accentue les inégalités en frappant les plus fragilisé-es économiquement. Une meilleure répartition des richesses, corolaire de prestations de qualité à la population, est nécessaire ; cela passe par un Etat fort.

Les enjeux liés à la crise ne manquent pas et les actions de ce nouveau Conseil d’Etat sont grandement attendues. Ces deux ans à venir marqueront un réel changement de cap dans la politique du Conseil d’Etat. Celui-ci devra faire preuve de courage et de persuasion face à un parlement de droite qui n’hésitera pas à mettre des bâtons dans les roues par pur calcul électoral. Ce Conseil d’État devra convaincre que les problèmes soulevés par la crise sanitaire et sociale ont besoin de réponses qui dépassent même les clivages gauche-droite pour permettre aux habitants de Genève de vivre correctement.

Au lendemain de cette victoire électorale, nous sommes fiers d’une gauche unie qui gagne. Mais, pour que ce mouvement continue, nous aurons besoin de vous toutes et tous camarades pour impulser des idées et pour soutenir nos représentant-es au Conseil d’État et au Grand Conseil. Forts de cet élan, poursuivons la lutte !

23.03.2021

Pas une seule voix pour les candidat-es hostiles aux intérêts de la majorité de la population

 

Christian Dandrès, Conseiller national

Avec l’élection au Conseil d’Etat se pose la question de la politique à mener d’ici à la fin de la législature. Le gouvernement cantonal devra gérer la suite de la pandémie – d’autres vagues de COVID-19 sont à craindre - ainsi que la crise économique et sociale qui en résulte. Cette crise est un catalyseur des discriminations et de la précarité qui mine la Suisse et Genève, malgré la grande richesse accumulée. Les contre-réformes des assurances sociales, les restrictions budgétaires et les transferts de charges de le Confédération vers les cantons n’ont pas permis de répondre aux besoins sociaux. De même, l’idéologie patronale et néo-libérale qui dicte les politiques menées à Berne et par la droite genevoise empêche de résoudre la crise du logement et d’alléger le fardeau des primes archaïques d’assurance-maladie par tête.
La pauvreté augmente. Les secteurs économiques où les conditions d’emplois sont les plus précaires sont précisément ceux les plus touchés par la crise du COVID-19 et les mesures sanitaires : hôtellerie, restauration, économie domestique, etc. De nombreux-euses travailleur-euses ne peuvent pas bénéficier des RHT et des autres aides pour lutter contre les effets de la crise. Les politiques d’uberisation du marché du travail, avec la promotion de l’« auto-entrepreneuriat » montrent ici leur vrai visage. L’Office fédéral de la statistique constate que la pauvreté absolue est réapparue en Suisse.
Les besoins de la population ne sont pas satisfaits, en particulier dans le domaine des soins et de l’éducation. Le système social doit également être renforcé, de même que le soutien aux chômeur-euses. Le service public doit donc être étendu pour y répondre.
Les entreprises doivent continuer à être aidées. Ce soutien doit être conditionné à des contreparties sociales et environnementales. Le Groupe socialiste aux chambres fédérales a ainsi proposé qu’en sus de l’interdiction de versement de dividendes, les entreprises aidées s’engagent à préserver les postes de travail et à respecter des normes environnementales. Il a également proposé l’extension de l’obligation de négocier des plans sociaux pour les PME.
Cette politique nécessite des moyens financiers, alors que les recettes fiscales sont impactées par les effets de la dernière réforme de la fiscalité des entreprises (RFFA) et la crise économique. Dans l’immédiat, les mécanismes d’assainissement budgétaires doivent donc être suspendus. Mais le recours à l’endettement n’est pas la seule solution puisque, sans recettes supplémentaires, la droite essaiera de faire supporter  par les salarié-es, les futur-es salarié-es et les retraité-es, par l’impôt, des coupes dans le service public et dans les pensions, (salaire indirect), notamment en augmentant l’âge de la retraite des femmes (AVS 21).
Comme l’a fait Macron en France, le canton doit augmenter la part de l’imposition immobilière, que les propriétaires ne peuvent pas répercuter sur les locataires. Les grands propriétaires immobiliers continuent à faire des grands profits, les fonds immobiliers cartonnent en Bourse, les loyers et les prix de vente continuent d’augmenter. Les bénéfices de la Banque nationale doivent aussi être utilisés. Ils se sont élevés à plus de 20 milliards en 2020. Son bilan frôle les 1000 milliards de francs. Cet argent appartient à la population et doit servir à répondre aux besoins de cette dernière, non aux dogmes de la soi-disant élite financière.
La défense élémentaire des besoins de la population se heurte au patronat, qui cherche à rétablir ses profits en attaquant les conditions de travail et les salaires, ainsi que tout mécanisme de solidarité. Les licenciements et/ou les baisses de salaire chez Swissport et  AVS 21 montrent ce qui nous attend.
Laisser la droite conserver sa majorité au Gouvernement cantonal, c’est assurer au patronat de pouvoir compter sur des relais sérieux. Delphine Bachmann présentait ses objectifs en cas de victoire, dans le Temps de vendredi : « Il est nécessaire de repenser le périmètre de l’Etat et de remettre le principe de subsidiarité au cœur de nos politiques publiques ». C’est la ligne de toujours de la Chambre de commerce et d’industrie (CCIG) qui appelle à voter Pierre Maudet. Ce dernier a su manœuvrer habilement durant la crise sanitaire et mettre en place des mesures de soutien aux locataires commerciaux notamment. Si cette action a profité à de nombreux petit.es commerçant.es et indépendant.es (de même qu’à de nombreux bailleurs), elle ne saurait tromper sur la nature de l’action politique menée par Pierre Maudet. Ce dernier a toujours bien servi les intérêts des employeurs et des actionnaires. A titre d’exemple, il a privatisé le convoyage des détenu.es au bénéfice de Securitas. Il a également joué un rôle déterminant pour la fin de la grève à Gate Gourmet, et laissé sur le carreau les grévistes qui avaient cru en ses promesses. Quant à Yves Nidegger, il suffit de noter son indignation, dans le Temps du 17 mars, de ne pas bénéficier du soutien de la CCIG. Il rappelait que l’UDC est le seul parti à défendre une « politique de droite lisible ».
Il ne faut donc pas qu’une seule voix aille à ces candidats hostiles aux intérêts de la majorité de la population. Il faut engager une action politique en faveur des jeunes, des salarié.es, des retraité.es, des assuré.es et des locataires, en commençant  par le retrait du projet de loi de réduction de l’impôt sur la fortune, que la droite cherche à imposer en pleine crise sociales et des recettes fiscales.
Le 28 mars ne laissons pas la droite imposer leur magistrat.e et poser les bases pour poursuivre  une politique de casse sociale.

 

 

16.03.2021

Ensemble, nous pouvons gagner cette élection!


Fabienne Fischer, candidate au Conseil d'Etat

Je suis arrivée en tête du premier tour avec 36'826 voix . Cette victoire d’étape, je vous la dois. Un grand MERCI pour votre confiance et pour votre engagement personnel, que j’ai constaté sur les stands, les marchés, par vos appels et messages si nombreux !
Merci à vous toutes et tous qui vous êtes mobilisé-es, dans vos associations, vos quartiers, vos familles pour que j’arrive largement en tête avec 30% des voix, alors qu’il y avait 7 autres candidats en lice, dont Morten Gisselbaek du Parti du Travail (PdT), dont je salue le score.

Aujourd’hui, les soutiens autour de ma candidature se sont encore élargis. L’alliance du PS et des Vert.e.s a été rejointe par le PdT et le DAL. SolidaritéS, à son habitude, appelle à faire « barrage à droite » : comme je suis la seule candidate de gauche, le message est éloquent ! Et du côté des jeunes, surtout, les Jeunes Vert.e.s et les Jeunes socialistes ont été rejoints par les Jeunes Verts libéraux. Leur espoir dans l’alternative que je représente me touche. Je ne les décevrai pas.

Mais, pour gagner au second tour, nous devons rassembler encore davantage. Et tout d’abord dans nos propres rangs ! Car nous n’avons pas encore fait le plein des voix auprès de nos électeurs-trices écologistes et de la gauche socialiste et solidaire.
Celles et ceux qui me côtoient depuis longtemps dans le milieu associatif ou politique savent que je suis une femme de gauche, féministe, écologiste, humaniste, loyale à mes principes, et toujours disposée au dialogue pour faire avancer les dossiers.

Il y a urgence ! Empêcher les faillites, les expulsions et les licenciements post-COVID ! Soutenir des entreprises locales et le commerce de proximité. Offrir un revenu décent pour chacun-e ! Accélérer la protection du climat ! Travailler à une société inclusive ! Promouvoir le respect de la santé et de la nature ! Travailler dans gouvernement honnête, compétent et collégial ! Voilà pourquoi nous nous battons ensemble.

C’est avec conviction et détermination que j’aborde l’élection du 28 mars. Restons mobilisé-es, chacune et chacun, militant-es. et sympathisant-es, Député-es, Conseiller-ères administratif-ves, Conseiller-ères municipaux-ales. Et allons convaincre dans notre entourage politique, familial, parmi nos connaissances et nos voisins, qu’il est possible et souhaitable de changer de cap, maintenant! Ensemble, nous pouvons gagner cette élection. Merci de votre soutien.

 

09.03.2021

La majorité de droite laisse les locataires sur le carreau

Par Alberto Velasco, Glenna Baillon-Lopez et Caroline Marti, député-es au Grand Conseil

Lors de la plénière de la semaine dernière, la majorité de droite a décidé de laisser les locataires précaires sur le carreau.

Alors que des centaines de millions d’aide aux entreprises ont été votés par le Grand Conseil ces derniers mois, la majorité de droite a, par contre, refusé l’aide financière aux locataires proposée par l’Asloca et le parti socialiste. Une aide sous forme de prêt à taux zéro, remboursable sur 7 ans, qui n’aurait d’ailleurs, pour ainsi dire, rien coûté à l’État mais qui aurait été déterminante pour les locataires dont les pertes de revenus occasionnées par le COVID-19 les placent dans l’incapacité de payer leur loyer. Ces locataires se retrouvent donc directement menacé-es par une résiliation de leur contrat de bail et une expulsion de leur logement. En plus d’être profondément inique, cette posture de la droite aura pour conséquence de faire plonger des centaines de personnes dans la grande précarité. Or, au-delà du désastre humain que cela représente, le coût de cette extrême précarité sera, à terme, bien plus important pour la collectivité que les quelques centaines de milliers de francs qui auraient été nécessaires pour la mise en œuvre de ce soutien financier.

Toutefois, nous sommes parvenus à faire adopter une motion, socialiste elle aussi, pour lutter contre les expulsions de locataires. Le MCG, sans doute soucieux de faire oublier la claque qu’ils avaient infligé aux locataires la veille, s’est finalement rallié à la gauche pour soutenir cette motion. Si l’acceptation de cette motion est sans nul doute un succès pour le PS et pour les locataires, elle est malheureusement non contraignante et son application est aujourd’hui entre les mains du Conseil d’Etat.

Mais en dépit d’un chemin on ne peut plus sinueux, le groupe socialiste est déterminé à se battre pour assurer un soutien et une protection des locataires, durant cette crise du COVID mais également sur le long terme afin de concrétiser le droit au logement inscrit dans la Constitution. La résolution du PS qui demande une prolongation du délai de paiement des loyers de 30 à 90 jours comme ce fut le cas lors de la première vague est toujours à l’ordre du jour du Grand Conseil. Par ailleurs, l’Alternative entend redéposer, avec quelques modifications mineures, le projet de loi d’aide financière aux locataires. Finalement, l’Asloca a déjà annoncé travailler sur une initiative inspirée de ce projet de loi afin d’instaurer dans la loi, et de manière pérenne, le principe des prêts de l’État aux locataires en défaut de paiement de manière à « prévenir plutôt que guérir » les cas d’expulsion des locataires de leur logement.

 

02.03.2021

En résumé, pourquoi dire non à cette loi sur l’e-ID le 7 mars

Par Sami Kanaan, Maire de Genève

Pour y répondre vite : parce que ce projet ne répond pas à un besoin et qu’il pose plus de problèmes – sur le long terme – qu’il n’apporte de solutions.

 

Passeport ou login?

Cette e-ID privatisée est-elle un passeport numérique, au sens d’un document d’identité fort et qui inclut par exemple l’exercice des droits démocratiques par voie numérique (votations, élections, etc.)?  Si oui, il est alors totalement inadmissible de privatiser ainsi cette fonction fondamentale, qui relève du Service public. Et on peut se questionner sur la position d’un parti comme l’UDC, chantre de la souveraineté, mais qui l’abandonne tout d’un coup pour le numérique. Si non, et que cette e-ID se résume à un simple login « simplifié » mais coexistant avec plein d’autres systèmes, alors ce projet de loi est tout simplement inutile et n’apporte aucune amélioration notable, tout en  transformant la Confédération en simple fournisseuse de données personnelles à disposition d’entreprises privées.

 

Protection des données privées et fracture numérique

Car la protection des données prévues est largement insuffisante. Chaque utilisation de l’e-ID sera relevée de manière centralisée par l’entreprise qui délivrera l’identité numérique, avec une obligation de suppression après 6 mois uniquement. Non seulement le risque d’abus est manifeste, mais on peut même se questionner sur le modèle d’affaire propre au système : comment les entreprises qui fourniront le système le financeront ? Soit en monnayant d’une manière ou d’une autre les connexions relevées, soit en fournissant un service payant. L’usage des données à des fins commerciales serait possible si l’usager.ère accepte. Vous lisez vraiment les longues « Conditions générales » en petits caractères qui apparaissent lors de votre inscription sur un site, vous ? Réellement jusqu’au bout ? Avant de cliquer sur « Accepter » ?

Et de plus se pose la question du prix de celui-ci, du risque (élevé dans le cas présent) d’entreprises « too big to fail » et de l’égalité de traitement pour une prestation publique de nature régalienne qui devrait être accessible de manière absolument égale pour toutes et tous. Qui imagine réellement avoir des passeports de 1ère classe et d’autre de seconde et de troisième classe ? La population a déjà exprimé sa méfiance vis-à-vis des grandes entreprises du numérique et d’une privatisation de son identité en ligne. Étrangement, le parlement semble ignorer cette volonté populaire… Mais plus grave, alors qu’on parle de lutter contre la fracture numérique, qu’elle soit générationnelle ou sociale, le Conseil fédéral nous propose une e-ID privatisée qui risque de dominer clairement le marché, pour  toutes et tous, aîné.e.s, personnes sans accès au numérique ou sans les compétences nécessaires. L’accès aux prestations publiques en ligne doit se faire de manière accompagnée par les collectivités publiques municipales, cantonales et fédérales, en s’assurant que personne ne soit laissé.e de côté. Et pas en déléguant à des entreprises privées sans exigences aucune en la matière. Pour la délivrance d’un passeport, vous pouvez aller au guichet, avoir quelqu’un qui vous explique les démarches et vous accompagne si par exemple la lecture est un problème. Il est nécessaire de maintenir ces possibilités dans le numérique.

 

Investir dans ce qui existe et fonctionne

Les exemples publics existent bel et bien, contrairement à certains arguments rabâchés. Certains doivent clairement être améliorés, c’est une réalité, mais cette loi n’y contribue en rien. Huit cantons ont signifié leur opposition à l’e-ID. Le Canton de Genève permet déjà depuis de nombreuses années de régler ses impôts et de faire de nombreuses démarches en ligne grâce à l’identité des « e-Démarches » (clairement perfectible, mais qui fonctionne). La Ville de Zoug a déjà introduit une e-ID, de même que le Canton de Schaffhouse ou le Liechtenstein. Genève avait un système de vote électronique qui fonctionnait. Il a malheureusement été abandonné en faveur de projets privés qui n’existent pas, alors que la version publique fonctionnait ; une erreur regrettable ! Cette loi sur l’e-ID sonnerait le glas des identités numériques publiques déjà existantes, et qui fonctionnent, pour la remplacer par une chimère privée censée mieux fonctionner.

Dire non à ce projet de loi sur l’e-ID, c’est donc au contraire miser sur les initiatives publiques qui existent déjà et se donner le moyen de les améliorer, en garantissant la sécurité de vos données, c’est-à-dire un élément de plus de plus important de votre identité et de votre intimité.

 

23.02.2021

Les pauvres ne sont pas des kleenex


Par Lydia Schneider Hausser, coprésidente du PS genevois

160 millions de personnes dans le monde vont se retrouver, à cause de la crise COVID, projetées dans l’extrême pauvreté, et manquer de nourriture[1]. Alors que cette pandémie est en train de redistribuer les cartes géopolitiques du monde, nous devons nous assurer que les personnes vivant sur notre territoire bénéficient de conditions de vie dignes. . Ceci est une question de décence et de responsabilité collective.

A Genève, la pandémie a mis en évidence les personnes qui se trouvaient en situation de précarité ou pauvreté et en a plongé de nombreuses autres en-dessous du seuil de pauvreté. Les bénéficiaires de cette loi 12723 « Indemnisation perte de revenus liée aux mesures de lutte contre le coronavirus » sur laquelle nous votons le 7 mars sont estimés à environ 3500 personnes.

Ces travailleur-euses aux contrats précaires permettent à d’autres professionnel-les de donner tout leur temps à l’Economie (garde d’enfants, ménage, accompagnement de personnes âgées, etc). Ils et elles vivent de jobs sur appel, de jobs auxiliaires, de petits mandats (étudiant-es, faux indépendant-es), ce qui arrange bien les employeur-euses. Les travailleurs et travailleuses du domaine de la culture, ceux et celles qui nous font nous extasier devant leurs créations artistiques, permettent aussi de faire tourner l’économie, la vie sociale et culturelle. Tout ce temps travaillé a mis de l’huile dans les rouages d’une économie genevoise en plein développement.

Ces personnes dont le travail est essentiel se trouvent souvent en dehors des « radars » des aides sociales habituelles. Ils et elles n’ont donc bénéficié d’aucune RHT, indemnité chômage ou aide sociale lorsque le premier confinement est arrivé. Cette loi vise à corriger cette injustice et à indemniser ces personnes qui ont subi de fortes pertes de revenu sans aucun filet social.

L’UDC et le MCG, sur ce dossier, se profilent comme les gendarmes de la loi sur le travail contre le travail au noir et de la loi sur les étrangers contre les sans-papiers. Ces mêmes partis sont dans la majorité du Grand Conseil qui a refusé que les aides aux entreprises soient assorties d’obligation de maintien des emplois. Donc ce n’est pas pour défendre l’emploi que leur référendum a été lancé. Le but escompté est juste de se faire de la pub sur le dos de ces travailleur-euses exploité-es.

Le Parti socialiste, au-delà de l’acception de cette loi, travaille à la défense des travailleur-euses, contre des statuts de travail inadmissibles (travail au noir, travail sur appel, horaires sans limites). Nous sommes prêt-es à être plus durs envers les patron-nes incorrect-es. Et nous nous batttrons encore et toujours pour des assurances sociales moins excluantes.

Mais là, il y a urgence, il y a crise et la solidarité envers ces travailleur-euses ne peut pas se résumer à de la charité, nous devons prendre nos responsabilités et accepter, que quels que soient leurs statuts légaux, professionnels, ces personnes doivent pouvoir vivre décemment dans notre canton qu’elles participent à construire.

Le PS genevois soutient l’octroi de ces indemnisations aux personnes les plus pauvres de notre canton et dit oui aux 15 millions !

[1]2020 l’année en données, Groupe de la banque mondiale


Non à l’accord de libre-échange avec l’Indonésie


Sylvain Thévoz, député

La crise du coronavirus marque une césure profonde. Cette crise c’est aussi la crise de l’Organisation Mondiale du Commerce et du libre-échange sans limite. Nous devons préserver et renforcer chez nous, en Suisse, une partie de nos productions nécessaires, sans aller les chercher à l’autre bout du monde en créant des concurrences acharnées. Une production locale de qualité est une garantie d’emplois également pour notre agriculture et nos artisan-e-s. La crise actuelle invite à repenser nos modes de consommation. Importer des biens de consommation courante par avion du bout du monde nous conduit à très brève échéance dans l’impasse et la dépendance. Vous voudriez toujours davantage d’huile de palme dans votre boulangerie, alors que le beurre fait très bien l’affaire ? Non. Les Suisses et les suissesses non plus.

Cet accord de libre-échange avec l’Indonésie ne va pas dans le sens des circuits courts, de l’écologie et du respect des droits des travailleurs et travailleuses. Il aura pour conséquence directe d’encourager l’achat notamment d’huile de palme au détriment des huiles produites en Suisse et en Europe de manière plus durable. Le résultat sera une baisse de la qualité des biens consommés et une menace sur les emplois locaux. La baisse prévue du prix de l'huile de palme dans le commerce entre l'Indonésie et la Suisse encouragera encore davantage là-bas, la déforestation.

Les adeptes de l’accord aiment rappeler qu’il y aura une certification sur l’huile importée. Or, les directives sur cette certification sont faibles. Elles autorisent la destruction des tourbières, des forêts secondaires ou l'emploi de pesticides hautement toxiques. Les systèmes de contrôle et les mécanismes de sanction sont inefficaces.  Cette certification de complaisance, c’est un peu comme si un renard promettait des règles de bonne conduite sur les poules afin de pouvoir entrer dans le poulailler… en se proposant comme garant du système.  Nous ne devons pas cautionner cela. Repensez au combat de Bruno Manser….

Certains diront : business is business ! C’est oublier un peu vite que les bénéficiaires de cet accord de libre-échange seront uniquement les grands groupes, ceux de la pharma, de l’agroalimentaire et des banques, sur le dos des travailleuses et travailleurs, sans retombée pour notre économie locale.

Mais au-delà de l’écologie et de la question spécifique de l’huile de palme, ce qui est en jeu le 7 mars, c’est le concept extensifs  des accords de libre-échange que Monsieur Parmelin souhaite étendre à tous nos partenaires commerciaux. Camarade, comme socialiste nous devons nécessairement encadrer et imposer de strictes conditions à ce type d'accords, notamment au niveau du respect des accord de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), des normes environnementales et des droits humains en exigeant que nos importations obéissent aux mêmes règles que celles en vigueur dans notre pays. Dans cet accord sur lequel le peuple se prononcera le 7 mars, ces dimensions très très clairement insuffisantes.

L’accord de libre-échange avec l’Indonésie est un cas d’école. Le même problème politique se pose avec la Chine, et se posera demain avec les accords de libre échange AELE-Mercosur. Tactiquement, nous ne pouvons laisser aux Verts uniquement le terrain de contestation de ces accords de libre-échange, si nous faisions cela nous leur laisserions tout l’espace politique et trahirions nos combats pour les travailleuses et travailleurs.

Pour conclure, l’initiative pour des multinationales responsables a été acceptée par une majorité de la population le 29 novembre dernier, échouant de peu à la majorité des cantons. Voter NON à l’accord de libre-échange avec l’Indonésie nous place dans la suite de cette votation, et nous rend politiquement cohérent.

Non, le libre-échange ne doit pas passer avant l’environnement et les droits humains, le parti socialiste vous invite donc à refuser cet accord de libre-échange.


 

16.02.2021

Combattre la précarité est ma priorité

Par Thierry Apothéloz, Conseiller d’État

J'ai présenté début février un plan d'action contre la précarité ambitieux et volontariste, destiné à fixer le cadre de mon action en faveur de celles et ceux qui souffrent aujourd'hui de l'accroissement des inégalités dans notre canton. La crise que nous traversons y est pour beaucoup, mais elle n'a été que le catalyseur d'une situation préexistante déjà préoccupante. A Genève, près d'une personne sur quatre touche des prestations sociales sous condition de revenu! Dans un canton où le coût de la vie est le plus élevé de Suisse, la frontière entre précarité et pauvreté est trop facilement franchie par les plus vulnérables d'entre nous.

Au-delà de cette période si particulière, il faut repenser notre système de protection sociale de fond en comble et nous adapter aux nombreux bouleversements sociétaux qui obligent les politiques à devoir sans cesse réinventer la manière dont nous protégeons celles et ceux qui ont le plus besoin d'un service public fort et efficace.

Notre monde change vite, et ce changement concerne le secteur de l'emploi ("uberisation", flexibilisation, numérisation), les structures familiales (parcours de vie, recompositions familiales) ou l'augmentation des besoins (vieillissement, coûts de la santé, pression sur le logement). Il faut donc penser sur le temps long et voir arriver les problématiques de demain pour mieux être en capacité de les anticiper aujourd'hui. C'est l'objectif de ce plan d'action contre la précarité que de poser les jalons d'une politique sociale plus juste, plus humaine, plus efficace et qui réponde aux besoins de l'ensemble des personnes qui résident dans ce canton.

En tant que Socialistes, nous devons tout mettre en œuvre pour défendre la qualité de vie et la dignité de notre population et pour développer les politiques publiques qui nous permettent de faire face aux défis qui nous attendent. Cela est naturellement valable dans le contexte de crise que nous traversons, mais également dans la période qui s'ensuivra. Les bouleversements que nous vivons aujourd'hui nous amèneront à repenser notre vivre ensemble dans le futur. En tant que Socialistes, nous avons la responsabilité de ne laisser personne au bord du chemin. C'est dans ce but que j'ai présenté ce plan d'action, que je me réjouis de traduire ces prochains mois par des mesures concrètes.

 

 

 

09.02.2021

Pourquoi refuser l’initiative « anti-burqa » ?

Par François Mireval, membre du Comité directeur

Le 7 mars, on vote sur l’initiative dite « Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage ». Ce texte UDC s’attaque à l’autonomie cantonale, aux choix des femmes, et se nourrit de poncifs.

Ce texte est problématique pour de nombreuses raisons. Premièrement, la Constitution n’a pas à abriter des règles vestimentaires. Ensuite, le code pénal prévoit déjà de punir la contrainte, ce qui rend l’alinéa n°2 du texte parfaitement inutile.

Plus ennuyeux : l’ordre public dépend des cantons, souverains dans ce cas. Ainsi le Tessin et Saint-Gall ont voté oui à des textes similaires. Maigres résultats : quelques amendes à des femmes en burqa et à des hooligans près d’un stade. Quatre autres cantons ont dit non, dont la Landsgemeinde de Glaris. Quel bailli lui expliquera qu’il peut piétiner son choix démocratique ? Piquant : l’UDC adopte ici le procédé qu’elle reproche à l’Europe de tenir envers la Suisse !

Plus grave : cette initiative part du principe que les femmes qui portent le voile sont des victimes et qu’elles agissent sous la contrainte d’un père ou d’un mari autoritaire.

Rappelons encore que peu de femmes portent le niqab en Suisse, une trentaine tout au plus. Comme l’a révélé une étude d’Agnès de Féo publiée chez Armand Colin, la majorité des femmes portant le niqab ici ne le font pas sous la contrainte, car elles sont indépendantes. Il s’agit souvent d’un choix assumé quitte à affronter l’hostilité de la rue, voire de leur famille.

Les auteurs rêvent de voir le genre féminin sous le règne du KKK (Kinder, Kirche, Küche). Accepter l’initiative, c’est soutenir cette régression.

Le Parlement propose un contre-projet. Le devoir de montrer son visage à l’autorité s’y trouve. Surtout : différentes lois (sur l’égalité : sur la coopération et le développement ; sur les étrangers et l’intégration) accueillent des articles améliorant concrètement la situation des femmes. Bien sûr les initiants ont refusé de retirer leur texte, révélant ainsi leur mépris de la moitié de la population.

À souligner : ce contre-projet est indirect, donc non soumis au vote. Il n’est adopté qu’en cas de refus de l’initiative : votons NON !

 

 

02.02.2021

Ce jour où les hommes nous ont donné le droit...

Par Amanda Ojalvo, Andrea Villanyi et Oriana Brücker, pour le Groupe égalité du PS genevois

Il y a 50 ans, les femmes suisses gagnaient une bataille, commencée des décennies plus tôt, celle de pouvoir voter et être élues au niveau fédéral. C'était un 7 février 1971.

1848, la Constitution fédérale proclame l'égalité en droit de tous les êtres humains, mais sans préciser l'égalité politique. La suite, nous la connaissons, les femmes ont été enfermées dans un statut juridique inférieur. Et il a fallu plus de 100 ans pour les en libérer !

Alors qu'autour de nous d’autres pays attribuaient tour à tour le suffrage à leurs citoyennes – de la Finlande en 1906 à la Grande-Bretagne en 1928, de la Russie en 1917 aux pays nord-américains en 1919 en passant par l'Allemagne en 1918 –, les nombreuses tentatives des helvètes échouaient les unes après les autres.

Le premier projet du Conseil fédéral, refusé en 1959 par votation fédérale, marqua une décennie de changements : Neuchâtel et Vaud en 1959, Genève en 1960, Bâle-Ville en 1966, Bâle-Campagne en 1968 puis le Tessin en 1969 introduisirent ce droit et une mobilisation nationale massive en faveur de l'égalité en découla.

La date du 7 février '71 marque la victoire de la lutte menée pour reconnaître aux femmes suisses les mêmes droits de vote et d'éligibilité. Mais il ne faut pas oublier qu'encore en 1991, Appenzell Rhodes-Intérieures, dut ratifier cette décision par décision du Tribunal fédéral, ce qui fit de la Suisse un des derniers pays au monde à accorder pleinement ce droit aux femmes.

En cette année de souvenirs, le temps est venu de faire un arrêt sur image. Le Groupe égalité a proposé à trois femmes aux carrières inspirantes de revenir sur leur vécu de cette date qui a marqué l'histoire, sur leur carrière en tant que femmes dans une arène masculine, et sur leur vision de l'engagement politique. Nous tenons à remercier Ruth, Liliane et Maria, d'avoir accepté de se prêter au jeu de nos questions.

Contempler le chemin parcouru par ces femmes fortes et inspirantes. Écouter leurs récits de vies, leurs luttes, leurs précieux conseils, leurs paroles encourageantes, leurs messages pour l'avenir. Reconnaître que grâce à elles, les femmes d'aujourd'hui peuvent voter, être élues et gouverner. Mesurer la chance que nous avons d’être nées avec ce droit. Nous sommes les héritières de leur labeur, les porte-drapeaux de leur courage. Au travers de leurs récits, le Groupe égalité veut se souvenir des luttes du passé tout en rêvant des victoires futures.

En 2021, nous avons encore des combats à mener. Les femmes restent sous-représentées dans les milieux économiques, scientifiques, politiques, dans l’administration, la vie publique ou les positions influentes... mais elles assument toujours les tâches domestiques et familiales, non rémunérées.

Aux femmes* et aux hommes* d’aujourd’hui et de demain !

La quête pour l’égalité ne cessera pas.

 

26.01.2021

Et si...

Par Léna Strasser, députée au Grand Conseil

L’année vient de débuter, je me réveille d’un long rêve étrange dans lequel ma fille me disait : j’ai dix ans et je ne connaitrai plus un monde sans masque, peut-être qu’un jour nous vivrons sur mars.

Je me lève, et sur la coursive j’entends les voisins qui s’activent. Madame charge ses 2 enfants dans son vélo cargo, alors que Monsieur se prépare à rejoindre l’épicerie coopérative du quartier. Quelques oiseaux se font entendre, malgré le temps encore froid de ce début d’hiver. J’écoute les nouvelles, le nombre de personnes votant a encore augmenté, grâce notamment à l’acceptation du droit de vote des personnes résidentes étrangères et aux actions de mobilisation plutôt festives qui ont suivi. Malgré le fait que les risques pour le climat soient encore bien présents, le taux de co2 a drastiquement baissé dans le canton, l’installation massive de panneaux solaires et l’isolation complète des anciens bâtiments ont permis une belle avancée, de même que la piétonisation d’un grand nombre de rues autour de Plainpalais, du lac et de la gare mais aussi grâce à la gratuité des transports publics pour les personnes âgées et les jeunes encore en études.

Je me souviens de ce moment où tout était fermé et je suis vraiment reconnaissante au Conseil Fédéral d’avoir pris en compte les problématiques de santé mentale croissante et d’avoir non seulement décidé rapidement de rouvrir, moyennant des plans de protection et des jauges adéquats, les lieux culturels mais également d’avoir investi beaucoup d’argent dans le soutien aux artistes via un revenu de base qui s’est ensuite élargi au reste de la population et a permis de lutter contre la précarisation massive du travail touchant nombre de nos concitoyen-nes. Les entreprises ont dès lors dû inventer de nouvelles façons d’attirer des employé-es.

Les restaurants ont mis plus de temps à reprendre du service, et malheureusement certains ont mis la clef sous la porte, mais ceux qui restent ont pris en compte l’importance d’une alimentation saine, se sont massivement tournés vers des produits locaux et ont adapté leurs offres. Une partie des hôtels a également pu rouvrir, orientés vers un tourisme plus régional et offrant notamment des services aux entreprises. Plusieurs d’entre eux ont gardé deux chambres réservées aux sans-abris, infrastructures gérées par des associations en collaborations avec l’Etat et les communes. Elles sont peu occupées mais ont montré leur raison d’être durant la crise.

L’EMS du quartier et plusieurs autres ont repensé leur accueil en concertation avec les citoyen-nes vivant aux alentours dans une démarche partant de la société civile. Plus de chambres relais pour soutenir les proches aidants dans les périodes difficiles, plus d’actions sur l’extérieur et un renforcement fort des services à domicile, permis grâce à la formation et à l’engagement de nombreuses personnes bénéficiaires du chômage longue durée et de l’aide sociale auparavant. Un accueil des enfants fait partie également de l’offre aujourd’hui au sein même du lieu.

La mixité est devenu la norme et semble porter ses fruits. Ma fille part à l’école bien emmitouflée : « sortie en forêt » me crie-t-elle en fermant la porte. Depuis plusieurs mois, en plus d’avoir équipé les élèves le nécessitant et les classes en matériel informatique et en connexion afin de pouvoir avoir accès en tout temps à du matériel pédagogique dématérialisé, les écoles ont également repensé leur accueil et se sont tournées vers l’extérieur – sorties en forêt, jardinage, sciences appliquées, français au théâtre – tout est maintenant propice à apprendre et à appréhender le monde d’aujourd’hui en citoyen-ne conscient-e des enjeux qui nous guettent.

Et si la créativité était une des clés de sortie de la situation compliquée que nous vivons aujourd’hui ? Et si… essayez !

 

https://mcusercontent.com/1f47e26e3a6f364d6103b02e9/images/c3d4b60d-b0de-4e5a-a920-9444dba1d809.png19.01.2021

Une nouvelle impulsion pour Genève!

Par Carlo Sommaruga, Conseiller aux Etats

Chères Camarades, Chers Camarades,

En ce début d’année, on peut se réjouir d’au moins une chose ! Fabienne Fischer est la candidate idéale pour conquérir le 7 mars une majorité politique de gauche au Conseil d’Etat. Femme de tête, engagée à gauche depuis toujours, elle porte avec elle un bagage militant, une vision politique environnementale, mais aussi sociale, et une expérience professionnelle, qui lui permettront de contribuer à une nouvelle impulsion politique au sein de l’exécutif cantonal. Impulsion indispensable, notamment au regard des défis sociaux et économiques de la crise du coronavirus.

Seule femme en lice pour l’élection partielle, elle incarne un renouveau qu’aucun des autres candidats n’est à même de personnifier. Les candidats bourgeois, même celui teinté de vert, s’inscrivent dans une logique libérale. Celle de l’argent et des puissants qui détruit notre planète et écrase les individus. Celle qui laisse de côté les salarié-es, les locataires, comme les petit-es indépendant-es.

Compte tenu des résultats des dernières élections fédérales qui ont vu émerger une majorité d’élu-es progressistes, roses, verts et rouges, et des résultats tout aussi progressistes des votations fédérales comme cantonales, il est évident que le Conseil d’Etat actuel n’est pas en phase avec les attentes sociales et environnementales de la population genevoise. Il faut que ça change !

Ce changement ne tient qu’à nous. Une forte mobilisation de toutes et tous, même virtuelle, avec l’activation de tous nos contacts et réseaux, est la clé du succès.

A chacune et chacun d’agir pour voir émerger un gouvernement cantonal plus social et environnemental !


12.01.2021

Rendez-nous la beauté!

Par Joëlle Bertossa, Coprésidente du PS Ville de Genève et productrice de film

Après le choc, après la résignation, après une année où l’accès à la culture fut pour le moins rarissime, que nous réserve 2021 ?

Malgré la pandémie et les courbes des nouvelles infections qui stagnent, les Suisse-sses peuvent skier, s’acheter du vernis à ongle ou des meubles à monter soi-même, mais la fermeture est maintenue pour les lieux de culture et les restaurants. La loi du marché s’impose, implacable, jusque dans les mesures choisies pour faire face à la pandémie : consomme et tais-toi.

Ces choix ont au moins le mérite de signifier clairement quelles sont les valeurs de notre société marchande ! Décréter que consommer des biens est plus essentiel que « consommer » de la culture me plonge dans la perplexité et fait naître une grande inquiétude. Une société sans culture, sans éducation, vire au chaos ou bien pire.

De cette première blessure, politique et intellectuelle, en découle une autre tout aussi fondamentale, l’inadéquation des moyens mis en place par la Confédération pour aider toutes les personnes dans l’impossibilité de travailler.

Comment accepter qu’il manque des moyens à la Confédération au moment ou la BNS annonce un bénéfice d’environ 21 milliards en 2020 ? Comment accepter la frilosité des partis bourgeois à ouvrir les vannes pour aider les entreprises, toutes les entreprises, touchées par la crise ? Comment accepter le refus de grands groupes d’assurance d’octroyer des baisses de loyers à leurs locataires commerciaux ?

Comme le réclame le Parti socialiste à tous les échelons politiques du pays, il faut des indemnités complètes (RHT à 100% et prise en charge des charges sociales de l’employeur, paiement des frais fixes, prolongation des indemnités chômage, etc), plus rapides et facilitées.

Garder jalousement, dans un réflexe totalement absurde des réserves pour après est une insulte crachée aux visages des travailleur-euses de tous les milieux concernés, pas seulement culturels !

Sans art, sans culture, et si des aides rapides ne viennent pas colmater l’hémorragie des faillites qui se succèdent dans les domaines culturels et gastronomiques, entre autres, j’ai peur qu’il ne nous reste comme fenêtre sur le monde qu’un ordinateur et que notre capacité de vivre ensemble en soit profondément et durablement atteinte.


05.01.2021

2021: pour le vivre-ensemble et la solidarité!

Par Lydia Schneider Hausser et Romain de Sainte Marie, Coprésident-es du PS genevois

Traditionnellement la carte de vœux se veut positive et ouverte vers l’avenir mais il est difficile de faire abstraction de l’année de crise que nous venons de vivre.

Alors 2021? Une année pour nous recentrer sur des valeurs nous rappelant que nous vivons toutes et tous autour d’un seul et même globe. Un virus nous le démontre chaque jour.

2021, une année charnière durant laquelle nous devrons redéfinir ce qui nous relie, ce qui fait la société et la solidarité que nous désirons.

2021 d’un point de vue sanitaire : notre pays va choisir un vaccin pour mettre un maximum de monde à l’abri de la COVID-19. Ces vaccins devraient être pris en charge totalement par nos assurances maladie et leurs réserves. Nous ne vivons pas isolés et devons penser la vaccination avec une vision globale.

2021 pour un soutien plus fort aux tissus économiques locaux et culturels. En octobre de l’année dernière, le Parti socialiste genevois demandait des soutiens à fonds perdus pour les commerces, les entreprises locales et le milieu de la culture, forcé-es de diminuer voir de stopper leurs activités. La majorité parlementaire fédérale de droite en est restée aux RHT ! Des aides plus significatives devraient être introduites encore durant l’année à venir.

2021 aura un goût social. Le retard pris dans le soutien à l’économie et à la culture va se reporter sur la nécessité de l’aide à la personne. Le confinement du printemps dernier a visibilisé toute une partie de la population qui vit dans la précarité voire la pauvreté. Mais une part beaucoup plus importante de personnes et de familles vont avoir besoins d’aide. Étant donné le caractère exceptionnel de cette situation, des mesures sociales devraient être assurer par la confédération. Cela pourrait être réalisé via un soutien aux cantons ou directement aux personnes (impôt fédéral négatif, prestations complémentaires pour les personnes en fin de droits chômage, etc).

2021 devra changer la redistribution des richesses via l’impôt et une réforme fiscale en ce sens devra aboutir.

Que cela soit au niveau communal, cantonal ou fédéral, le Parti socialiste genevois vivra une année 2021 cruciale pour faire respecter un revenu décent pour toutes et tous, pour lutter contre les inégalités et oser proposer des réformes. C’est pourquoi nous comptons sur votre engagement et vos idées pour réinventer une nouvelle manière de concevoir le vivre ensemble, la solidarité.


15.12.2020

Non aux assignations à résidence sans preuve!

Par Florian Schweri, Vice-président du PS Ville de Genève

La nouvelle loi sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme veut donner à l’Office fédéral de la police (fedpol) le droit de prononcer toute une série de mesures préventives contre les « terroristes potentiels ». La lutte contre le terrorisme est bien entendu légitime et la modification du Code pénal n’a d’ailleurs pas fait l’objet d’un référendum. Cette loi-ci, en revanche, pose de graves problèmes vis-à-vis de l’État de droit.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un « terroriste potentiel »? Selon la loi, il s’agit de quelqu’un dont on présume qu’il mènera des activités terroristes, c’est-à-dire toutes les « actions visant à influencer ou à modifier l’ordre étatique et susceptibles d’être favorisées par la commission d’infraction graves, la menace de telles infractions ou la propagation de la crainte ». Manifester ou signer une initiative populaire, par exemple, vise à modifier l’ordre étatique. Et qu’est-ce que la propagation de la crainte ? Ce sera au policier de choisir…espérons qu’il ne soit pas de nature craintive !

Ensuite, cette loi représente un changement de paradigme car elle se situe en dehors de la procédure pénale. En passant aux mesures préventives, on passe à un système où les preuves par définition n’existent pas, et où les simples soupçons de la police (exemple du Conseil fédéral : un like sur Facebook) suffisent à prononcer des interdictions de zones géographiques, de contact avec certaines personnes, de contrôler le tout avec un bracelet électronique, jusqu’à 12 mois ! Et pour les fortes têtes, on envisage même l’assignation à résidence pendant 9 mois.

Enfin, la procédure prévue est une prise de pouvoir de la police sur les tribunaux. En effet, à l’exception de l’assignation à résidence, toutes les autres mesures seraient ordonnées par fedpol seul. Un recours sera certes possible mais coûte cher et prend du temps, sans aucune garantie de succès puisque par définition, il sera impossible de prouver l’(in)utilité d’une mesure préventive. Combiné au large pouvoir d’appréciation qui sera octroyé à fedpol concernant le choix des personnes à considérer comme terroristes, cette situation rend l’application de la loi totalement incertaine et difficilement contrôlable.

Voici donc un chèque en blanc donné à fedpol. Prendre des mesures pour plusieurs mois, sans preuve et sans contrôle judiciaire ne peut pas être une compétence revenant à quelques policiers. Que la police enquête, soit, c’est son rôle, mais il faut que les mesures concrètes soient ordonnées par un tribunal. Parce que la Suisse est un État de droit.


08.12.2020

Un budget indispensable en pleine tempête

Par Thomas Wenger, Député et membre de la commission des finances du Grand Conseil

Le groupe socialiste au Grand Conseil, soutenu par une très large majorité de l’AG, a voté le budget 2021, indispensable pour répondre à la crise sanitaire, sociale, économique et culturelle.

Les discussions pour arriver à une majorité ont été ardues. Nous avons d’abord œuvré en vue d’une majorité gauche et MCG, qui aurait réuni 51 député-e-s (16 PS, 15 Ve, 9 EAG et 11 MCG). Or, le vote d’un budget déficitaire requiert 51 voix. Vous l’avez compris, si un-e seul-e député-e était absent-e (COVID) ou ne votait pas, c’était la mort du budget. En outre, il était peu probable de réunir cette majorité sachant que le MCG voulait l’annuité tout en coupant dans les postes, les Verts étaient partagés sur l’annuité et EAG refusait de voter un budget s’il ne comprenait pas l’annuité, tous les postes et des moyens supplémentaires, au risque de couler tout le budget.

Nous avons donc dû nous résoudre à négocier avec les autres partis gouvernementaux. En est ressorti ni compromis, ni consensus mais bien un accord ponctuel. Depuis le dépôt du budget par le Conseil d’Etat, le rapport de force dans les négociations s’est inversé en notre faveur grâce notamment aux mobilisations massives de la fonction publique. Sans elles, il aurait été impossible d’obtenir le retrait de la baisse des salaires des fonctionnaires (-1%), véritable « ligne rouge » socialiste, et les postes supplémentaires. Mais si la rue a sa force, elle a aussi ses limites. Les partis de droite (PLR et PDC) avaient aussi leur « ligne rouge », l’annuité.

Qu’avons-nous obtenu dans ce budget 2021 ?

  • 312 postes fixes nouveaux + 136 pérennisés (SPAD, SPC, DIP, OMP, etc.)
  • 210 postes d’auxiliaires COVID
  • 16,5 millions pour les HUG
  • 3,2 millions pour l’IMAD
  • 1,5 millions pour les EMS
  • 11 millions pour la culture
  • 20 millions pour les TPG
  • 14 millions pour les PME

Refuser ce budget, c’était mettre une croix sur tous ces acquis. C’est pourquoi, nous avons pris la décision d’accepter ce budget, imparfait mais indispensable pour donner les moyens à l’Etat et aux institutions subventionnées de répondre aux besoins de la population, notamment des plus précaires.

A l’avenir, nous devrons poursuivre le combat d’une fiscalité plus redistributive afin d’augmenter les recettes fiscales. Le PS, avec ses partenaires politiques, syndicaux et associatifs, devra continuer à se mobiliser dans ce sens. A court terme, face à cette situation critique, ce budget permettra a minima de renforcer les services publics et les prestations. Un tien vaut mieux que deux tu ne l’auras pas...


01.12.2020

Si ce n'est pas oui, c'est non!

Par Amanda Ojalvo, Coprésidente du groupe Égalité du PS genevois

Mercredi dernier - 25 novembre – lors de la Journée Internationale pour l’élimination des violences faites à l’égard des femmes, les associations féministes ne se sont pas laisser abattre par les restrictions liées à la pandémie. Leur créativité a initié de nombreuses actions sur les réseaux sociaux et dans la rue. Le Conseil municipal de la Ville de Genève s’est paré de rouge à l’initiative des femmes du groupe égalité du PSG. Au niveau international, les polonaises ont déclaré la guerre à leur gouvernement et mènent actuellement une lutte ardue pour leurs droits reproductifs.

Qui dit violence ne veut pas dire violence physique ni marque apparente de l’acte subi. Combien de femmes* encaissent des mots, des attitudes, des menaces, des intimidations au sein de leur foyer, sur leur lieu de travail ou dans l’espace public ?

Des menaces aux insultes jusqu’au féminicide, cette pente infernale de la violence est la triste réalité pour des dizaines de milliers femmes*. En 2019, en Suisse, 48 femmes* ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire. Une femme* sur trois subit au moins une fois du harcèlement sexuel sur son lieu de travail. Dans les espaces publics, les femmes* sont régulièrement exposées à du harcèlement de rue : sifflements, gestes ou propositions obscènes, voir même agressions physiques.

Une prison psychique enferme toutes ces femmes*. Le temps est venu de briser ce silence. Le confinement n’a pas aidé cette preuve de courage que demande l’acte d’oser parler, de porter plainte. Une oreille attentive et dénuée de jugement doit être offerte à quiconque ose prendre la parole et faire le pas, car la majorité ne porte pas plainte par honte de ce qui lui est arrivé.

La communauté LGBTIQ+ ne doit pas être oubliée. Elle est exposée à l'intolérance, aux discriminations, aux préjugés et aux violences physiques et verbales. En apposant l’astérisque au mot femmes, nous montrons notre soutien aux personnes transgenres.

Le Groupe égalité du PS genevois rejoint le mouvement de mobilisation nationale pour exiger que la Suisse intègre la notion de consentement dans sa révision actuelle des articles 189 et 190 du Code pénal qui pénalisent les violences sexuelles et le viol. Aujourd'hui, pour qu’un viol soit reconnu par la justice, une contrainte doit être prouvée. Cela nie l’état de sidération dans laquelle se trouve la personne qui subit un viol. Conséquence destructrice pour les femmes* et hommes qui sont victimes de tels actes, en particuliers les plus vulnérables qui ne sont pas entièrement en mesure d'exprimer leur conscience et volonté. Le Code Pénal ne respecte pas la Convention d’Istanbul entrée en vigueur en 2018, qui prévoit que l’absence de consentement soit au centre de la définition juridique du viol et des autres violences sexuelles, afin de mieux prendre en compte la réalité complexe de cet acte de violence qui détruit la vie psychique de celles et ceux qui le subissent.


24.11.2020

Une vie, une voix: oui au suffrage universel le 29 novembre!

Par Cyril Mizrahi, Député au Grand Conseil

Avoir un handicap ou besoin d’aide n’empêche pas d’avoir une opinion. Pourtant, à Genève, environ 1'200 personnes âgées ou avec un handicap sont privées de leurs droits politiques. Des personnes comme Anne Tercier, une Lausannoise avec un handicap mental qui a témoigné dans Le Temps du combat qu’elle a dû mener pour récupérer ses droits politiques. Ou Simone* (prénom fictif, personne connue de l’auteur de ces lignes), une Genevoise de 45 ans dont la RTS nous dit qu’elle a un trouble psychique, et qui n’a jamais pu voter parce qu’elle a été placée sous curatelle pour la « protéger » d’un amour de jeunesse. Des situations qui n’ont rien d’exceptionnel.

Genève a voulu faire un pas en avant en demandant aux juges de trancher de cas en cas sur les droits politiques, au lieu de la privation automatique prévue auparavant en cas de curatelle de portée générale. Sept ans après la nouvelle constitution, l’échec sur ce point est sans appel : le nombre de personnes privées de leurs droits politiques a largement augmenté, et personne ne sait sur la base de quels critères médecins et juges se prononcent.

Tout simplement parce que la « capacité de discernement » est une notion de droit civil qui s’applique pour savoir ce qui est raisonnable, par exemple, en matière de vente d’un immeuble ou de placements financiers. Elle ne s’applique en revanche pas pour les droits politiques, des droits éminemment personnels, que chaque personne exerce de manière libre : par exemple, certain-es votent avec leur tête, d’autres avec leur cœur. Est-il raisonnable de voter pour l’achat d’avions de combat ou pour tel candidat-e ? On voit bien qu’il est impossible de définir cela objectivement, ce d’autant que la complexité des enjeux est très variable.

Les personnes qui ne peuvent absolument pas voter ne le font de toute façon pas, sans qu’une décision ne doive être prise à ce sujet. Le vote n’est pas obligatoire, et nombre de personnes ne votent pas. Dès lors, pourquoi prendre le risque de priver injustement certaines personnes de leurs droits ? Et pourquoi prévoir un « examen » uniquement pour les citoyennes et citoyens âgés ou avec handicap qui ont besoin d’aide, et non pour les autres ? Cela est totalement discriminatoire, comme le démontrent notamment Thierry Tanquerel et Samia Hurst-Majno. C’est exactement ce que faisaient les États ségrégationnistes du sud des États-Unis en prévoyant un test d’alphabétisation pour les citoyennes et citoyens noirs.

Les opposants invoquent souvent le risque de fraude. A les suivre, les professionnels et proches qui viennent en aide aux personnes handicapées ou âgées seraient des fraudeurs en puissance et il faudrait donc « protéger » toutes les personnes qui ont besoin d’aide, ce qui impliquerait donc de punir toutes les personnes aveugles ou en EMS en les privant de leurs droits. En réalité, le risque de fraude est marginal et surtout inhérent au vote par correspondance, de même que l’influence des proches, car rares sont les personnes qui votent sans en parler à quiconque ou jeter un œil aux prises de position des partis et organisations.

Pour en savoir plus, une seule adresse, le site du comité unitaire « Une vie une voix » : www.une-vie-une-voix.ch


17.11.2020

Garantir l'intérêt général

Par Guylaine Antille, Maire de Bernex

La population genevoise se prononcera le 29 novembre sur le déclassement d’une zone agricole sur laquelle - depuis plus de 20 ans - la Sablière du Cannelet exerce son activité de recyclage de matière de chantier de manière illégale. Durant toutes ces années, elle a systématiquement ignoré les mises en demeure de l’autorité cantonale ainsi que les injonctions de la justice. De plus ce déclassement correspond à un mitage du territoire non conforme à la loi sur l’aménagement du territoire.

Malgré une proposition du Canton en 2002 déjà pour déplacer les activités en zone industrielle, la Sablière du Cannelet a refusé de déménager !  En refusant ce déménagement en zone industrielle - dévolue pour ce type d’activités - l’entreprise a évité de payer un loyer : elle a ainsi fait d’importantes économies.

De plus, en l’absence d’autorisation d’exploiter, la conformité de l’installation aux normes actuellement en vigueur n’a jamais fait l’objet d’une étude d’impact sur l’environnement, ce qui ne donne aucune garantie en matière de préservation de la qualité des sols et des eaux.

C’est en zone industrielle, comme le prévoit la loi, que doit s’effectuer le recyclage des déchets de chantiers.

En refusant la modification des limites de zones sur le territoire de la commune d’Avusy, on refuse d’accepter la politique du fait accompli et l’octroi d’une prime à l’illégalité.

La pression sur les zones agricoles est forte au vu des enjeux de développement urbain et d’infrastructures publiques, en particulier dans cette région du canton. Tout déclassement doit se faire en respectant le droit et en prenant en compte l’intérêt général.

Voter NON le 29 novembre à la modification des limites de zones sur le territoire de la commune d’Avusy, c’est affirmer que nous refusons de créer un grave précédent. C’est affirmer que c’est l’Etat de droit, le sens de l’équité qui régit nos actions pour aujourd’hui et pour les générations futures.


10.11.2020

Les assuré-es ne doivent plus être complices des marchands d'armes!

Par Christian Dandrès, Conseiller national

Voter OUI à l’initiative « Pour une interdiction du financement des producteurs de matériel de guerre », c’est refuser que la Suisse participe à une politique internationale militariste, impérialiste et ultra-sécuritaire.

L’industrie de guerre requiert énormément d’investissements. L’armement actuel atteint des niveaux de technologie et de prix très élevés. Les missiles américains Tomahawk coûtent 1,86 millions de dollars[1] pièce, le nouveau missile de croisière naval français (MdCN) 2,86 millions[2] d’Euros.

C’est un secteur commercial très lucratif. Dassault Aviation, qui fabrique le Rafale, a réalisé un bénéfice net de 11,1% en 2019 et aurait versé 212 millions d’Euros de dividendes en 2020, sans le COVID-19[3]. Ces profits sont quasiment garantis par les États où ces industries opèrent. Les armées de ces pays jouent en outre un rôle-clef pour promouvoir les armes.

Les interventions militaires en Syrie l’illustrent. Elles ont servi de « vitrine » pour la Russie ou, à moindre échelle, pour la France. Le journal Les Echos indiquait que la Russie y avait « testé plus de 200 nouveaux types d’armes »[4]. La France y a aussi utilisé, pour la première fois, ses missiles MdCN. Les interventions militaires sont donc essentielles pour ces industries. La souffrance, la mort et les destructions causées par ces armes sont autant de preuves de leur efficacité.

Ces groupes industriels sont bien représentés et/ou défendus dans les enceintes politique. On se souvient des liens entre Blackwater et les néo-conservateurs américains. Cette industrie pèse sur l’augmentation des budgets militaires et sans doute sur la décision d’intervenir dans des conflits armés. Pour que les actionnaires gagnent de l’argent, il faut que ces armes soient vendues et servent.

Investir dans des entreprises d’armement n’est donc pas neutre politiquement. Un tel investissement participe en outre d’une politique de grandes puissances. Acheter les armes produites par un « champion » industriel national équivaut à entrer dans un système d’alliance militaire. Le pays qui supporte le complexe militaro-industriel soutient celui qui achète ses armes. Le gouvernement ultra-conservateur polonais multiplie les achats d’armes aux entreprises états-uniennes (32 avions F-35 pour 4,6 à 6 milliards de dollars), en parallèle d’un accord de défense signé cet été.

Les caisses de pension ne sont pas obligées de financer des armes pour verser des rentes. Celles de la Migros, PUBLICA, la BVK et La Mobilière ont des centaines de milliers d’assuré-es et servent de bonnes prestations – celle de la Migros fait même mieux que la CPEG - sans investir dans l’armement.

 

[1] https://comptroller.defense.gov/Portals/45/documents/defbudget/FY2017/FY2017_Weapons.pdf#page=63

[2] http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion_def/l15b2305-tvii_rapport-avis#

[3] https://www.dassault-aviation.com/fr/groupe/finance/chiffres-cles-2019-du-groupe/

[4] https://www.lesechos.fr/monde/europe/larmee-russe-bombe-le-torse-1217912


03.11.2020

Initiative pour des multinationales: nous devons gagner!

Par Laurence Fehlmann Rielle, Conseillère nationale

Rappelons que l’initiative est portée par un collectif composé d’une centaine d’associations issues de divers milieux (humanitaires, syndicaux, religieux, entrepreneuriaux). Elle demande que les entreprises assument leurs responsabilités en matière de protection des droits humains et environnementaux. Les multinationales basées en Suisse devront contrôler les activités de leurs filiales basées à l’étranger. Si une filiale d’une multinationale suisse a commis des violations des droits humains ou des dégâts à l’environnement, les victimes pourront demander réparation en Suisse. Ces dernières devront prouver le dommage subi et le lien de causalité avec l’activité de l’entreprise.

L’initiative concerne 1'500 multinationales basées en Suisse. Les petites et moyennes entreprises (PME) ne sont pas concernées à moins qu’elles ne soient actives dans un secteur à risques comme le commerce de l’or, des diamants ou du bois.

Un certain nombre de multinationales violent régulièrement les droits humains ou portent atteinte à l’environnement.

Par exemple, en décembre 2018, au Pérou, des agents de sécurité commandités par Glencore ont attaqué des paysannes s’opposant à l’agrandissement d’une mine de cuivre pour protéger leurs terres. Sygenta continue de vendre un pesticide qui a empoisonné des agriculteurs en Inde alors que le produit est interdit en Suisse. Ces exemples récents montrent qu’il n’est absolument pas suffisant de faire des recommandations pour que ces entreprises modifient leurs pratiques.

Contrairement aux allégations des opposants, le fardeau de la preuve ne sera pas renversé puisque les victimes devront apporter la preuve des dommages subis. Mais la multinationale incriminée devra aussi démontrer qu’elle a pris toutes les mesures adéquates afin d’être libérée de sa responsabilité.

Une autre allégation à combattre : la Suisse ne sera pas la seule à prendre des mesures. La France, les Pays-Bas, le Royaume Uni et l’Allemagne ont des dispositions analogues aux exigence de l’initiative, notamment en termes de responsabilité civile. Les multinationales ne fuiront dons pas la Suisse en raison de cette nouvelle régulation.

Il nous reste trois semaines pour renforcer la mobilisation et soutenir les quelque 350 comités locaux et les 120 organisations qui s’activent depuis des années. De nombreuses personnalités de droite soutiennent aussi l’initiative afin que les moutons noirs ne continuent pas à ternir l’image de la Suisse.


27.10.2020

Quelle politique pénitentiaire pour Genève?

Par Léna Strasser, Députée et cheffe de groupe au Grand Conseil

Le dernier vote en date au Grand Conseil, serré et tendu, autour de la construction d’une nouvelle prison dite « des Dardelles », a enterré un projet mastodonte. Longuement étudié en commission il fut adapté, revisité, redimensionné pour finalement être présenté dans sa version initiale en plénière. Retour à la case départ : une énorme prison d’un autre âge.

Le rejet du projet laisse une question en suspens : comment va-t-on améliorer rapidement les conditions de détention des détenu-es à Genève pour en faire des conditions dignes ? Comment va-t-on pouvoir mettre en œuvre la réinsertion durable des détenu-es dans la société ? Quelles réponses va-t-on trouver pour que la détention des femmes et des personnes les plus fragiles se fasse dans des lieux adéquats et protégés ?

De nos jours ce ne sont pas les exemples de politiques pénitentiaires novatrices et efficaces qui manquent en Europe. Fort de ce fait, l’Alternative et le PDC ont déposé conjointement cet été une motion pour une autre vision de la détention dans notre canton. Traitée rapidement en commission, elle revient à l’ordre du jour de la session des 29 et 30 octobre comme un début de réponse pour une future politique pénitentiaire dans notre canton.

Elle vise à renforcer les mesures alternatives à la détention telles que le bracelet électronique, les travaux d’intérêt généraux ou encore d’augmenter le nombre de détenu-es exécutant une partie de leur sanction sous forme de travail externe. Elle vise également à créer des lieux de détention dit « en milieu ouvert », de petites tailles, permettant la transition entre détention et liberté avec un accès à la formation qualifiante et au travail, y compris pour les femmes. Elle propose encore de renforcer l’accès à la culture et à la formation et d’offrir, dans l’ensemble des établissements de détention, des lieux de production artistique qui puissent jouer un rôle de formation professionnelle et d’interface avec la population. Une motion qui ouvre les possibles donc et qui a le mérite de proposer une vision humaine, digne et réaliste des sanctions liées à des délits dans notre canton.


20.10.2020

Deux nouveaux visages à la tête du PS Suisse!

Par Carine Simoes, membre du Comité directeur - responsable des liens avec le PSS

Il s’agit d’une première pour le PS Suisse, chapeauté pour les années à venir par une coprésidence. Le duo, Mattea Meyer (ZH) et Cédric Wermuth (AG), a été élu par une majorité écrasante lors du Congrès du samedi 17 octobre à Bâle. L’évènement s’est tenu in extremis en ligne afin de permettre au plus grand nombre de délégué-es d’y participer activement.

Si l’heure n’est plus à la présentation de ces deux camarades et militant-e-s aux convictions marquées à gauche, leurs ambitions pour le Parti méritent d’être rappelées. C’est un PS « symbole de la rupture » que la coprésidence souhaite mettre en avant. Tout en continuant d’incarner l’espoir d’un monde meilleur pour toutes et tous sans privilèges, l’accent est mis sur la volonté de renforcer le dialogue démocratique autour des grands défis de l’avenir.

Plus fort encore, la nouvelle coprésidence a souligné à maintes reprises l’importance de développer l’organisation du Parti et d’accorder davantage de place aux partis cantonaux et aux sections dans la politique nationale. Pour le PS genevois – au même titre que pour les autres partis cantonaux, sections régionales ou communales – cette coprésidence devrait insuffler un élan politique bottom-up.

En direct samedi, Mattea Meyer a attesté du besoin de rendre visible au niveau national l’important travail mené par les partis cantonaux. A cela, Cédric Wermuth a ajouté que la politique suisse s'est de plus en plus orientée vers le niveau national. Ces déclarations confirment une volonté annoncée de la coprésidence de donner plus de poids au travail accompli par le PS genevois et les autres partis cantonaux, y compris les sections.

Fort de cet élan supplémentaire pour notre Parti, notre motivation, notre engagement et notre énergie doivent se démultiplier afin que nos actions, nos initiatives et nos idées continuent de contribuer à façonner la Suisse de demain. Les succès du PS genevois pourraient devenir ceux de toute la Suisse. Alors, mobilisons-nous pour un PS genevois fort, moteur d’une « rupture » nécessaire pour une société plus inclusive, démocratique et sociale.

13.10.2020

Evacuer maintenant!

Par Sylvain Thévoz, Député au Grand Conseil 

Samedi dernier a eu lieu sur la Place fédérale à Berne un rassemblement national organisé par la coalition #evacuer-maintenant. Les organisations militant en faveur du soutien des villes suisses à l’accueil des réfugié·es du camp de Moria sur l’île de Lesbos en Grèce exigeaient la fin de la situation inhumaine dans le nouveau camp mis en place suite aux incendies de septembre. L’utilisation de l’argent des contribuables suisses pour construire un deuxième camp sur un champ de tir militaire a été dénoncée ainsi que les conditions de vie des réfugié·es. Plusieurs centaines de personnes étaient présentes pour rappeler l’urgence à ce que notre pays fasse davantage qu’une charité à distance.

Au mois de juin déjà, plus de 50’000 personnes et 132 organisations ont demandé au Conseil fédéral d’accueillir le plus grand nombre possible de réfugié·es de Grèce. Huit villes suisses se sont déclarées prêtes à s’engager dans ce sens, dont la Ville de Genève. Depuis, la volonté politique de la Confédération demeure inexistante. Karin Keller-Sutter a exprimé à de nombreuses reprises son refus concernant une meilleure prise en charge des réfugié·es.

Depuis des années, la situation des réfugié·es dans les camps des îles grecques se dégrade. Leur droit de déposer une demande d’asile a été suspendu par le gouvernement grec. Aujourd’hui, ils·elles sont près de 40’000 à survivre, femmes, enfants, aîné-e-s, dans des conditions inhumaines, entassé·es les un·es sur les autres, sans accès à de la nourriture, à l’hygiène et à des soins médicaux. A Lesbos, un mois après l’incendie de la Moria, un nouveau camp d’urgence va accueillir les migrant·es, toujours dans les mêmes conditions désastreuses et le surpeuplement. Et cela, à moins de 2’000 kilomètres de Genève, en Europe ! Drame dans le drame, la pandémie de la Covid-19 aggrave mortellement cette crise humanitaire.

Durant la manifestation de samedi dernier, il a été répété et martelé à l’intention  du Conseil fédéral que la Suisse doit participer à l’évacuation immédiate des camps de réfugiés grecs et accueillir le plus grand nombre possible de réfugié·es. Les témoignages étaient poignants. Les appels à la solidarité de celles et ceux qui sont passés par ces camps de la honte ne doivent pas rester lettre morte. Il nous revient d’augmenter la pression sur nos autorités, le Conseil fédéral, afin de ne pas laisser l’extrême droite et les peurs détruire la tradition humanitaire et humaniste de la Suisse. Il nous appartient de renforcer la mobilisation, au côté des associations actives dans le domaine de l’asile, avec un slogan #evacuer-maintenantet une volonté inflexible : accueillir le plus grand nombre  de réfugié·es possible en Suisse. La barque n’est pas pleine. Nous avons de la place. L’histoire nous jugera.

06.10.2020

Solidarité, égalité et justice sociale!

Par Lydia Schneider Hausser et Romain de Sainte Marie, Coprésident-e-s du PS genevois

Chères et chers camarades,

En préambule, nous remercions tous les membres du Parti socialiste de la confiance qu’ils-elles nous témoignent en nous désignant à la présidence de ce parti.

Malgré les risques liés à la période «covidienne» anxiogène vécue actuellement, un cinquième des membres de notre parti a participé, en chair et en os, au Congrès de samedi. S’il fallait encore le démontrer, nos membres expriment ainsi un besoin de faire front ensemble aux difficultés que rencontrent autant notre population que nos associations, indépendant-e-s et entreprises.

Nous tenons également à remercier Pascal Holenweg pour sa candidature à la présidence et le contenu qu’il a ainsi apporté et revendiqué. Très clairement, nous partageons ses réflexions et propositions d’actions, marquées à gauche. Celles-ci sont résolument ancrées dans un renouveau socialiste au service du plus grand nombre, un soutien à un service public fort et vers une lutte pour plus de droits aux travailleur-euses dans l’économie.

En tant que nouvelle présidence, nous aurons à cœur, avec les membres du comité directeur, de garder à l’esprit trois axes fondamentaux: solidarité, égalité et justice sociale. Ces trois éléments doivent guider notre lutte dans la construction d’un nouveau modèle de société. Ils sont les fondements même de la lutte socialiste.

Que ce soit en matière de logement, de travail, de cohésion sociale, de santé, de fiscalité, ou encore d’enseignement et de formation, nos actions et propositions doivent être articulées autour de ces fondamentaux. Notre but est d’apporter cohérence et clarté dans notre discours politique. Les mécanismes internes du parti, nos relations avec les syndicats et les associations, les débats et les formations doivent servir à la construction de propositions renouvelées pour l’avenir du canton et de sa population. Car plus que jamais, avec la crise sociale et économique que nous traversons, les genevoises et les genevois devront pouvoir compter sur notre lutte en faveur d’une société solidaire, égalitaire et socialement juste.

Enfin, nous avons constaté, lors des dernières votations, que lorsque nous sommes uni-e-s avec nos partenaires du monde syndical et des autres partis de gauche, nous gagnons ! Tout en travaillant sur notre spécificité socialiste, nous avons à participer à la construction d’une force novatrice de gauche pour les prochains rendez-vous électoraux de 2023 et les nombreuses votations d’ici-là, mais avant tout pour nos enfants et un futur où l’humain pourra, avec plaisir, encore vivre.


29.09.2020

Merci à vous toutes et tous!

Par Gérard Deshusses, Présidente du PS genevois

Camarades,

Le temps est venu de quitter la présidence que vous m’avez confiée il y a tantôt deux ans. Un travail considérable a été accompli dans tous les domaines.

C’est un Secrétariat renouvelé, avec la venue de Frédérique Bouchet, Clémence Peillex, puis Camille Reynolds et Lucie Caille, qui sont venues rejoindre Morgane Dentan, déjà en poste. Le nouveau secrétariat a rapidement pris ses marques avec le soutien de la Présidence et magnifiquement fonctionné.

Les statuts ayant été modifiés, un Bureau a été (re)créé et le CD élargi. Force est de constater que ces modifications se sont révélées judicieuses et qu’elles ont permis de résoudre bien des difficultés relevées par les présidences précédentes en matière de gestion du temps et de répartition des tâches notamment.

L’articulation Bureau/ CD, ce dernier déplacé en soirée, a parfaitement fonctionné, après la rédaction d’un cahier de répartition des charges précis entre les deux entités.

Si la Présidence n’a pas recouru à la convocation d’assemblées de délégués, le CD ayant été élargi, elle a en revanche réactualisé le concept d’assemblées thématiques avec l’appui des présidences des commissions du parti. Il en a été tenu trois qui ont eu un vif succès et qui ont débouché sur diverses productions.

Il convient de relever que l’ensemble des commissions ont été mises à contribution et que la COCOM, présidée par Françoise Joliat, fonctionne bien.

Il en va de même de la COOSEC, présidée par Matthieu Jotterand, qui compte désormais un membre de plus, la section Collex-Bossy ayant vu le jour, avec le soutien effectif de la Présidence, en juin 2019.

Vous dire aussi que la santé financière du PSG est bonne et remercier Pancho Gonzalez qui par son engagement immense de trésorier, est l’artisan de cet équilibre indispensable pour mener nos luttes et combats.

Enfin un mot très personnel pour exprimer mes remerciements les plus chaleureux pour les membres du Bureau, les membres du Comité Directeur et du Secrétariat, sans lesquel-le-s rien n’aurait été possible.

Et un merci tout particulier à Caroline Marti, première vice-présidente, mais de fait co-présidente, puisque nous avons partagé les charges de la Présidence avec intelligence et efficacité.

Cette collaboration étroite, ce partage des tâches présidentielles très réfléchi, montrent combien, le concept d’une co-présidence statutairement acquise est d’actualité.

Merci à vous toutes et tous, Camarades ! Et mes meilleurs vœux accompagnent la prochaine Présidence.

22.09.2020

Faire passer les fonctionnaires et les personnes précaires à la caisse, c'est non!

Par Caroline Marti, Vice-présidente du PS genevois et députée

Non-indexation ajoutée à une baisse de 1% des salaires, suspension de l’annuité 2021 et augmentation de la part de cotisation pour les employé-e-s dès 2022, le Conseil d’État n’y va pas de main morte contre la rémunération des travailleuses et travailleurs du secteur public dans son projet de budget et son plan financier quadriennal.

A travers ces mesures dirigées contre la fonction publique, le message politique du gouvernement genevois est limpide : faire payer la crise et ses conséquences financières aux travailleuses et travailleurs de ce canton. Car ne nous y méprenons pas, la baisse des salaires qui menace aujourd’hui la fonction publique ne manquera pas de faire tache d’huile et touchera demain le secteur privé de plein fouet.

Or, si l’épidémie du Covid-19 nous a appris une chose, c’est bien que l’économie libérale s’est montrée vulnérable et incapable de faire face à une situation de crise alors que les services publics ont démontré leur importance systémique. Il y a quelque chose de particulièrement indécent dans le choix de faire peser le poids de la crise sur les épaules du personnel soignant, des enseignant-e-s, des éducateur-trices, des policier-ère-s, des chauffeur-euse-s TPG, des aides à domicile, bref, sur celles et ceux qui se sont retrouvés sur le pont en pleine tempête et nous ont permis de traverser cette crise.

Par ailleurs, le Conseil d’État essaye de faire passer ces mesures d’austérité à l’encontre des fonctionnaires comme un soi-disant mécanisme de solidarité des travailleurs et travailleuses du secteur public vis-à-vis de celles et ceux du secteur privé. Cela n’a strictement aucun sens ! En quoi baisser les salaires de la fonction publique aideraient d’une quelconque manière les employé-e-s du secteur privé ? Ayant exclu d’emblée toutes nouvelles recettes fiscales, même temporaires, pour financer les prestations et les services publics, le Conseil d’État demande en réalité à la fonction publique d’être solidaire avec… les plus fortuné-e-s. Alors que l’histoire nous montre que la meilleure manière de sortie d’une crise est d’augmenter les dépenses de l’État financé par une augmentation de l’impôt sur les hauts revenus et les grandes fortunes[1], le Conseil d’État, lui, fait tout le contraire et décide de limiter les charges tout en octroyant aux plus nantis une diminution de l’impôt sur la fortune.

Le seul fait que l’augmentation des charges prévue au projet de budget 2021 soit la plus base depuis 20 ans démontre que le Conseil d’État n’a tout simplement pas pris la mesure de la crise que l’on travers, pas plus que des ces conséquences économiques et sociales. C’est par une politique anticyclique d’augmentation des investissements et de paiement des salaires que nous pourrons amorcer un processus de relance économique et de préservation des emplois. Ce n’est non pas par le maintien mais par le développement de nouvelles prestations pour répondre aux besoins croissants de la population que nous saurons endiguer la vague de précarisation qui menace des pans entiers de notre population.

Camarades, nous entrerons dans les semaines et les mois à venir dans une période charnière. De notre capacité de mobilisation, de notre force à contester ce budget, de notre aptitude à inverser la tendance, dépendent la possibilité de réduire les inégalités, la protection sociale des personnes précaires, la dignité des travailleuses et travailleurs et la qualité de nos services publics et ce, pour les décennies à venir.

[1] Thomas Piketty, Capital et Idéologie, Chapitre 10, La crise des sociétés de propriétaires


15.09.2020

Un salaire minimum pour la dignité

Par Roxane Aubry, Conseillère municipale en Ville de Genève

Marta est née à l’étranger et est issue d’un milieu socio-économique défavorisé. Elle n’a pas eu l’opportunité de se former ou d’effectuer des études. Elle a dû travailler dès la fin de sa scolarité, passant de petits jobs en petits jobs. Il y a quelques années, dans l’espoir d’une vie meilleure et plus stable, elle est venue à Genève chercher un travail.

Grâce à l’aide de son réseau, elle a pu décrocher un emploi dans une entreprise de nettoyage. Si cette opportunité lui a permis d’améliorer ses conditions de vie et de s’insérer sur le marché du travail en Suisse, Marta a vite déchanté. Dès les premiers mois d’activité, elle s’est rendue à l’évidence que les conditions de travail étaient éprouvantes.

Marta travaille assidûment plus de 40 heures par semaine. Elle effectue des horaires irréguliers et doit être disponible tous les jours, y compris les week-ends. Le nombre de chambres à nettoyer par tranche horaire est fixé par l’entreprise de nettoyage. Cet objectif, irréaliste, est d’autant plus difficile à atteindre lorsque les chambres sont sales. Plusieurs fois par semaine, Marta termine le nettoyage des chambres en dehors des heures de travail imparties. Cela représente en moyenne cinq heures de travail hebdomadaires non payées. Pourtant, Marta est très rapide, organisée et efficiente dans son travail, tout comme ses collègues qui sont confrontées à la même difficulté. Par crainte d’être licenciées, et sans autres alternatives professionnelles, Marta et ses collègues se plient en quatre, usées physiquement par des tâches qui mettent les corps à rude épreuve dans un contexte de fortes pressions psychologiques.

Marta gagne 3'600 Frs brut par mois (13ème salaire compris). Mère célibataire, les frais de garde pour son fils sont élevés, car elle doit solliciter de l’aide en dehors des horaires d’ouverture de la crèche, tôt le matin, les jours fériés et les week-ends. Son loyer et ses autres charges mensuelles pèsent lourdement sur ses faibles ressources financières. Pour subvenir à son entretien, elle doit recourir à des aides publiques. Pourtant, Marta travaille à 100%.

Accepter l’initiative populaire « 23 frs, c’est un minimum » pour un salaire minimum légal à Genève le 27 septembre est indispensable pour permettre à des dizaines de milliers de personnes, notamment des femmes surreprésentées dans les secteurs économiques les plus précaires et les moins bien rémunérés, d’améliorer leur situation globale, de cotiser davantage pour leur retraite et de parvenir à vivre plus décemment de leur travail.

Dire oui, c’est encourager une plus juste redistribution des richesses, lutter contre les salaires au rabais, renforcer le droit du travail, soutenir ceux et celles qui offrent des services nécessaires à la collectivité au prix de conditions de travail et de vie difficiles. Dire oui, c’est octroyer davantage de reconnaissance à une main-d’œuvre indispensable qui s’use et sue sans parvenir à joindre les deux bouts.

08.09.2020

Pas de cadeaux fiscaux aux familles aisées !

Par Laurence Fehlmann Rielle, Conseillère nationale

Selon le projet initial du Conseil fédéral, les parents devaient pouvoir déduire jusqu’à Fr 25'000.- de frais de garde de leurs enfants sur l’impôt fédéral direct. L’idée était de favoriser la reprise du travail de certaines femmes qui renoncent à leur emploi car leur salaire sert à payer les frais de crèches. Le Parti socialiste n’était pas très enthousiasmé par ce projet mais ne s’y est pas opposé car le manque à gagner ne représentait que 10 millions de francs pour les caisses fédérales.

Toutefois, la méfiance des Socialistes s’est muée en colère suite à l’amendement de la droite qui a dénaturé le projet en proposant en plus une hausse de la déduction générale par enfant de Fr 6'500.- à Fr 10'000.-. Cette hausse s’appliquera à chaque enfant mineur en apprentissage ou en étude. Le coût du projet va donc passer de 10 à 370 millions. La gauche a vainement essayé de s’opposer à cette nouvelle version de même que le Conseiller fédéral Ueli Maurer qui a critiqué ses conséquences budgétaires. En outre, le projet modifié n’a jamais été discuté et une révision de cette ampleur aurait dû faire l’objet d’une consultation notamment des cantons qui s’y opposent aussi.

Pour les Socialistes, il est inacceptable de faire un tel cadeau fiscal aux familles aisées. Ce qui devait être une modeste incitation pour les femmes très qualifiées à rester sur le marché du travail s’est transformé en un allégement fiscal démesuré qui ne profitera qu’aux ménages les plus favorisés. Il ne représente pas d’aide supplémentaire aux familles pour leurs frais de garde.

En ternes de chiffres, il faut avoir un revenu de Fr 300'000.- pour bénéficier de l’exonération maximale de Fr 910.- et de Fr 190'000.- pour obtenir une exonération de Fr. 500.-. Les revenus se situant dans les tranches inférieures ne recevront que des miettes.

Au lieu de proposer des déductions fiscales, le Parti socialiste prône un système de crèches gratuites qui soit assimilé à un service public comme l’école.

Le 27 septembre, il faut faire mentir les sondages pour l’instant favorables à ce projet trompeur en glissant un non très clair dans les urnes !

01.09.2020

Un congé paternité de deux semaines: c'est un début

Par Arnaud Moreillon, Conseiller municipal en Ville de Genève

Il y a cinq ans, j’ai eu un congé paternité de deux semaines à la naissance de notre fils. Ce généreux droit, au vu de la situation de mes concitoyens, m’a été octroyé par la convention collective de travail (CCT) qui me lie à mon employeur. J’ai pu donc tester le modèle sur lequel les Suisse-sse-s vont être amené-e-s à voter le 27 septembre 2020.

Ces 14 jours m’ont permis d’accueillir notre enfant, de faire sa connaissance et de me rendre totalement disponible pour celui qui allait devenir l’être le plus important du reste de ma vie et pour celle avec laquelle je découvrais le rôle de parent. Ces 14 jours m’ont donné les moyens d’assurer le rôle de père et de compagnon présent que je me souhaitais d’être avant de renouer avec le temps contraint de mon existence. C’est donc bien la CCT qui a assuré à ce petit enfant de quelques heures la présence continue de ses deux parents et permis à notre petite famille de prendre ses marques à trois.

J’aimerais prendre ici le temps de penser aux mères qui connaissent un « baby blues ». Nous avons eu la chance de ne pas avoir à traverser cette épreuve. Avoir un compagnon réellement présent durant ces moments-là peut s’avérer fondamental.

Si l’économie doit servir à quelque chose, c’est bien cela : permettre à toutes les familles, indépendamment de leur niveau de revenus, d’avoir les moyens d’accueillir leur bébé. Sans la CCT, si mes conditions d’existence avaient été différentes, j’aurais très certainement dû opérer d’autres « choix », en défaveur de ma famille et de l’accueil de mon enfant qui venait de naître.

Certes, par rapport au congé parental que le PS ambitionne, nous sommes loin du compte, mais ce pas dans la bonne direction est fondamental. Il est d’ailleurs piquant de voir une majorité des délégué-e-s du PLR suisse souhaiter refuser ce droit à tous les pères du pays et par là, à tous leurs enfants et leurs compagnes. Une décision en dehors de son temps, simplement archaïque.

Un OUI le 27 septembre est d’abord un pas vers l’égalité homme femme. Un pas vers celles et ceux qui ont manifesté en masse pour l’égalité. Dire OUI, c’est reconnaître l’importance de donner des moyens à tous les pères de prendre possession du rôle qu’ils se souhaitent. Dire OUI, c’est reconnaître qu’il est acceptable pour l’économie de redistribuer ce tout petit bout de richesses pour tous les enfants du pays : deux semaines avec leur papa à la maison pour commencer leur existence.

 

25.08.2020

Une gestion du Conseil d’État mise en question

Par Alberto Velasco, Député au Grand Conseil

Les comptes 2019 affichent des charges à hauteur de 8,7 milliards et des revenus à hauteur de 8,9 milliards. Par rapport aux comptes 2018, nous avons une croissance des charges d'une année sur l'autre de 2.5%, avec une croissance des revenus inférieure à celles-ci. Bien que l’excédent des comptes 2019 soit satisfaisant, l'entrée en vigueur dès 2020, des réformes RFFA, contre-projet à l'IN 170 et CPEG acceptées par le peuple font que de tels excédents restent insuffisants pour répondre aux implications financières de ces réformes et nouvelles prestations à venir. Sans compter sur les conséquences, au niveau économique, de la crise sanitaire que nous vivons. Conséquences que payeront, comme toujours, les plus faibles ! Celles et ceux qui doivent subir le confinement dans un logement exigu avec leurs enfants, ces mêmes enfants qui dans un tel logement ont subi l’inégalité scolaire et celles et ceux qui vont perdre leur travail. Il s'agira donc pour les socialistes de veiller à ce que non pas l’équité fiscale, mais l’égalité dans l’effort soient assumées par ceux et celles qui sont les mieux lotis dans cette société.

Bien que les comptes aient été acceptés formellement il n’a pas été de même en ce qui concerne la gestion de l’état par le Conseil d’Etat, car sur les 15 politiques publiques soumises à leur approbation la majorité de celles-ci ont été refusées et par conséquent c’est bien l’expression du refus de la politique menée par le Conseil d’État. Notons que la raison qui a prévalu à ce refus n’est pas unilatérale. Pour la droite c’est fondamentalement l’évolution des charges correspondante un manque de volonté de la part du Conseil d’État de procéder à des réformes structurelles qui a motivé son refus d’approuver la gestion du Conseil d’État. Pour le Parti socialiste la restriction ou la non-affectation des postes au niveau des politiques publiques aussi fondamentales que la formation, la santé ou le social impacte la situation de stress de certains services et par la même occasion la gestion de l’État.

Par ailleurs, la situation qu’a connu notre canton lors de cette pandémie a révélé certaines carences en matière de prévisibilité, de la part du Conseil d’État concernant sa gestion. En effet, les longues files de personnes, par milliers, attendant de recevoir un cabas de 20 Fr de nourriture révèlent une pauvreté cachée. Le Conseil ignorait qu’il y avait dans ce canton des milliers de personnes sans papiers dans des conditions de fragilité sociale ? Si ce n’est pas le cas alors comment avoir permis qu’une telle situation persiste ? Comment ne pas avoir prévenu que dans le cas d’une grave crise celle-ci aurait une incidence sur une population précarisée socialement, se logeant en sous-location avec des logements exigus, sans contrat de travail et sans droit à la santé !

18.08.2020

Rentrée scolaire: un défi toujours plus grand pour les enseignant-e-s

Priscille Dia-Laplace, membre du Comité directeur et Conseillère municipale à Lancy

La crise du COVID, en mettant l’humanité en difficulté, a dévoilé bien des dimensions de notre société et de notre école.

La fermeture brutale des établissements scolaires en mars dernier a représenté un vide soudain pour les élèves. Il est alors apparu clairement, si on a l'avait oublié, que l'école n'est pas seulement le lieu des apprentissages, mais aussi celui de la socialisation avec les pairs et avec des adultes qui font parfois office de mentors dans la vie de nos enfants.

Les parents, contraints de prendre soudainement en charge une partie des tâches accomplies d'ordinaire par les enseignant-e-s, ont mesuré à quel point l'école et les enseignant-e-s sont précieux dans la vie de tout-e citoyen-ne et à quel point elle mériterait d'être davantage prise en considération.

On a salué l'effort des infirmières et du personnel soignant pour ensuite faire la sourde oreille à leurs revendications légitimes. De la même façon, notre école genevoise va être malmenée lors de la prochaine rentrée, et ce en raison du refus d'une majorité de député-e-s au Grand Conseil d'entrer en matière concernant le budget soumis par le Conseil d'État qui prévoyait plus de 400 postes supplémentaires pour le DIP.

Ces postes supplémentaires, loin d'être un luxe, auraient tout juste permis de faire face à l'augmentation naturelle de la population et du nombre d'élèves par classe ainsi qu’à certaines nouveautés en matière d'enseignement.

Sans ces postes supplémentaires, les effectifs par classe vont augmenter, les conditions d'apprentissage des élèves et le travail des enseignant-e-s vont inévitablement se péjorer. De plus, les progrès en matière de pédagogie et d'éducation attendront. Encore. Car à chaque rentrée, et ce depuis des décennies, le monde de l'éducation genevois voit le budget alloué à ses prestations diminuer comme peau de chagrin. On ne peut éternellement faire contre mauvaise fortune bon cœur. Surtout en période de pandémie.

En effet, nombre d'élèves ont vu leurs parents perdre leur emploi et se retrouver sans ressources. Dès lors, lorsqu'un enfant est confronté à des urgences vitales, comment pourrait-il trouver la force, la motivation et l'énergie de s'investir dans ses apprentissages ? Il aurait fallu au contraire des moyens supplémentaires pour faire face à une situation dramatique pour certaines familles.

Le jour viendra-t-il où nos responsables politiques admettront enfin qu'il ne faut en aucun cas faire des cadeaux fiscaux aux entreprises tout en berçant d'illusions la classe moyenne avec des baisse d'impôts qui ne la concernent que rarement ? Il nous faut aller chercher l'argent où il est, à savoir chez les plus riches. Peut-être pourrons-nous alors offrir à nos enfants, c'est-à-dire aux citoyen-ne-s de demain, l'école qu'ils méritent

En tant qu'enseignante et membre du PS qui défend ces valeurs de solidarité et de redistribution des richesses, j'espère voir venir ce jour le plus vite possible, sans quoi l'avenir de nos enfants et de notre société sera toujours plus incertain.

04.08.2020

Des masques gratuits pour toutes et tous !

Par Amanda Gavilanes, Députée au Grand Conseil

Depuis le 28 juillet dernier, les masques sont devenus obligatoires dans les commerces genevois. Cette décision du Conseil d’État fait suite à l’augmentation des cas de covid-19 dans notre canton depuis le début du mois de juillet. Cette mesure indispensable au ralentissement de la propagation du virus, pose la question de l’accessibilité des dits masques de protection.  Il est, en effet, indispensable de s’assurer que l’ensemble de la population y ait accès. Leur mise à disposition à prix coûtant début juillet, ainsi que la gratuité pour les personnes précarisées constituent un bon début. Toutefois, cela ne suffit pas. Chaque ménage du canton devrait recevoir gratuitement un quota mensuel de masques proportionnel au nombre de ses membres. Et cela, aussi longtemps que nous ferons face à une situation épidémique aiguë.  Que les autorités demandent un effort à chacune et à chacun en cette période troublée est normal. Par contre, à l’heure où bon nombre de personnes ont perdu leur emploi ou ont vu leurs revenus baisser considérablement, s’attendre à ce qu’elles ajoutent une dépense supplémentaire à leur budget est surréaliste.

Tout comme l’on distribue des comprimés d’iode aux ménages se trouvant à 50 km d’une centrale nucléaire, les autorités fédérales devraient procéder à la distribution de masques d’hygiène en cas d’épidémie à l’ensemble de la population suisse. En attendant que Berne se décide, faisons en sorte que le canton de Genève soit précurseur en la matière et mettons en place une distribution généralisée de masques pour l’ensemble de sa population.

Il est important d’envoyer un message fort. Porter un masque, ce n’est pas seulement protéger sa propre santé, c’est aussi protéger celle des autres. Nous ne voulons pas d’un système de protection sanitaire à double vitesse où celles et ceux qui en ont les moyens peuvent se protéger et où les autres y renoncent. En temps de pandémie, plus que jamais, nous devons avoir à cœur de remettre l’humain au centre de nos préoccupations. Pour que la santé ne soit pas un privilège et qu’elle reste un droit inaliénable, les masques doivent être gratuits pour toutes et tous !

 

14.07.2020

Trafic aérien: un retour à la normale n'est pas possible!

Par Christian Dandrès, Conseiller national

La Direction de l’Aéroport annonçait cette semaine une timide reprise du trafic aérien, le nombre de passager-ère-s ayant passé la barre des 65'000 en juin. Elle espère atteindre d’ici à 2023 les chiffres d’avant la crise.

Si un soutien au trafic aérien est aujourd’hui nécessaire, les objectifs environnementaux doivent être respectés. Avant la crise, celui-ci était à l’origine de 19% de l’impact climatique en Suisse. Un retour à la normale n’est donc pas possible.

Le trafic aérien revêt une importance systémique, en particulier pour Genève et le bassin lémanique. La Genève internationale, académique – CERN notamment - et les entreprises internationales en dépendent. Un tiers des exportations quitte la Suisse par fret aérien, tandis que 1/6ème des importations arrive par ce moyen.

L’Assemblée fédérale a donc adopté, en mai, des crédits d’engagement pour soutenir ce secteur. Le Groupe socialiste s’est montré très actif pour conditionner ces aides au respect d’engagements environnementaux et sociaux, en proposant notamment des mesures de réduction des vols internes, l’interdiction des licenciements pour les entreprises aidées durant cette période, l’instauration d’un salaire minimum de branche de CHF 4'000.-.

Ce soutien était nécessaire pour éviter une catastrophe économique et sociale. Ne rien faire et laisser les entreprises tomber en faillite n’est pas une politique climatique. Les enjeux climatiques et sociaux ne peuvent toutefois pas être sacrifiés au profit de la marche des affaires.

Il est ainsi d’ores et déjà possible d’exiger des compagnies aériennes qu’elles limitent leurs vols intérieurs de transfert vers le hub de Zurich et leurs vols vers des villes européennes situées à moins de trois heures de train, comme l’a fait la France.

D’ici à l’horizon 2030, des alternatives à l’avion, principalement le trafic ferroviaire, doivent être créées pour supprimer les vols de courtes distances et réduire drastiquement les longs courriers.

Pour ne pas retarder ce processus, c’est aujourd’hui qu’il faut adopter un plan d’action et prévoir ces alternatives en particulier dans les conventions conclues avec les entreprises de transports publics.

Cet objectif environnemental nécessite un engagement politique radical. En effet, le trafic de marchandises et de personnes découle du mode actuel de production. Préserver l’environnement signifie remettre en cause ces fondamentaux économiques et inscrire la mobilité dans une perspective de satisfaction des véritables besoins et de respect des équilibres écologiques de la planète.

 

07.07.2020

Un mois de découvertes, de rencontres et de nouveaux défis!

Par Michel Pomatto, Conseiller administratif au Grand-Saconnex

Difficile de parler du début de mandat dans un Conseil administratif sans faire un inventaire à la Prévert, tant les découvertes, rencontres, tâches et actions sont multiples ! En ce qui me concerne, mes dicastères sont les finances, les équipements publics, la cohésion sociale, la culture et le sport … Nouvelle chaudière pour une école, réfection de la cuisine de nos restaurants scolaires, modernisation des vestiaires du stade communal, ventilation en panne, mise aux normes sécurité d’une salle de sport, rencontre pour la création d’un musée de la Bande dessinée, projets culturels avec Ressources urbaines et la HEAD en lien avec le développement de la zone Carantec, programmation de la nouvelle saison de notre théâtre, plan de solidarité communal et mise en place de l’aide alimentaire, sans oublier les premières études pour l’élaboration du budget 2021 ... Le fonctionnement courant d’une ville et les enjeux liés à son développement sont plus que multiples et concernent tous les aspects du vivre ensemble !

Bien que la situation liée à la pandémie n’ait pas simplifié l’entrée en fonction des nouveaux et nouvelles élu-e-s, ils et elles peuvent compter sur l’excellent accueil et la grande disponibilité des services communaux qui oeuvrent pour nous permettre de nous approprier nos dicastères et nos dossiers. Je relève également que la collaboration et la bonne entente avec le reste du collège est indispensable pour permettre de travailler à délivrer des prestations de qualité et favoriser la cohésion sociale !

Les nouveaux et nouvelles magistrat-e-s sont certainement tou-te-s marqué-e-s durant ce premier mois d’entrée en fonction par les actions multiples menées dans le cadre du plan de solidarité communal. Au Grand-Saconnex, on peut noter 92 bénévoles, 122 bénéficiaires, 200 appels téléphoniques par semaine et 500 colis distribués en cinq semaines. La mise en place maintenant avec ma collègue de Versoix, Ornella Enhas, et nos services sociaux de la distribution des colis alimentaires pour les communes de la rive droite du lac à Palexpo est également une belle action. C’est le résultat d’une collaboration intercommunale qui concerne environ 600 personnes.

Pour conclure, je dois dire bravo aux différents services communaux pour leur engagement dans cette période particulière, à Partage et aux associations ainsi qu’aux bénévoles sans qui ces actions ne seraient pas possibles !

 

30.06.2020

15 millions pour que la dignité de chacun·e soit respectée

Par Youniss Mussa, Député au Grand Conseil

Des files d’attente pour du riz, des pâtes, des sardines et du thon ainsi qu’un kit d’hygiène. Ces dernières semaines, notre canton a découvert des milliers de personnes attendant un sac comprenant des biens de première nécessité pour une valeur de 20 francs. Genève s’est réveillée et a découvert ses pauvres. Des familles déjà précarisées, des personnes sans papiers, des travailleuses et travailleurs précarisé-e-s travaillant au noir et ne remplissant pas les conditions d’octroi pour des aides étatiques, des jeunes étudiant-e-s mis sur la paille par la perte de leur travail.

Celles et ceux qui doutaient n’ont plus d’excuse pour voir la réalité en face : Genève ne compte pas que des banques, la pauvreté a toujours été présente dans notre ville. Impossible de le nier !

A juste titre, le Département de la Cohésion Sociale, dirigé par notre camarade Thierry Apothéloz, a déposé un projet de loi demandant 15 millions de francs pour venir en aide à toutes les personnes dans le besoin qui passent par les mailles du système d’aides existant. Après un refus de la majorité de droite du Grand Conseil de traiter ce projet de loi en urgence, nous avons finalement pu le voter à une très courte majorité.

Il est préoccupant de constater que 17 millions de francs ont été votés pour sauver le Salon de l’auto, alors que 15 millions de francs permettant à des personnes de simplement se nourrir ont été si difficile à obtenir de la part de notre parlement.

En tant que socialistes, nous nous battons pour que la dignité humaine soit respectée. La crise sanitaire que nous traversons, ainsi que la crise économique qui va nous frapper de plein fouet, va nous demander plus de solidarité et une meilleure répartition des richesses. Le Parti socialiste aura un rôle majeur à jouer : défendre plus que jamais ces travailleuses et travailleurs invisibles, qui font tourner l’économie de notre canton. L’État devra d’urgence intensifier la lutte contre le travail au noir, esclavage moderne. La seule façon de mettre fin à ce fléau social passera par la régularisation de toutes les personnes sans papiers. Il est temps que l’art. 14 de la Constitution genevoise soit pleinement respecté : la dignité humaine est inviolable.

Plus jamais dans une des villes les plus riches, nous ne devrions pas voir des travailleuses et travailleurs faisant la queue pour quelques denrées. Ces personnes ne veulent pas de la pitié, mais simplement vivre une vie digne !

 

23.06.2020

(Re)tisser les fils de notre vivre-ensemble

Par Sami Kanaan, Conseil administratif de la Ville de Genève

Le printemps aura été marqué par le confinement dû à la crise sanitaire. Avec l’été, les activités redémarrent progressivement, mais le domaine culturel reste durement touché. De nombreux festivals ont été annulés, de même que bien d’autres évènements. Pour les artistes, mais aussi le personnel actif dans la technique ou toutes celles et tous ceux qui rendent possible la magie de la culture, l’avenir est pour le moins incertain et le présent toujours difficile.

Divers soutiens exceptionnels ont été débloqués par les collectivités publiques, ainsi que la garantie de toutes les subventions publiques au domaine. Mais ça ne suffira pas. J’ai donc souhaité réaffecter une partie des budgets non-utilisés pour lancer un appel à projet, d’une part, et mandater l’équipe de la Fête de la musique, d’autre part, pour programmer 50 concerts qui ponctueront les soirées estivales du lundi au vendredi, dans différents lieux de la Ville. Des propositions que vous trouverez réunies dès le 1er juillet sur l’application et le site www.geneveenete.ch .

Car au-delà des aides, les artistes ont besoin d’exercer leur profession. Et le public de se retrouver face à un concert, un spectacle ou une exposition. Pas via un écran, mais pour de vrai.

Nous devons retisser les fils de notre vive-ensemble et cette offre estivale devrait y participer. Elle n'a pas la prétention de résoudre tous les problèmes et l'effort doit être collectif et se poursuivre, en témoigne l'action "Alerte rouge pour la culture" d'hier soir. Ces moyens mis pour la culture ne sont pas de la charité, mais un investissement pour le domaine culturel. Un investissement qui servira à préserver les compétences extraordinaires dont recèle notre région en la matière. Un investissement social, solidaire et responsable, pour notre qualité de vie et pour notre vivre-ensemble.

16.06.2020

"Lunettes d’intersectionalité" nécessaires !

Par Dorina Xhixho, Politologue et co-fondatrice du groupe LGBTIQ+ du PS genevois

Les politiques devraient, lors de l'élaboration de chaque action et politique publique, apprendre en priorité à utiliser une approche basée sur l'intersectionnalité*, d'autant plus dans les situations d'urgence.

Loin d’une simple crise mondiale majeure de santé publique, la Covid-19 a représenté un choc profond pour nos sociétés. Cette pandémie a révélé les inégalités profondes ainsi que l’impossibilité d’une réponse uniforme aux réalités individuelles, en situation d’urgence sanitaire.

Les personnes âgées, en situation de handicap, racisées, migrantes, les femmes, les minorités sexuelles, les sans-papiers, pour n'en nommer que quelques-un.e.s, ont été touché.e.s de manière disproportionnée par les effets de la pandémie.

La majorité de ces populations a subi des formes multiples de violence et de discrimination, aggravées par la nature intersectorielle de leur identité.

Les personnes LGBTIQ+ vivent cette transversalité de manière particulièrement aigue. Durant la crise de la Covid-19, ces populations ont été reléguées dans le silence et l'invisibilité. À aucun moment les autorités publiques ne les ont reconnues comme particulièrement vulnérables.

D’un autre côté, la société civile genevoise a déployé des efforts considérables afin de fournir une assistance à ces populations. Les associations ont assuré un soutien et un suivi à distance en mettant sur pied des lignes d'assistance téléphonique et en proposant des réunions thématiques en ligne.

Les témoignages font état de : souffrances extrêmes liées à l'isolement, en particulier chez les personnes LGBTIQ + les plus âgé-e-s, vivant seuls ou en EMS ; anxiété des personnes trans en raison de l’interruption des traitements de transition ; privation de dépistage et limitation de traitements pour les personnes vivant avec le HIV ; manque d’accueil d’urgence pour les jeunes LGBTI, confinés dans des environnements hostiles ou encore la fermeture des centres d’aide essentielle.

Dans une perspective d’inclusion des personnes LGBTIQ+ dans un contexte de gestion de crise et de l’après-crise, les collectivités publiques se doivent de mettre en œuvre les actions clés suivantes :

  • Reconnaître la vulnérabilité amplifiée des personnes LGBTIQ+
  • Protéger, étendre et adapter le système de soutien aux victimes de violences
  • Accroître l’aide aux acteurs locaux de la société civile
  • Inclure les organisations LGBTIQ + dans les processus décisionnels
  • Lancer une collecte de données fiables pour mesurer l'impact de la Covid-19 sur les populations concernées
  • Élaborer des plans de relance qui renforcent la résilience économique des personnes LGBTIQ+

L'expérience de cette pandémie doit orienter notre travail vers une approche intersectionnelle lors de situations d’urgence, afin de ne laisser personne de côté.

* https://www.merriam-webster.com/dictionary/intersectionality

 

09.06.2020

Le compte des inégalités n'est pas terminé!

Par Kaya Pawlowska, Co-présidente du groupe Égalité

Cher·ères camarades,

Comment peut-on prendre la mesure de l’inégalité entre les femmes* et les hommes ? La question est tellement abstraite et délicate pour certain·es, il semblerait qu’il faille plonger ses mains dans la terre à la recherche de quelques sources métriques secrètes et tenter de défaire à l’aveuglette les racines socio-culturelles de notre société pour y répondre. Dans la confusion covidesque, le Conseil fédéral cherchait donc à tâtons les chiffres des violences domestiques dont les femmes* sont en grande majorité les victimes. La question était peut-être jugée trop complexe pour qu’on s’y intéresse, trop sensible. Un rapport du BFEG signalait pourtant déjà ces lacunes en mai 2019. Sans statistiques, les inégalités restent enterrées.

L’une des mesures de l’égalité est la parité dans les résultats électoraux. Le groupe égalité a repassé au peigne fin les résultats des élections municipales de ce printemps. Le nombre de femmes élues progresse dans 64% des communes genevoises et elles représentent 40.8% des élu·es municipaux·ales. Cette progression fait écho à la vague violette au Conseil national en novembre passé, lorsque les femmes* ont emporté 42% des sièges de l’hémicycle. L’électorat du PS genevois a même érigé la parité en une réalité mathématique et non plus un symbole puisque nous avons exactement 52 élues femmes* et 52 élus hommes dans les conseils municipaux !

Enfin, une autre manière de mesurer l’égalité est la dignité, ou le respect de chacun·e quels que soient sa couleur de peau, son ethnicité, sa classe sociale, sa condition physique ou sa religion. En cette semaine du 14 juin, l’actualité américaine nous rappelle à quel point il est essentiel d’avoir une approche transversale des discriminations. Comme un big bang social, la convergence des luttes de tradition socialiste ne se construira qu’après l’explosion initiale de ces fragments de colère. Il nous appartient de nous ouvrir avec bienveillance et humilité à ces autres expériences de vie. Ce dimanche 14 juin, les femmes* reprennent la Ville en colère. Un an après la plus grande mobilisation de Suisse, la gouvernance fédérale n’a pris aucune nouvelle mesure. A croire que l’on ne compte pas vraiment.

02.06.2020

Les communes en lutte contre les inégalités

Par Christina Kitsos, Conseillère administrative, Ville de Genève

Une nouvelle législature démarre dans nos communes avec comme premier défi l’urgence sociale et humaine exacerbée dans le contexte de crise sanitaire et économique que traverse notre pays. Cette réalité a démontré d’autant plus l’importance des politiques de proximité portées par les villes et les communes. Elles sont de véritables remparts contre les politiques conservatrices et restrictives votées au niveau fédéral voire au niveau cantonal. Elles se doivent de répondre aux besoins des plus démunis sans aucune distinction. L’accueil des personnes sans-abris à la caserne des Vernets en est un bon exemple. Il s’agira de trouver une solution pérenne afin de garantir cette prestation tout au long de l’année et de réaliser un véritable travail de réinsertion sociale. Les longues files d’attente pour un colis de denrées alimentaires ont fait le tour du monde. Il nous appartient de renforcer les liens entre l’Etat, les communes et les associations pour prendre en charge cette problématique et décentraliser les points de distribution tout comme pour améliorer l’accessibilité aux prestations sociales. La gestion de cette crise ne pourra se faire que toutes et tous ensemble et le Parti socialiste a un rôle déterminant à jouer à tous les échelons.

Au centre de mes priorités se trouve également la politique de la petite enfance et de l’accueil parascolaire. Il est primordial de consacrer davantage de moyens pour répondre à la demande grandissante mais également pour restructurer de manière qualitative ce secteur. Je souhaite notamment utiliser ces leviers pour faciliter l’accès à la culture et au sport pour toutes et tous.

La politique de la jeunesse devra être renforcée par l’augmentation du nombre de travailleuses et travailleurs sociaux hors murs ainsi que la création d’un dispositif de médiation de nuit. Ce faisant, nous pourrons prévenir au mieux les discriminations ainsi que combattre les violences faites en particulier aux femmes et aux personnes LGBTIQ.

A l’heure où les discussions quant à la répartition des tâches – mais surtout des charges – canton/commune s’annoncent, où notre population se fait de plus en plus vieillissante, où les impacts sociaux et financiers du COVID-19 viennent se superposer au déficit lié à RFFA, nous devons maintenir le cap à gauche et renforcer les prestations sociales et une juste redistribution des richesses. Les mouvements sociaux, comme la Grève des femmes ou des jeunes en faveur du climat, nous rappellent plus fort que jamais le besoin d’un changement de société. Il est primordial que les élu.e.s de gauche travaillent ensemble afin de faire bouger les lignes et construire un avenir plus serein, respectueux de l’environnement, tourné vers l’égalité et la justice sociale.

26.05.2020

Solidarité et justice fiscale pour faire face au COVID-19

Par Romain de Sainte Marie, Député

Tous les samedis, la pauvreté s’affiche au grand jour dans notre canton devant la patinoire des Vernets. Beaucoup sont celles et ceux qui n’ont même pas de quoi pouvoir se nourrir correctement. Une pauvreté qui choque tant elle marque un contraste disproportionné face à la richesse que connaît Genève. Le COVID-19 fait ressortir les inégalités sociales déjà existantes et les amplifient. Sans un meilleur moyen de redistribution des richesses, la fracture sociale est inévitable et l’accroissement de la pauvreté deviendra une fatalité.

La fiscalité a non seulement pour rôle de financer les prestations publiques, dont chacun-e aura pu remarquer le caractère indispensable au fonctionnement de notre société, mais aussi de freiner la concentration des richesses et de réduite les inégalités. Sans mécanisme correctif de redistribution des richesses, une société basée sur l’exploitation de la force de travail et l’investissement de la fortune privée tend naturellement vers une concentration extrême des richesses qui conduit à la fracture sociale. Or, le bouclier fiscal comme les forfaits fiscaux représentent une entorse au principe de l’imposition proportionnelle en fonction de la capacité contributive des contribuables puisqu’ils exonèrent massivement les plus riches d’entre eux.

Face à la situation exceptionnelle que nous connaissons et au coût que cette crise aura sur l’État, celui-ci doit assurer une cohésion sociale et une relance économique, il est impératif de prendre l’argent là où il se trouve. Les niches fiscales pour les plus fortunés n’ont pas lieu d’être ! C’est pourquoi, le parti socialiste vient de déposer deux projets de loi visant à suspendre pour une période de 3 ans le bouclier fiscal et les forfaits fiscaux.

Depuis le début de la crise liée au COVID-19, il est exceptionnel de remarquer à quel point la solidarité de chacune et de chacun est ressortie ! Face au virus, les genevoises et les genevois se sont montrés solidaires dans leurs gestes sanitaires, mais également dans leurs remerciements aux balcons tous les soirs et enfin au travers de différentes initiatives d’entraide. Mais cela ne suffit pas ! C’est pourquoi, il est primordial d’appliquer cet esprit de solidarité à notre système fiscal par une meilleure redistribution des richesses.

19.05.2020

Comment maintenir la démocratie en temps de crise?

Par Diego Esteban, Député

La pandémie démontre plus que jamais la nécessité d’un Etat fort pour protéger la population et gérer la crise. Les exécutifs travaillent en permanence pour que notre société s’adapte à la situation, tout en limitant au maximum les dégâts pour les personnes les plus durement frappées. Les votations et récoltes de signatures étant suspendues, le peuple n’a plus aucun moyen de s’exprimer directement ; le maintien de la démocratie dépend donc de la possibilité pour les parlements, à savoir les représentant.e.s du peuple, de se réunir.

Ainsi, tout comme l’Assemblée fédérale, le Grand Conseil a estimé qu’il était nécessaire de maintenir un regard parlementaire sur la situation. Pendant le mois d’avril, la commission législative a par exemple examiné les 37 arrêtés urgents que le Conseil d’Etat a adoptés pour lutter contre l’épidémie du Covid-19 et aider les personnes touchées à s’en sortir[1]. Malgré un contexte très difficile, la démocratie perdure – même réduite au strict minimum – et ce grâce à l’outil de la vidéoconférence, utilisé pour la première fois à Genève.

Depuis le 4 mai, le Grand Conseil se réunit à nouveau physiquement, dans des salles plus grandes que d’habitude bien entendu. Lors de sa session de reprise des 11-12 mai, alors qu’il ne compte que 100 membres, il siégeait dans une immense salle prévue pour 900 ! Pour l’essentiel, les élu.e.s du peuple ont repris leur travail, même pour discuter de sujets qui ne sont pas directement liés à la crise. En effet, nous allons vivre encore au moins plusieurs mois avec la crainte du virus, et pendant que la science cherche des solutions, la vie avance. Mais surtout, comme le propose l’appel du 4 mai, pourquoi ne pas profiter du contexte actuel pour construire la transition vers l’avenir, pour éviter un retour à nos habitudes polluantes et nos inégalités sociales ?

Un document regroupant une série de mesures socialistes, publié la semaine dernière[2], est le fruit d’un travail collectif au sein de notre parti : les bonnes idées fusent et remontent vers nos élu.e.s. Ce bel exercice de démocratie interne est un moyen idéal de penser, ensemble, les réformes qui façonnent notre avenir : rejoins-nous dans ce travail !

 

[1] Rapport de la commission législative : http://ge.ch/grandconseil/data/texte/RD01339.pdf

[2] Communiqué de presse du PSG : https://www.ps-ge.ch/2020/05/11/pour-une-sortie-de-crise-solidaire-les-socialistes-proposent-une-serie-de-mesures/

12.05.2020

Pour une sortie de crise solidaire

Par Caroline Marti, Vice-présidente du PS genevois et députée

La crise actuelle causée par l’épidémie du coronavirus nous place dans une situation aussi exceptionnelle que préoccupante. En plus de l’impérieuse nécessité de protéger la population face à cette menace sanitaire, nous devons également veiller à ce que cette crise à l’origine sanitaire, devenue aujourd’hui économique, ne se transforme pas en crise sociale.

Alors que le déconfinement progressif est amorcé nous devons apporter des réponses immédiates et urgentes afin d’éviter que la population, les travailleurs et travailleuses de ce pays, les personnes précaires et fragilisées soient amenées à payer les pots cassés de cette crise.

C’est dans cet objectif que le PS genevois a mené, au cours des dernières semaines, un vaste travail d’inventaire des besoins des différentes personnes précarisées par la crise et formulé des propositions concrètes pour y remédier. Le papier de position « Pour une sortie de crise solidaire » publié hier est le fruit de ce travail, auquel ont été associés les membres du comité directeur, les député-e-s, les président-e-s des commissions thématiques du PS genevois et le secrétariat du PSG. Qu’ils et elles soient ici toutes et tous chaleureusement remercié-e-s pour leurs précieuses contributions. Cette « feuille de route » qui ne regroupe pas moins de 80 propositions réparties en 18 chapitres thématiques constitue une base programmatique amenée à être concrétisée par le dépôt d’objets parlementaires.

Alors que de nombreux ménages ont vu leurs revenus fondre comme neige au soleil, les plaçant dans l’impossibilité de payer leurs loyers, leurs assurances maladies ou de se procurer des biens de première nécessité, alors que les droits fondamentaux et les libertés individuelles, sous couvert de la lutte contre le virus, sont mis à mal dans les proportions souvent injustifiées, alors que le besoin de services publics forts n’a jamais été aussi prégnant, les socialistes s’engagent, à travers ce papier de position, à protéger la population face aux conséquences de cette crise, à renforcer les services publics, à préserver les droits fondamentaux et à esquisser l’avenir d’une société plus durable et résiliente.

Cher-ère-s camarades, il s’agit d’une liste de mesures urgentes à mettre en place sur le court terme. C’est une démarche indispensable pour répondre aux préoccupations légitimes de la population mais cela ne doit pas nous faire perdre de vue nos revendications sur le long terme : relocalisation de l’économie, planification de la production de denrées et matériel essentiels au bien-être humain et social, réforme du système de santé, revalorisation des emplois d’importance systématique, renationalisation des services publics libéralisés, création d’un revenu de base inconditionnel et réduction du temps de travail.

En bref, remettre, enfin, l’humain et son bien être au centre de l’action politique.

05.05.2020

Les fonctionnaires, ces héros?

Par Martin Staub, Conseiller administratif de Vernier

Quand, dans quelques années, nous nous retournerons sur cette année 2020, nul doute que l’extraordinaire de la situation nous frappera. « Extraordinaire » au sens premier du terme, car tant de choses qui nous paraissaient acquises ont été remises en cause par le Covid 19, des moments entre ami-e-s aux escapades sur le Salève, en passant par les spectacles qu’ils soient culturels ou sportifs.

Cette période troublée et tragique nous a non seulement touché-e-s dans notre quotidien mais elle a aussi secoué les structures mêmes de notre société. Nous avons (re)découvert collectivement ce qu’étaient les services essentiels : la santé, l’alimentation, la sécurité, la voirie, le social, etc.

Les collectivités publiques ont dû s’adapter. La Confédération a mis en place des aides exceptionnelles, le Canton s’est mobilisé pour assurer l’essentiel et les communes ont fait ce qu’elles font de mieux, le travail de proximité.

Cela s’est traduit pas la mise en place de plans de solidarité afin de répondre aux besoins des plus vulnérables : courses, courrier, paiements, démarches administratives, etc. A Vernier, des employé.e.s de la commune (gardiens de piscines, aides en crèches, employé-e-s de la voiries, travailleurs sociaux et les travailleuses sociales) ont répondu présent pour soutenir 150 personnes.

L’engagement du personnel communal ne s’est pas arrêté là. Il a assuré l’accueil des enfants de celles et ceux qui étaient en première ligne. Quand, le 23 avril, le canton a communiqué les conditions de l’élargissement de l’accueil dès le 27 avril, ce même personnel s’est mobilisé afin de mettre en place toutes les mesures sanitaires pour accueillir au mieux 40 enfants dès le lundi et près de 100 sur une semaine, plus qu’un doublement de la capacité en 3 jours… Le 11 mai, ils/elles seront prêt-e-s pour accueillir 70% ou 80% des enfants.

Ces gens n’ont pas compté leurs heures comme dans tous les services essentiels, malgré la crainte du virus.

Ce qu’ils font est extraordinaire…à la hauteur de la situation. Ce que fait le personnel médical est exceptionnel. A ce titre, on a souvent entendu le terme de héros. Je refuse ce terme, non pas parce que nous ne leur devons pas énormément en ces temps difficiles, mais parce que le service public est ce qu’ils/elles font au quotidien, et cette crise rappelle avec force à quel point c’est essentiel et…extraordinaire. Alors je préfère dire que ce sont simplement des…fonctionnaires.

28.04.2020

1er mai 2020: Mobilisation indispensable même sans cortège!

Par Carlo Sommaruga, Conseiller aux États

Depuis 1896, le mouvement ouvrier et social s’est mobilisé chaque année en cette date symbolique du 1er mai pour exprimer ses revendications face au patronat et à l’État. Cette année, les mesures de prévention contre le covid-19 interdisent tout rassemblement. Bien que justifiée du point de vue sanitaire, l’impossibilité de rassemblement et de revendications collectives fait mal. Si c’est aussi douloureux, c’est que le covid-19 a révélé au grand jour les injustices produites par le modèle économique actuel du tout au profit. Tout d’un coup, les sans-droits, les mal payés, les travailleuses et travailleurs de l’ombre, les fonctionnaires, méprisé-e-s depuis tant d’années, se révélaient être des rouages essentiels du sauvetage des vies, de l’approvisionnement alimentaire, des soins ménagers ou encore du fonctionnement de l’État, pour n’en citer que quelques-uns. Au même moment, les dirigeants d’entreprise, si prompts en période calme à vilipender l’État et à en tarir les caisses, comme de petits gamins effrayés, appelaient ce même État à la rescousse pour plus de 80 milliards de francs. Une somme supérieure à une année entière de budget annuel de la Confédération…. Un gigantesque pactole surgit en quelques semaines, alors que la droite libérale et nationaliste, bon relais des milieux économiques, déclarait sur tous les tons et depuis des décennies qu’il n’y avait pas un sou pour renforcer les assurances sociales et le service public, notamment hospitalier.

Cette année, le cortège aurait été l’occasion d’exprimer ensemble haut et fort notre solidarité avec celles et ceux engagé-e-s pour nous dans les hôpitaux, les EMS, les pharmacies, les points de vente, les bureaux, les usines, les chantiers ou encore les champs. Et de dire d’une même voix, l’impérieuse nécessité de transformer les modes de production et de consommation et partant les rapports sociaux et le rapport à la nature de notre société.

Pas de cortège ce 1er mai, mais nous Socialistes, plus que jamais résolu-e-s à défendre celles et eux qui travaillent pour le bien commun, à assurer à chacun et chacune un revenu digne et surtout à lancer les fondements d’un monde d’après juste et solidaire par des politiques publiques innovantes, seront à nos fenêtres, balcons et réseaux sociaux pour l’exprimer collectivement. Alors, à vendredi !

21.04.2020

Et si "le monde d'après" la crise commençait demain?

Par Léna Strasser, Députée et Cheffe de groupe

Mon salon n’est pas grand, mais en regardant par ma fenêtre, je voyais le jet d’eau, de loin, avant. Mon salon n’est pas grand, et depuis que le jet d’eau est éteint, en regardant par ma fenêtre, moi qui télé-travaille, je pense à ces hommes et ces femmes qui n’ont pas de salon et effectuent un travail qu’on ne peut pas faire à distance. Je pense à V. qui vit dans un studio avec son mari et ses 2 enfants, dont un bébé et un ado de 16 ans. Je pense à F. qui vit dans un foyer et qui se fait du souci pour les personnes âgées dont il s’occupe sur son lieu de travail, un EMS. Au foyer, malgré les mesures prises, garder les distances n’est pas aisé. Et puis je pense à celles et ceux qui ont perdu leur travail brusquement où ne peuvent plus le pratiquer. Certain.e.s ont quelques économies, qui fondent. Certain.e.s espèrent que l’État les soutiendra, ce qui serait juste au vu de la situation. Et puis je pense aux autres…

Aux autres qui n’attendent rien de l’État, et pour cause. Ils et elles font partie des invisibles, sans autorisation de séjour en Suisse. Samedi dernier, près de 250 personnes faisaient la queue sur un trottoir genevois pour accéder à un cabas de nourriture. Ces personnes-là - comme les nombreuses autres qui n’oseront pas se résoudre à aller demander de l’aide pour manger - en temps « normal » ont rarement, voire jamais, besoin de distribution de nourriture, et encore moins de logements d’urgence. En temps « normal », ces personnes travaillent et ont les ressources pour vivre et joindre les deux bouts, tant bien que mal.

Et puis vient la catastrophe, et elles plongent dans la précarité absolue. Pas de filet social, pas d’aide financière, un accès aux soins relatifs, l’impossibilité de payer son logement... Et si de nombreuses associations sont mobilisées pour les soutenir, en respectant bien entendu les recommandations sanitaires, il y aurait aujourd’hui un chemin politique pour assurer à ces personnes le droit à une vie digne : régulariser leur situation. Délivrer un permis de séjour à celles et ceux qui travaillent en temps normal auprès de nos enfants, de nos aînés, parfois dans nos bars, sur nos chantiers ou dans nos champs. Les frontières sont closes ou presque, les avions à terre, et l’incertitude est de mise pour toutes et tous, dès lors, qu’est-ce qu’on attend pour leur donner une chance de s’en sortir durablement ?

Le monde d’après la crise pourrait commencer ici, maintenant.

14.04.2020

COVID-19 : les collaboratrices et collaborateurs du DIP s'engagent pour assurer leur mission

Par Anne Emery-Torracinta, Conseillère d’État chargée du DIP

Il y a quelques semaines, aurions-nous seulement pu imaginer devoir fermer les écoles en moins de 24 heures ? Aujourd'hui, alors que les salles de classes sont désertées, les enseignant-e-s ont su s'approprier les outils nécessaires à l’école à distance. Il a fallu mettre du matériel informatique à disposition des élèves qui n'en avaient pas, inventer de nouvelles manières de transmettre les connaissances et tout faire pour garder le lien avec les élèves et leurs familles. Les écoles primaires et les centres médico-pédagogiques ont organisé un accueil minimum pour les élèves et les jeunes dont les parents n'avaient pas d'autre solution de garde. La protection des mineurs a dû imaginer une nouvelle manière de fonctionner pour protéger les plus exposés aux abus. Les infirmier-e-s et les médecins du SSEJ ont été réquisitionné-e-s en faveur des urgences sanitaires. Les informaticien-ne-s ont trouvé des solutions techniques jamais testées à une telle échelle afin de permettre l'école en ligne, les plateformes collaboratives, le télétravail, les téléconférences. Quant aux directions générales et aux directions d'écoles, elles ont trouvé des voies pour préparer la rentrée et poursuivre certains travaux prioritaires et stratégiques, car même si le temps semble s'être arrêté, il faut préparer demain.

Bien sûr qu'il y a eu parfois des tâtonnements et que des ajustements ont été nécessaires. Bien sûr que l'école à distance, surtout quand on sait qu'il a fallu l'imaginer dans l'urgence, ne remplacera jamais l'enseignement présentiel. Mais, ce qui me frappe, c'est un immense engagement à tous les échelons du département. J'espère que celles et ceux qui ont la critique facile s'en souviendront lorsque nous serons revenus à la normale. Je pense à la majorité parlementaire qui a refusé tous les postes demandés au budget, des postes pourtant nécessaires dans un contexte de croissance importante des effectifs d'élèves. Je pense aussi à cette majorité – élargie aux Verts pour l'occasion – qui s'est opposée aux projets de loi visant à équiper les écoles d'outils numériques, outils dont on mesure aujourd'hui encore plus l'importance. Ne l'oublions pas : les collaboratrices et les collaborateurs du DIP sont sur le front. Différemment du personnel soignant, certes, mais à leur place pour assurer le maintien d'une mission essentielle et qui ne peut donc tout simplement pas être suspendue.

08.04.2020

Une victoire retentissante pour le PS!

Par Gérard Deshusses, Président du PS genevois et Caroline Marti, Vice-présidente du PS genevois

Chère-s camarades,

Au soir du 15 mars, les résultats du premier tour des élections municipales offraient à notre parti de retentissantes victoires dans plusieurs communes et de belles promesses pour le deuxième tour.

Et c’est une immense victoire que remporte le parti socialiste genevois ce mardi 7 avril, dans un contexte très particulier de crise sanitaire et de semi-confinement !

Cette victoire inégalée au niveau communal, nous la devons, Camarades, tout d’abord à l’engagement sans faille de nos candidates et candidats, à la proximité qu’elles et ils ont su assurer auprès des électrices et électeurs, à leur écoute de la population, à la force de leur bilan et au sérieux de leurs propositions. Mais c’est aussi la force de militantisme dont notre parti a fait la démonstration depuis des mois, jour après jour, en tenant des stands, en effectuant des porte- à-porte, des appels téléphoniques, en distribuant des flyers, en occupant places et rues, recherchant le dialogue avec les habitantes et habitants qui nous a mené à la victoire. Un véritable marathon qui s’achève aujourd’hui, avec la satisfaction intense d’avoir atteints les objectifs fixés !

Plus que jamais, le PS est le parti de la proximité, le parti qui apporte des solutions concrètes pour améliorer la vie des gens dans leur quotidien. Alors même que nous traversons une crise sanitaire sans précédent et que nous craignons toutes et tous une crise économique doublée d’une crise sociale plus sévère encore, un électorat accru a placé sa confiance dans la gauche et notre parti en particulier, qui devient la force politique la plus crédible dans le tissu urbain genevois. Ainsi, des bastions réputés imprenables sont passés à gauche dans les principales villes et communes du canton.

Bravo à vous toutes et tous ! Bravo à nos élues et élus des différents délibératifs et exécutifs communaux ! Merci à notre secrétariat pour son immense travail durant cette campagne ! Merci à l’ensemble des sections pour leur mobilisation et la coordination de leurs actions dans le cadre de la COOSEC ! Toutes et tous uni-e-s et solidaires, nous avons remporté une victoire qui fera date !

Les félicitations de la présidence vont bien sûr une fois encore à l’ensemble de nos élu-e-s dans les délibératifs, mais au terme de ce deuxième tour à nos Conseillères administratives et Conseillers administratifs reconduit-es ou nouvellement élu-e-s à cette charge exécutive ! Toutes nos félicitations à Nathalie Leuenberger, Stéphanie Lammar, Carole-Anne Kast, Guylaine Antille, Elisabeth Gabus-Thorens, Martin Staub, Ornella Enhas et Sami Kanaan réélu-e-s brillamment ; et un immense bravo à Christina Kitsos, Salima Moyard, Michel Pomatto, Jean-Luc Boesiger et Skander Chahlaoui pour leur accession aux exécutifs de leurs communes !

La présidence tient également à remercier nos deux candidats qui se sont vu refuser de très peu un siège dans l’exécutif de leur commune, Bastien Leutenegger et Christian Frey. Leur engagement dans cette campagne, leur investissement pour le parti a été remarquable et si le suffrage universel ne les a pas désignés, leurs résultats sont toutefois remarquables. La conquête d’un exécutif est souvent un chemin sinueux et cela ne fait nul doute que ce n’est que partie remise.

Un mot encore à l’adresse de Sandrine Salerno et de Frédédric Renevey, respectivement Conseillère administrative en Ville de Genève et Conseiller administratif à Lancy qui terminent brillamment leur mandat à la fin du mois de mai ! Merci Sandrine, merci Frédéric pour l’immense tâche que vous avez accomplie au cours de vos mandats successifs ! Merci pour votre engagement, votre détermination à mettre en acte notre politique, réaliser nos objectifs, merci pour votre présence et votre soutien sans faille à notre parti.

Et ces remerciements, il convient d’y associer l’ensemble des conseillères et conseillers municipaux qui ont choisi de se retirer au terme de la législature actuelle comme celles et ceux qui ont sollicité un renouvellement de leur mandat auprès du peuple et qui ne l’ont malheureusement pas obtenu. Soyez ici remercié-e-s, Camarades, du travail que vous avez accompli dans le cadre de vos mandats et de votre engagement pour le parti !

En ce 7 avril, nous sommes tout à la joie d’une victoire sans précédent que nous ne pouvons pas fêter comme nous le voudrions, semi-confinement oblige. Nous le ferons donc en des temps plus propices, en évoquant les souvenirs d’une campagne, forte, déterminée et efficace, joyeuse et généreuse, porteuse du succès qui est aujourd’hui le nôtre !

A toutes et tous, nous adressons nos meilleurs vœux pour entamer une législature qui exigera de nos Autorités municipales un engagement plus exigeant que jamais pour surmonter les difficultés qui attendent notre pays, notre canton et par voie de conséquence, nos communes !

Toutes et tous ensemble, nous relèverons ce défi !

Plus que jamais, soyons uni-e-s et solidaires !

Gérard Deshusses,

Caroline Marti

31.03.2020

Soyons toutes et tous unie-e-s et solidaires!

Par Gérard Deshusses, Président du PS genevois et Caroline Marti, Vice-présidente du PS genevois

Cher-ère-s camarades,

La grave crise sanitaire que nous traversons nous impose à toutes et tous de faire notre maximum pour limiter la propagation de ce virus et protéger la population. Et notre parti ne fait pas exception. Depuis le vendredi 13 mars, notre secrétariat est fermé et le travail courant se poursuit à domicile et par internet, téléphones et vidéoconférences, et ce pour un temps indéterminé.

La Présidence, le Bureau, le Comité directeur, la Coosec, les différentes commissions de notre parti poursuivent également leur travail sur le même mode durant cette période de semi-confinement. Finalement, les candidat-e-s au 2ème tour des élections municipales, les responsables de section et les militant-e-s ne ménagent pas leurs efforts pour mener cette campagne malgré les circonstances exceptionnelles, redoublent de créativité pour que notre processus démocratique puisse suivre son cours et se mobilisent pour confirmer les succès enregistrés au premier tour.

Soyons toutes et tous uni-e-s et solidaires !

Camarades, au vu des circonstances, vous l’avez appris, le Congrès du PSS fixé le 5 avril a été repoussé à l’automne ; Bureau et Comité directeur du PSG ont décidé ce 26 mars de reporter également notre Congrès, prévu le 16 mai prochain à la salle des Asters. Il est en effet plus qu’improbable qu’une manifestation qui pourrait rassembler plusieurs centaines de personnes soit autorisée à cette date relativement proche. Aucune nouvelle date n’a, en revanche, été arrêtée, mais il est convenu que ce Congrès se tiendra au mois de septembre ou octobre.

Camarades, même s’il convient prioritairement de combattre la pandémie à laquelle nous sommes toutes et tous confronté-e-s, il semble évident que la crise que provoque le covid-19 doit nous conduire, nous Socialistes, à une analyse détaillée et circonstanciée des conséquences sanitaires mais aussi sociales et économiques de cette crise. Ainsi, nous devons identifier les populations vulnérables et les risques de croissance des inégalités engendrés par cette situation exceptionnelle et y apporter des réponses immédiates. De même, nous savons qu’il est malheureusement récurrent que les situations de crises sanitaires et/ou économiques servent de marchepied à la droite bourgeoise et majoritaire pour faire passer des mesures « d’efficience » dans les prestations et les services publics et des réformes néo-libérales. Nous devrons donc nous monter extrêmement attentifs pour éviter que cette crise sanitaire ne se transforme en crise sociale et que ce soient les personnes les plus vulnérables qui en paient le prix fort. Cette crise est pourtant une cruelle illustration que le système néo-libéral nous laisse démunis face à une telle situation. La libéralisation du système de santé, la production de matériel médical soumise aux règles de rentabilité financière et non à une planification des besoins, la pénurie de test de dépistage et de masques, notre déficit dans la formation de personnel soignant, et les plans d’efficience successifs auxquels ont dû faire face les HUG ces dernières années constituent un terreau qui a favorisé le développement de cette épidémie et les proportions dramatiques qu'elle a prise à Genève et en Suisse. Le système néo-libéral menace l’ensemble des domaines politiques et les failles actuelles de notre système de santé n’en sont qu’un exemple. C’est ce message que nous devrons porter dans les prochaines semaines et prochains mois.

Camarades, pour terrible, effrayante et coûteuse qu’elle soit, cette crise sanitaire doit constituer une occasion de réfléchir sur notre fonctionnement, sur les priorités, les valeurs et les objectifs que nous voulons défendre ! Ensemble et solidaires !

Ce temps d’arrêt qui nous est imposé, c’est l’occasion imprévue qu’il nous faut saisir pour réaliser les réformes et les mesures sociales, économiques et environnementales que nous développons dans nos différents programmes.

Camarades, en ces temps d’incertitudes, de difficultés et de craintes diverses, soyons uni-e-s ! Prenez soin de vous ! Prenons soin de nous, de nos proches, de toutes et tous, sans privilège.

Gérard Deshusses, Président

Caroline Marti, Vice-présidente

24.03.2020

Nous avons le pouvoir d'agir!

Par Sylvain Thévoz, Député et coprésident du PS Ville de Genève

Camarade,

Dans cette période de crise sanitaire extrême, il nous revient d’être solidaires et responsables. Il nous revient de suivre à la lettre les recommandations de nos autorités ; de se préserver, de préserver les autres.

Cette crise nous frappe durement, mais nous constatons que les autorités font face et que les réponses, tant du Conseil fédéral que du Conseil d’État, des conseils administratifs des différentes communes sont à la hauteur et vont toute dans le même sens : préserver la vie des gens, maintenir la solidarité à un haut niveau et éviter des souffrances plus grandes encore. Cette crise est une preuve éclatante de la nécessité d’avoir un État fort, bien organisé, qui peut en cas de catastrophe répondre présent afin d’organiser l’aide sanitaire et sociale, soutenir les plus fragiles, débloquer les aides nécessaires pour aider l’économie à passer le cap.

Dans ce moment de crise, nous devons continuer à avancer, lutter, en appliquant les décisions des autorités. Il nous revient d’être solidaire et responsable les un-e-s envers les autres.

Dans ce contexte exceptionnel, sans équivalent dans notre histoire, le Conseil d’État a choisi de maintenir le 2e tour des élections municipales. Il n’y aura pas de vote à l’urne. La poste acheminera les tout ménage et les enveloppes de vote. Chacun-e votera par correspondance ou amènera directement son bulletin au Service des Votations et Élections, à choix. Le dépouillement du 2e tour se fera par lecture optique. Personne ne verra sa santé mise en danger du fait de cette élection.

La démocratie est un bien fortement menacé lors d’état d’urgence et de catastrophe. Le Conseil d’État a choisi de la défendre. Nous allons donc continuer à faire campagne : par respect pour celles et ceux qui oeuvrent pour cette élection ; par devoir pour celles et ceux qui préservent les institutions, délivrent les prestations, font tourner la société ; par engagement, pour faire élire celles et ceux qui à nos yeux défendent un État responsable et solidaire, un État qui organise l’aide pour toutes et tous, avec humanité. Voter est plus que jamais fondamental. C’est dans les périodes de crise que se révèle l’importance de désigner les bonnes personnes aux postes de décision. Ne laissons pas ce choix vital à d’autres. Pour les municipales du 5 avril : votons et faisons voter !

17.03.2020

Élections municipales: l'engagement militant récompensé!

Par Matthieu Jotterand, Vice-président en charge de la coordination des sections

Chère camarade, cher camarade,

Dimanche passé, les élections municipales ont largement souri au Parti socialiste et à la gauche dans son ensemble. La vague verte annoncée a certes eu lieu, mais elle a cette fois été accompagnée d’une autre, rose celle-ci!

Pas moins de six camarades ont été élu.e.s au premier tour de l’élection au Conseil administratif ! Félicitations à Guylaine Antille (Bernex), Stéphanie Lammar (Carouge), Elisabeth Gabus-Thorens (Confignon), Nathalie Leuenberger (Meyrin), Carole-Anne Kast (Onex) et Martin Staub (Vernier)!

Dans bien d’autres communes, les résultats de nos candidat.e.s CA sont excellents également et le deuxième tour s’annonce passionnant, avec notamment des camarades bien placé.e.s pour faire leur entrée à l’exécutif communal.

Au niveau délibératif, les résultats sont globalement très positifs avec trois nouvelles communes où le Parti socialiste est représenté et le renversement de la majorité au Conseil municipal en Ville de Genève, à Onex et à Lancy! Mention spéciale à Collex-Bossy, section fondée il y a moins d’un an, où pas moins de quatre nouveaux et nouvelles élu.e.s PS siègeront!

Ces excellents résultats reposent sur deux axes forts. Le premier, c’est celui des élu.e.s aux Conseils municipaux et de nos magistrat.e.s dans les exécutifs. La grande majorité de ces derniers est réélue brillement au premier tour, des habitant.e.s. Le deuxième axe, c’est le large socle commun de solidarité, de valeurs et d’engagement que les militant.e.s, candidat.e.s ou non, construisent preuve s’il en est de la qualité de leur travail et de l’adéquation de leurs projets aux besoins au quotidien dans leurs sections respectives.

Je tiens ici à adresser un remerciement particulier à celles et ceux qui ont œuvré pour la campagne sans être candidat.e, au service du parti. J’ai également une pensée à toutes celles et tous ceux qui n’ont pas été élu.e.s : votre tour viendra certainement dans quelques temps, comme viennent ensuite ou dans cinq ans. Et dans l’attente, le Parti offre d’autres possibilités, par exemple la réflexion sur différents thèmes, au sein de ses commissions.

Pour le Conseil municipal, la campagne est terminée et l’année 2020 sera, pour beaucoup, une année de découverte, accompagné.e.s par les camarades sortant.e.s qui feront part de leur expérience. En complément, le PSG est en train de réfléchir à la mise en place de formations donnant les outils pour traduire les engagements programmatiques en actions politiques concrètes.

Enfin, pour le Conseil administratif, un deuxième tour passionnant s’annonce le 5 avril. Les modalités de la campagne partent quasiment d’une feuille blanche en raison des mesures de confinement liées au Covid-19 et les sections planchent actuellement sur des plans pour une campagne en grande partie dématérialisée. Chère camarade, cher camarade, il est essentiel que tu restes toi aussi mobilisé.e ces prochaines semaines et jusqu’au 5 avril, afin de prolonger cette belle vague rose qui a déferlé sur le 15 mars !

10.03.2020

15 ans de l’initiative j’y vis j’y vote ! Le 15 mars votons dans nos communes !

Par Xhevrie Osmani, Députée

Depuis quelques semaines, le Bureau de l’intégration des étrangers mène en partenariat avec l’Association des communes genevoises, les associations et l’Institut d’étude de la citoyenneté de l’Université de Genève des séances d’information et de mobilisation auprès de la population dans plusieurs communes du canton.

Une campagne intense afin de favoriser la participation citoyenne de toutes les personnes étrangères ayant le droit de vote. La participation des résident-e-s étranger-ère-s à Genève vivant en Suisse depuis 8 ans est plus qu’importante ! Ces personnes façonnent la vie de leur commune mais aussi de leur canton ! Genève, est le canton avec la plus forte proportion de population étrangère soit 41%.

Ensemble dans nos communes, votons pour que chaque voix compte. Et bientôt, pour que celles-ci comptent également dans la vie politique cantonale et pour que la citoyenneté à Genève ne soit plus cantonnée à la nationalité ! Le projet de loi déposé par l’Alternative vise à compléter et étendre les droits politiques en ouvrant le droit de vote et d’éligibilité au niveau communal et cantonal dès 8 ans de résidence en Suisse. En attente devant le Grand Conseil, le PL 12441 « Feu vert pour les droits populaires ! » a été cosigné par 42 députés qui s’inscrivent dans le combat pour une démocratie progressiste et l’acquisition de droits politiques complets à l’heure où la Suisse mène de plus en plus une politique restrictive de naturalisation en fonction des critères de comparaison européens !

03.03.2020
Pour un 8 mars féministe et révolutionnaire

Par Kaya Pawlowska, Coprésidente du groupe Egalité

Cher·ère·s camarades,

Au Mexique, au Canada, en France, en Espagne, au Nigéria, en Thaïlande et un peu partout dans le monde, les femmes* vont faire grève le dimanche 8 mars 2020. La dimension internationale de cette journée est ancrée depuis longtemps dans les esprits, mais depuis plusieurs années et sous l’impulsion des féministes espagnoles, elle prend de plus en plus souvent la forme d’une grève féministe.

Alors pourquoi faire grève ? Symboliquement, la grève est indissociable des mouvements de protestation ouvriers. Elle nous rappelle les origines socialistes de la Journée du 8 mars. En 1910, la deuxième Conférence Internationale des Femmes se réunit à Copenhague. Pour se différencier notamment des féministes bourgeoises, la féministe révolutionnaire Clara Zetkin propose l’organisation d’une Journée internationale des femmes. La journée aura lieu en mars pendant plusieurs années, sera oubliée un temps, puis repêchée par le pouvoir soviétique comme « Journée des ouvrières ». La dérive commence là. En Occident, la Journée devient celle de la femme-ménagère ; être dépendant du patriarcat du salaire, soutien domestique indispensable de l’homme dans la famille nucléaire. En U.R.S.S, la Journée devient celle de la femme-ouvrière ; celle dont la valeur tient à sa capacité de travail productif et dont l’émancipation est conditionnée par sa capacité à faire au moins aussi bien qu’un homme. Ces conceptions sont encore présentes. En Russie, on célèbre la féminité domestique comme à la Saint Valentin en offrant des fleurs. En Angleterre, les magasins en ligne font des rabais sur les sous-vêtements. Dans de nombreuses grandes « boîtes », on met en avant les superwomen qui ont réussi à mener de front leur travail et leur vie familiale, les parfaites ouvrières.

N’en déplaise à Marx, il est temps de faire grève au nom du travail reproductif : le nettoyage, les soins aux proches, l’éducation et la garde des enfants. Ces quelques heures de la double journée assumées principalement par les femmes* et qui représentent 293 milliards de francs suisses par année dans notre pays. Cela tombe bien, les collectifs de la grève féministe ont choisi la thématique « le temps des femmes* » pour ce 8 mars 2020. Le groupe égalité du PSG a décidé de leur emboîter le pas, coronavirus ou pas, et de se joindre aux activités décentralisées qui auront lieu dans tous le Canton.

Féministement,

Kaya

*Toute personne qui n’est pas un homme cisgenre (soit un homme qui se reconnaît dans le genre qui lui a été assigné à la naissance)

25.02.2020
Répondre aux défis de demain

Par Gérard Deshusses, Président du PS genevois

Camarades,

Les défis auxquels est confronté notre parti sont nombreux, urgents et difficiles. Les deux principaux sont liés, dans la perspective socialiste qui est la nôtre : il s’agit de la dégradation de notre environnement planétaire qu’il convient de stopper pour retrouver à terme un équilibre naturel aujourd’hui en grand danger et de lutter parallèlement contre la précarisation toujours plus grande d’une partie des habitantes et habitants de notre canton, toujours plus nombreux-ses à devoir recourir aux aides sociales, faute d’un emploi stable, d’un revenu suffisant et régulier, d’un logement au loyer adéquat, notamment. 

Répondre à cette double exigence, telle est la tâche de notre parti ! Nous devons mener tout à la fois une politique environnementale efficace conduisant à modifier le mode de vie de notre société, son type de croissance et de développement et une politique économique et sociale qui permette à chacune et chacun de vivre non seulement au-dessus du seuil de pauvreté, mais de jouir également de conditions de vie adéquates.

Remporter l’un et l’autre défi, tel est l’objectif que nous nous fixons ! 

Et cet objectif, au-delà des programmes communaux de nos différentes sections, est celui qu’affichent nos militantes et militants sur les nombreux stands qui, semaine après semaine, depuis tantôt trois mois, assurent la campagne des élections municipales des 15 mars et 5 avril prochains.

Votre disponibilité, Camarades, votre engagement, votre présence aux côtés de nos candidates et candidats en campagne pour obtenir des sièges dans les délibératifs comme les exécutifs sont admirables et démontrent si besoin est l’unité, la force et la détermination de notre parti, sa conviction de pouvoir partager avec toujours plus de citoyennes et citoyens idées, objectifs et programmes. 

Cette victoire socialiste, Camarades, toutes et tous ensemble, uni.e.s, encore et toujours, déterminé.e.s dans toutes les actions électorales que nous menons, dans toutes les communes, nous l’obtiendrons le 15 mars, et dans un élan toujours plus fort, le 5 avril. 

Toutes et tous ensemble, pour la victoire de notre parti !

18.02.2020

Coup de frais sur la newsletter du PS genevois !

Par Nicolas Clémence

Chères et chers camarades,

Poursuivant le travail de refonte et de développement de la communication du Parti socialiste genevois, j'ai le plaisir de vous présenter la nouvelle version de la newsletter hebdomadaire, conçue avec professionnalisme par notre secrétariat : qu'en soient ici remerciées Clémence, Morgane et Frédérique.

L'objectif est de donner plus de dynamisme et d'en rafraichir la présentation, de faciliter la lecture, d'ajouter du contenu plus politique avec la création d'une rubrique "à la une", et de mieux communiquer sur les activités du parti en intégrant des communiqués du PSG et des informations provenant de notre députation.

En espérant que cette nouvelle version vous trouvera intéressés et mieux informés,
Amitiés socialistes